The Outer Worlds – Perdus dans l’espace

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Embarquez dans une épopée spatiale aux confins de la galaxie en suivant les péripéties d’une bande d’aventuriers. À des années lumières d’un No man’s Sky ou d’un Mass Effect, l’inspiration de cette nouvelle franchise est bien plus terre à terre et évidente quand on connaît le passif d’Obsidian. C’est d’la bombe !

Il y a pile poil un an, enfin à deux semaines près, Bethesda livrait aux fans de Fallout un prologue à sa célèbre saga qui n’a pas soulevé l’enthousiasme des foules. Fallout 76 était ainsi plombé par énormément de défauts aussi bien sur le fond que sur la forme. Pour mémoire, chez Playscope, nous lui avions attribué un 6,5/10 tout maigrichon signe que l’expérience n’était franchement pas bien folichonne ou à la hauteur d’une franchise de cette envergure ! Depuis l’an dernier, les développeurs de ce spin- off ont tenté de corriger les tares les plus rédhibitoires à grands renforts de mises à jour ou plus récemment d’autres techniques bassement mercantiles. The Outer Worlds joue les outsiders et débarque à point nommé pour faire oublier ce triste anniversaire. Comme dit en préambule de ce test, Obsidian – fondé par d’anciens de Black Isles Studio – est à l’origine de sagas mythiques telles  Baldur’s Gate, Neverwinter Nights et bien sûr Fallout. Plus qu’une inspiration c’est un peu un retour aux sources pour Obsidian !

Comme tout bon Action RPG digne de ce nom, The Outer Worlds propose une création de l’avatar, classique, quoiqu’assez poussée. On prend son temps pour créer un perso aux petits oignons en soignant son apparence, en bichonnant la répartition des points de caractéristiques et d’aptitudes. Au lieu de nous catapulter au lendemain d’un énième conflit thermonucléaire, The Outer Worlds offre cette fois d’incarner un colon tiré de sa stase après soixante-dix ans d’un périple intersidéral… à la dérive. Et plutôt que de partir à la découverte d’un nouvel éden en compagnie de ses congénère fraîchement décongelés, il est extirpé de son long dodo par un scientifique excentrique, qui l’envoi crapahuter en solo sur la surface d’une planète un tantinet hostile. Vous vous sentez à l’étroit dans ce monde pas si ouvert ? Pas d’inquiétude, cette contrée (sans doute inspirée par le Magicien d’Oz) destinée à la mise en jambes, est l’une des nombreuses aires de jeu proposées par ce titre. En sus de décimer de la bestiole mutante – ou plutôt extra-terrestre – , des machines cybernétiques et des hors-la-loi, on côtoie aussi des factions autochtones. Les membres de ces dernières proposent à notre avatar quelques missions, qui peuvent entrer en conflit avec les intérêts d’une faction adverse. Ce qui nous confronte fréquemment à des dilemmes. Faut-il rediriger le courant d’une centrale électrique vers une bande de beatniks qui vivent dans les bois ou continuer d’alimenter une conserverie qui exploite sans vergogne des colons jusqu’à la mort et au-delà ? Faut-il livrer les recherches scientifiques à leurs propriétaires ou les marchander au prix fort auprès d’une mystérieuse vieille bonne femme ? Dans tous les cas, les prises de position et autres choix ont des incidences à plus ou moins long terme auprès des poches de survivants. Méfiance. Conséquence la plus évidente, les excités de la gâchette de la faction lésée n’hésitent pas à ouvrir le feu à votre approche afin de vous sanctionner pour votre trahison. Et même les membres de votre équipage peuvent vous reprocher certaines de vos décisions. Assumez vos choix jusqu’au bout que diable c’est vous le patron !

En terme de gameplay, The Outer Worlds se révèle être un Fallout “moderne” pur jus. Par moderne entendez en 3D comme les troisième et quatrième opus voire new Vegas sur lequel Obisidian avait planché en 2010 pour le compte de Bethesda. Comme dit en amont de ce test, le titre met l’accent sur l’exploration, il impose de faire des choix moraux – le plus souvent à l’occasion d’une kyrielle de dialogues – et il offre de survivre durant une vingtaine d’heures à moult affrontements en vue FPS… un peu poussifs. Ici pas de stratégie ou de tactique. Soit on évite certaines confrontations en crapahutant ventre à terre dans les hautes herbes ou – au contraire – on fonce un peu dans le tas l’arme au poing ou le sabre au clair en espérant se sortir vivant des rixes. Loin d’être aussi explosif et spectaculaire qu’un Doom ou un Wolfenstein, les affrontements de ce titre obligent à composer comme Fallout 4 avec l’usure des armes et des équipements, quant aux munitions, elles n’affleurent pas au sol en quantité industrielles. En optant pour le combat rapproché on peut utiliser des armes blanches (sabre, faux…) qui terrassent assez rapidement les ennemis. Gare ! Si les pétoires perdent en efficacité et en précision au fil du temps, les lames les plus sollicitées ne tardent jamais à s’émousser ! Heureusement, il est possible de se rendre chez un marchand afin de faire réparer son attirail ou de revendre une partie du bric à brac glané lors des pérégrinations. Pas question de se trimballer un véritable fourbi dans son inventaire sous peine d’être pénalisé par le poids et de perdre en vitesse et agilité durant les affrontements. Notez qu’au lieu de se débarrasser des armes usées, on peut aussi les démanteler afin d’en améliorer d’autres. Il a beau boxer dans la catégorie des FPS, The Outer Worlds permet – à l’instar d’un Mass Effect – de recruter au fil de l’aventure de nouveaux alliés, puis de partir au combat en étant épaulé par deux des membres de son équipage. En sus de bénéficier de leur puissance de feu, on peut recourir à leur attaque spéciale par exemple avant un combat – afin d’entamer la jauge de vie des ennemis les plus résistants – et leur présence (comme certaines pièces d’équipement) semble octroyer des points de compétences supplémentaires qui débloquent d’autres options de dialogues ou de piratage. Difficile d’espérer survivre aux dangers tapis dans de nouvelles zones sans ces compagnons d’arme à nos côtés… même s’ils ont tendance à crever rapidement au combat. Enfin, précisons que si les membres de l’équipage disposent d’attaques spéciales, notre avatar peut recourir à une compétence qui lui permet de ralentir légèrement le cours du temps afin de coller quelques balles dans la tête des ennemis. Une sorte de Bullet Time intergalactique mais bien moins redoutable que celui d’un Max Payne.

Testé sur Xbox One S par l’intermédiaire du service GamePass, l’expérience offerte par The Outer Worlds s’est avérée agréable même sur la petite console de salon de Microsoft. Certes, les mécaniques sont globalement surannées et manquent de profondeur (pas de possibilité de tir à couvert par exemple), néanmoins graphiquement le résultat est un peu plus d’actualité. Les environnements sont fouillés et colorés, les textures détaillées quant à la distance d’affichage – lors de nos aventures à “l’air libre” – elle est assez lointaine et offre en sus de splendides arrière-plans. Enfin le design des décors du jeu, comme celui des persos, ne manque pas d’allure, puisqu’on se retrouve avec une épopée steampunk interstellaire dont l’esthétique cartoonesque a un je-ne-sais-quoi de Bioshock-esque. Bref, visuellement, c’est joli et l’ensemble bouge assez bien sans nous accabler de ralentissements. Nos oreilles ne sont pas en reste. Les musiques de The Outer Worlds renvoient un peu aux films de science-fiction de série B des années 50, immersion dans cet univers garantie. Enfin si le jeu dispose de textes et sous-titres en français, il ne propose que des doublages en anglais. Des doublages dans la langue de Shakespear/William Shatner certes mais qui sont d’excellente facture.

En attendant l’arrivée d’un cinquième opus de Fallout, The Outer Worlds s’impose comme une alternative sérieuse à la franchise Post Apocalyptique de Bethesda. Une sympathique odyssée d’une vingtaine d’heures, pas toujours bien menée, mais terriblement attachante.

Good

  • Quelques bonnes idées de gameplay à la Fallout... et d’autres surannées
  • Assez Joli si vous adhérez à l’esthétique Steampunk intergalactique
  • Les Voix en VO les sous-titres et textes intégralement en français
  • Dispo sur le Game Pass de la Xbox One et PC

Bad

  • Des combats répétitifs, bourrins et un peu poussifs
  • Pas de vrai monde ouvert
7.5

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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