Super Mario 3D World + Bowser’s Fury – Réchauffé à feu doux

Switch Tests

Qui c’est ? C’est l’plomblier !  Quoi encore ? Auparavant, les apparitions de Mario se comptaient sur les doigts d’une main. Sur Switch notre héros moustachu se déchaîne en cumulant épisodes inédits et réapparitions. Gare à l’overdose !

Entre les remakes et les portages, en ce début d’année les éditeurs limitent la prise de risque en misant sur les ressorties de leurs valeurs sûres. Si l’on s’était réjoui de rejouer à Turrican ou Ghost’n’Goblins, entre les deux, Nintendo a ressorti un Super Mario 3D World d’un vieux tiroir poussiéreux. Cette épopée était évidemment absente de la compilation Super Mario 3D All Stars parue en septembre dernier qui regroupait les aventures les plus emblématiques en trois dimensions de notre plombier préféré. Une fois encore Nintendo n’a aucun remords à piocher dans le catalogue de la défunte Wii U pour nourrir la ludothèque de la très populaire Switch. Après Mario Kart 8, Bayonetta, Captain Toad, Super Smash Bros, l’éditeur de Kyoto exhume une autre des petites pépites du cheptel de la console de salon si mal aimée. On y retourne ?

Sortie fin 2013 sur la semi-portable de salon, Super Mario 3D World reprend la plupart des ingrédients qui ont fait le succès de l’excellent 3D Land paru sur Nintendo 3DS. De la plateforme en 3D (donc) praticable en solo comme en coop à quatre, à l’instar de ce qui avait été fait sur l’increvable série des New Super Mario inaugurée sur DS. Ici pas question de voler au secours de Peach qui fait partie des personnages jouables – en sus de Luigi et Toad -, il s’agit plutôt de libérer des petites fées capturées par Bowser. Une aventure située un peu entre nouveautés et traditions puisque l’on doit, comme dans un bon vieux Super Mario World, parcourir les levels d’une huitaine de mondes aux univers (glace, désert, plaine…) différents. Il s’agit ici de dénicher et cumuler dans chaque niveau des étoiles vertes, astucieusement dissimulées afin de déverrouiller le monde suivant puis d’accéder à la rencontre finale contre Bowser. En plus d’offrir d’intenses séances de plateforme, le titre invite à varier les plaisirs à l’occasion de phases de réflexions en compagnie de Captain Toad et de dévaler des rapides en chevauchant Plessie le dino amphibien. Une épopée sympathique, très fun et qui a le bon goût d’être accessible au commun des joueurs grâce à un costume de Tanuki doré qui confère une invincibilité partielle. Parmi les autres “nouveautés” de ce volet citons le costume de chat qui permet d’attaquer les ennemis au corps à corps et surtout de grimper à certaines parois abruptes. Enfin, si l’on s’évertue à chercher les étoiles, il arrive aussi que l’on tombe parfois sur des sceaux, un autre item à collectionner. Les tampons dénichés s’étaient montrés utiles à l’époque pour agrémenter les messages sur Miiverse. En l’état, Super Mario 3D World est une aventure suffisamment consistante et “inédite” pour justifier la ressortie sur Switch. Mais pour une fois, Nintendo a fait preuve d’une générosité pour le moins étonnante…

En sus du très bon Super Mario 3D World, on peut aussi jouer à Bowser’s Fury. Ce que je pensais être un simple supplément “bonus” s’avère être en réalité une aventure à part entière. Praticable égoïstement en solo (ou en coop), le jeu se déroule dans un monde ouvert, où à l’instar d’un 3D World on “explore” assez librement des îles et îlots afin de dégoter des Astres Félins. Ces équivalents des étoiles s’obtiennent en terminant des “niveaux”, en accomplissant des missions secondaires, en récupérant des pièces bleues, en combattant des boss où sont parfois dissimulées dans le décor. Le jeu dispose d’un cycle jour/nuit et c’est lorsque les ténèbres s’abattent qu’un gigantesque Bowser déchaîne sa fureur et des déluges de flammes et de lave, au rythme de sonorités très Heavy Metal. L’arrivée de Bowser a la nuit tombée pimente les phases de plateforme ou donne lieu à un combat épique entre un gigantesque Roi lézard et une version tout aussi titanesque de Mario-Chat. Ici pas d’item pour rendre invincible le joueur, néanmoins le titre permet d’engranger des items de transformation (cloche de chat, champignon, fleur…) pour les utiliser plus tard. Pratique ! Difficile de trouver des reproches à faire à ce Bowser’s Fury puisqu’il est offert de bon cœur !

Super Mario 3D World bénéficie naturellement d’un graphisme équivalent à celui de la Wii U. Un rendu graphique intemporel, coloré et mignon, antialiasé à l’extrême qui n’a pas pris une ride ! Gros reproche concernant cette conversion Wii U, en coop serrez les rangs, la caméra dézoome toujours afin de conserver le focus sur tous les joueurs. Pas toujours hyper lisible faute d’écran splitté en multi, le jeu s’avère parfaitement jouable en solo sur le petit écran de la Switch. En ce qui concerne Bowser’s Fury le rendu est tour à tour chatoyant et lumineux ou sombre et apocalyptique dès que la nuit tombe. De jour, le titre offre une distance d’affichage assez exemplaire (au prix d’un léger aliasing) et de nuit on est bluffé de voir nos deux colosses s’affronter au milieu des environnements réduits à une taille lilliputienne. Super Mario 3D Word et Bowser’s Fury sont visuellement assez attrayants. Seul bémol pour Bowser’s Fury l’animation semble parfois accuser quelques coups de mou by night. Rien de bien méchant ou qui puisse empêcher de prendre du plaisir à jouer à cette épopée inédite davantage taillée pour la Switch qui en met plein les yeux comme plein les oreilles !

À moins d’avoir joué très récemment à 3D World sur Wii U difficile de ne pas éprouver un certain plaisir à redécouvrir ce jeu et à se lancer dans d’intenses combats épiques sur Bowser’s Fury. Une compilation efficace à s’offrir au bon prix (45€ environ).

Good

  • Un 3D World sublimé, un Bowser’s Fury qui tabasse
  • Deux expériences Super Mario dans une cartouche
  • Du solo, du coop en local

Bad

  • Un léger aliasing et des ralentissements sur Bowser's Fury
  • Pas de reproche particulier
8.5

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

Lost Password

Sign Up