Super Monkey Ball Banana Blitz HD – Tu me fais tourner la tête

PS4 PS4 Pro Switch Tests Xbox One Xbox One X

Le plus célèbre des jeux de boule de SEGA se tape une cure de jouvence sur l’ensemble des machines HD et Ultra HD du marché. Un lifting bienvenue pour une franchise qui était un peu tombée dans l’oubli.

Avec la sortie de Dreamcast en 1999, du moins par chez nous, SEGA n’avait pas vraiment capitalisé sur ses franchises existantes. Bien au contraire, il avait un peu fait table rase du passé. Sa 128bit avait été l’occasion de découvrir une pelletée de nouvelles licences – JetSet Radio, Sega GT, MSR, Virtua Tennis, Crazy Taxi… – qui ont survécu à la fin de la belle dame blanche. Si Super Monkey Ball avait magistralement manqué sa sortie sur Dreamcast, le jeu avait été exporté à la place vers d’autres plateformes (GameCube, N-Gage, PS2…) avec plus ou moins de succès. SEGA livre aujourd’hui une resucée en haute définition du volet sorti sur Wii en 2006 et il l’adapte à la plupart des plateformes, à la Switch évidemment – digne héritière de la Wii – mais aussi à la Xbox One et à la PS4. Le jeu ayant été testé sur cette dernière on s’attendait à une prise en charge du gyroscope ou de la surface tactile du Pad de la PlayStation4, ce n’est hélas pas le cas. Il faut croire que ce remake HD a un peu des allures de portage sympathique… mais fainéant.

Dans les grandes lignes. Super Monkey Ball, invite à suivre les péripéties d’un petit primate enfermé dans une boule translucide, qu’il faut mener d’un point de départ vers un autre point d’arrivée. Un peu comme un Marble Madness, vieux de trente ans ! Toutefois, ici on ne contrôle pas directement la boule, il s’agit ici d’incliner le plan du niveau afin de permettre à notre macaque de prendre de la vitesse ou de négocier un virage. Un concept simple, décliné sur huit mondes aux environnements différents (plage, désert, bateau pirate, jungle digne d’un Sonic&Knuckles…), ils offrent de survivre à une huitaine de tableaux et s’achèvent par d’inévitables confrontations face à des boss à chaque fin de monde. Ne vous fiez pas à l’esthétique enfantine et choupinesque de Super Monkey Ball Banana Blitz HD, la plupart des level exigent de déployer des trésors de dextérité, de patience… mais pas trop, car le chrono tourne ! En résumé, il faut un self control en béton armé pour guider la sphère dans laquelle est enfermée le petit macaque sans péter une durite à chaque chute causée par une sortie de parcours suite à un excès de vitesse ou à une collision avec un piège. Vicelardes à souhait certaines portions de niveaux imposent de jouer les funambules sur des poutres pas bien larges ou de survivre à des séances mortelles de balançoire où la gestion de la physique (en collaboration avec une caméra irritante) aime parfois concocter des vilains tours au gamer à bout de nerfs. En sus de ces différents parcours, le jeu offre aussi quelques autres modes compétitifs pour se mesurer à des adversaires par le biais d’un classement en ligne ou de s’essayer à une petite dizaine de mini-jeux. Disons-le franchement, l’intérêt de ces mini-jeux est assez limité, mais ils ont sans doute le mérite de détendre l’atmosphère lors de petites sessions en local entre amis. On peut ainsi s’essayer à une séance de Shoot Them Up, du lancer de poids, du shoot à la catapulte, du 100 mètres haies, de la course de snowboard, du tape-taupe ou du singe canon (un homme canon, sans l’homme mais avec un macaque à la place). En bref, la plupart de ces mini-jeux sont sympathiques, dotés de différents niveaux de difficultés, ils s’avèrent être un bon complément à une campagne solo vite expédiée en l’espace d’une soirée. Seul regret, une immense partie des mini-jeux pensés pour être pratiqués à l’origine à la WiiMote n’ont pas été adaptés sur PS4. On en a très vite fait le tour !

N’ayant jamais été un inconditionnel de Super Monkey Ball, permettez que j’expédie un peu le test de ce Banana Blitz HD ! En ce qui concerne la réalisation, le jeu est une repompe fidèle du jeu sorti en 2006 sur WII. Désormais remodelé à  l’Unity Engine, ce titre fait oublier le flou inhérent à la connexion composite aux téléviseurs à écran plat d’antan par ses environnements aux textures plus détaillées. N’allez pas croire que la réalisation en met plein les yeux pour autant. Certes, le rendu graphique cartoonesque est à la fois chatoyant et coloré mais l’aliasing bien frustrant (au regard du peu de choses affichées à l’écran) s’avère être un peu trop omniprésent. Si le jeu a bien plus d’allure qu’à ses débuts sur Wii, on regrette de devoir se coltiner une caméra fixe antédiluvienne qui oblige à effectuer pas mal de sauts à l’aveuglette. Côté sons et musiques, cette mouture HD de Banana Blitz dispose de thèmes entraînants qui deviennent un peu agaçants au fil des tentatives infructueuses et à l’instar de la version d’origine les textes à l’écran ainsi que les menus sont en français. S’il joue clairement la carte de la séduction auprès des plus jeunes, notamment par son univers choupinesque, il ne peut pas faire oublier le manque d’indulgence de son challenge…. qui ne laisse pas de place aux approximations.

Les inconditionnels de la licence Super Monkey Ball, à la diète depuis quelques années, seront sans doute heureux de retrouver cette remise à jour graphique de l’opus Banana Blitz. Comme dit plus en amont, c’est un portage un peu fainéant qui aurait mérité davantage de soin sur la forme mais aussi sur le fond ; avec une maniabilité davantage taillée pour la PS4 (au gyroscope ou au pavé tactile) et une caméra pas aussi rigide. Un jeu sympa à 30€, pas plus ! Bref, le juste prix c’est sur Switch !

Good

  • Un univers coloré et sympathique
  • Du contenu solo et du party game
  • Simple à prendre en main...

Bad

  • ...dur à maîtriser
  • De l’aliasing des décors parfois un peu vides
  • Des mini-jeux mais pas assez
7

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
Average User Rating
8.8
2 votes
Rate
Submit
Your Rating
0

Lost Password

Sign Up