The Legend of Zelda Link’s Awakening – Electric Dreams

Switch Tests

J’ai treize ans, ça fait au moins vingt ans que je n’ai plus treize  ans, laissez moi rêver que j’ai treize ans. Si tu me crois pas hé j’te prête pas mon GameBoy à la récré !

La vie c’est parfois une question de choix. En préférant pendant longtemps  les consoles de Sega à celles de  Nintendo, je suis souvent passé  à côté de certaines perles sorties sur les machines du constructeur de Kyoto. Bizarrement, malgré ce fanboyisme idiot, je me souviens d’avoir pu jouer à Link’s Awakening quelques temps après sa sortie sur GameBoy. Par quelques temps comprenez plutôt quelques mois. Vers le milieu des années 90 la cadence de sortie des Must Have était alors – il me semble – bien moins soutenue qu’aujourd’hui. Du coup un jeu comme Zelda, surtout son adaptation sur GameBoy restait tout à fait désirable même de longs mois après sa sortie. À l’époque cet “Action RPG de poche” avait été considéré comme une réussite, une prouesse même puisque l’expérience se rapprochait davantage de A Link to The Past, le Zelda de la SNES, plutôt que (en l’occurrence le tout premier) celui de la NES. Cette dernière était comme la/le GameBoy une machine 8bit et pourtant malgré son rendu monochrome, le jeu se payait le luxe d’offrir des sprites et environnements assez détaillés. Si Nintendo a ressorti cinq ans plus tard une version DX colorisée destinée au GameBoy Color, ce jeu est également réapparu sur la console virtuelle de la 3DS mais à l’état brut. Sans nouveauté, si ce n’était la possibilité, émulation oblige, de consigner sa progression à sa guise par l’intermédiaire d’un slot de sauvegarde rapide.  Réjouissons-nous, à l’occasion de sa ressortie l’éditeur s’est enfin attelé à un vrai remake de Link’s Awakening DX (oui il faut le préciser) taillé pour la Switch. Même si je ne l’attendais pas de pied ferme, il faut bien l’avouer, je suis encore tombé sous le charme de cette épopée insulaire de notre Hylien préféré !

Pour mémoire, enfin, pour les deux du fond qui n’ont jamais joué à ce jeu, l’histoire se déroule non pas à Hyrule mais sur l’île de Cocolint où notre jeune héros a fait naufrage alors qu’il regagnait sans doute son doux foyer. Oublié Ganon, Zelda et la TriForce, si Link’s Awakening a un peu des allures de Spin Off, l’aventure exotique n’en reste pas moins envoûtante. On retrouve dans cet Action RPG – comme l’opus GameBoy DX d’origine- tous les ingrédients incontournables de la saga telles différentes zones à explorer, moult donjons à visiter, de survivre aux traquenards disséminés dans les donjons, et d’occire moult boss et ennemis. Il ne suffit pas de fendre frénétiquement l’épée de Link dans les airs pour envoyer tous les monstres six pieds sous terre, certains nécessitent d’être terrassés à l’aide d’armes/outils bien précis ou d’employer des contre-attaques après avoir percé leurs défenses. En sus le titre propose pas mal de quêtes annexes (coquillages et fragments de cœurs à retrouver, mélodies ocarina à maîtriser, missions pour le compte de PNJ…) et activités (pêche, ufo catcher…) qui viennent accroître un peu plus la durée de vie de cette aventure de poche qui n’a pourtant rien à envier aux versions de salon. Certes l’aire de jeu est bien moins vaste que le troisième volet sorti sur SNES mais les proportions des régions de l’île et des donjons labyrinthiques restent suffisamment honorable pour avoir la sensation de faire face à un The Legend of Zelda digne de ce nom et pas à une vague adaptation castrée de poche ! Tour de force sur GameBoy, Link’s Awakening a-t-il cette fois des allures de portage flemmard sur Switch ?

Effacez vos inquiétudes ! Derrière ce remake, on retrouve Grezzo. Un studio nippon qui a livré les excellents portages 3DS de Zelda Ocarina of Time et de Majora’s Mask et plus récemment de Luigi’s Mansion. Ce Link’s Awakening a beau avoir conservé sa perspective à la troisième personne hautement perchée et sa vue de profil à l’occasion des phases de plateformes, pour son arrivée sur Switch, le jeu a carrément fait peau neuve ! Et ce aussi bien sur le fond que sur la forme. La nouveauté majeure réside dans le rendu graphique qui a troqué le trompe l’oeil en 2D d’autrefois pour un rendu en 3D rondouillard et coloré. A la découverte des bandes-annonces de gameplay on pouvait ressentir une certaine gêne en voyant ce hit de notre jeunesse alors affublé d’un rendu graphique enfantin digne d’un logiciel ludo-éducatif.

En vérité, à l’instar du fabuleux Wind Waker, l’aspect visuel se fait vite oublier et on se laisse volontiers embarquer dans cette épopée si exotique ! A l’écran les environnements sont assez détaillés et on tombe sous le charme du chara-design ultra kawaii à souhait et des splendides effets d’éclairages pas tape à l’oeil pour un sou. D’ailleurs, ce remake de Link’s Awakening aurait pu être un régal pour les yeux s’il n’avait pas souffert d’un léger aliasing et s’il n’était pas non plus frappé régulièrement de légers coups de mou dans l’animation, passant de 60 à 30 images par seconde, notamment lors des changements de zone et si la caméra n’avait pas été désespérément fixe. En sus de la refonte graphique, ce jeu profite aussi d’une bande-son remaniée. Oublié le charme Chiptunesque des ondes carrées du GameBoy ! Les douces mélodies qui sortaient du haut-parleur asthmatique de la console portable ont été réorchestrées, et le résultat  – pour certaines – fait furieusement penser aux splendides musiques qui accompagnent les productions animées  du studio Ghibli. Plus beau et doté d’une bande son plus enivrante que jamais, Link’s Awakening s’est aussi paré d’une maniabilité infiniment plus agréable que lors de ses débuts sur la portable 8bit. S’il fallait à l’époque s’aventurer régulièrement dans l’inventaire afin de switcher entre les armes et les items désormais l’épée, le bouclier, le bracelet de force et les bottes de Pégase restent à portée de main. Par conséquent le jeu a gagné pas mal en nervosité et le bouclier accessible via la gâchette offre des combats nettement plus agréables qu’autrefois. Quant aux items tels les bombes, la poudre magique et le grappin, ils doivent être attribués aux touches de raccourci X ou Y. A l’ancienne donc ! Mais cette fois pas de risque de se retrouver désarmé face au danger ! Pas question non plus de se retrouver perdu, le jeu profite de textes et menus intégralement en français. Une bonne raison pour les plus jeunes aspirants aventuriers de faire leurs premières armes sur cette splendide refonte de Link’s Awakening !          

Un remake de Link’s Awakening quasi sans fausse note à savourer n’importe où, n’importe quand et pour toujours. Une aventure légendaire qui s’impose comme un Must Have de la Switch.

Good

  • Un joli graphisme rondouillard coloré et détaillé
  • Les splendides musiques réorchestrées
  • Une maniabilité infiniment plus agréable que sur GameBoy
  • Une aventure toujours aussi captivante

Bad

  • On veut un remake de Zelda 3 SNES de cette trempe
  • Le joycon de ma Switch est parfois capricieux
9

Magnifique

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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