Train Sim World 2020 – Le train de tes injures roule sur les rails de mon indifférence

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Voilà l’été ! Certes, les beaux jours se sont installés depuis belle lurette, au moment où l’on testait The Last of us Part II, mais le jeu de Naughty Dog ne se prêtait pas à la célébration du retour de l’astre solaire. Une période propice donc aux départs en vacances : Allez tous dans le train !

Quand les AAA ne se bousculent pas au portillon, le moment semble bien choisi pour passer sur le grill des jeux originaux et que l’on peut trouver par exemple sur le Xbox GamePass. Premier titre de cette série de tests express, Train Sim World 2020. Alors pourquoi tester ce jeu paru l’an passé ? Quand on se retrouve coincé à Paris et que l’on rêve d’évasion, une simulation de train peut se prêter à ce type d’expérience un brin rafraichissante puisqu’elle promet d’être aussi dépaysante qu’un Rouen/Montélimar en train Corail. Si l’on a déjà pu expérimenter de nombreuses simulations automobiles, aériennes voire agricoles, les expériences de conduite ferroviaire ne courent franchement pas les rues. De mémoire. Microsoft s’y était essayé et cassé les dents au début des années 2000 et au Japon la franchise Densha de Go apparue sur consoles semble s’être cantonné aux salles d’arcades. Dovetail Games, le développeur britannique de ce Train Sim World 2020, compte dans son catalogue des simulations de pêche, des extensions pour – le vénérable – Flight Simulator X et aussi un Train Simulator 2020. Ce dernier est destiné aux machines qui carburent au Windows, il propose de la simulation pure et dure.  Son petit frère Train Sim World 2020 sorti sur PC et consoles de salon est un tantinet plus simpliste sans lorgner pour autant du côté de l’arcade puisqu’il est flanqué de quelques lourdeurs pour se donner sans doute un peu plus de consistance. Un cache misère ?

Dans sa mouture Xbox GamePass le jeu est enrichi de plusieurs extensions. Elles proposent de prendre les commandes du métro New Yorkais, de foncer à toute vibure à travers des paysages montagneux en Allemagne et de piloter des locomotives diesel échappées des 80’s dans les environs vallonnés de Manchester. Les expériences offertes par les quelques motrices de TSW2020 nécessitent de découvrir – en perspective à la première personne – différents postes de pilotage et de mémoriser les procédures de démarrage. Ce qui s’avère laborieux compte tenu des divergences de placement et d’apparence d’éléments essentiels au démarrage du train. Pour le coup on aurait aimé être un peu plus guidé (par le biais d’une checklist par exemple) surtout en cas de pépin. Quoi de plus frustrant que de rester coincé à quai ou au milieu d’une voie durant d’interminables minutes après que notre locomotive ne daigne plus redémarrer ? Et n’espérez pas faire repartir miraculeusement votre motrice par l’intermédiaire de pressions aléatoires sur le gamepad ! Les commandes placées sur la manette servent à doser l’accélération et le freinage, à changer la position de la caméra lorsqu’on passe en vue externe, à se déplacer en vue à la première personne voire à activer les essuis glace ou le klaxon. Voilà qui risque de rendre fou plus d’un aspirant cheminot !

En bonne simulation ferroviaire le jeu impose de prendre les commandes d’un train ou d’un métro à l’occasion de missions “scénarisées” et de marquer l’arrêt à différentes stations pour récupérer des usagers. Attention pas question de presser le rythme de la montée ou de fermer prématurément les portes sous peine de devoir les rouvrir… honteusement ! Certaines missions peuvent durer l’espace d’un quart d’heure, d’autres trente minutes voire une heure pour les périples les plus longs qui peuvent se dérouler, en temps réel, à différents moments de la journée avec des conditions climatiques tout aussi variées. Il est heureusement possible de consigner sa progression en cours de route, car on n’est jamais à l’abri d’un déraillement à trop haute vitesse lors d’un passage sur un aiguillage ou d’être sanctionné d’un GameOver après avoir grillé un feu rouge. Si l’on ronge régulièrement notre frein en cas d’arrêt inopiné en rase campagne, l’expérience s’avère malgré tout assez sympathique. Les sensations de pilotage sur rail sont agréables (quand tout roule) et que l’on aborde un virage en douceur à bonne allure à bord d’un train à suspension pendulaire. Comme dans toute simulation si le jeu permet de prendre les commandes de locomotives, il peut aussi offrir de jouer les simples passagers afin d’admirer les paysages qui défilent depuis un siège ou de se balader dans les couloirs des trains. Au bonheur des Otaku Densha !

Achevons ce rapide tour du propriétaire en abordant la réalisation de Train Sim World 2020. Testé dans sa version Xbox GamePass sur Xbox One X, les postes de pilotage comme les trains peuvent se vanter d’être assez finement modélisés, de pulluler d’éléments interactifs quant aux environnements, ils sont –le plus souvent – détaillés. En revanche on ne peut qu’être exaspéré par le manque de vie sur le quai des gares, par le manque épisodique de fluidité de l’animation sans doute pénalisé par un anti aliasing poussé à l’extrême. Et parfois, le jeu tarde à afficher des textures comme des éléments du décor dans les scènes les plus surchargées – le plus souvent dans les villes – nous donnant alors un aperçu de ce que doit être l’enfer du rail. Côté son, musiques et ambiances, le titre de Dovetail Games joue la carte du silence minimaliste et offre des effets sonores réalistes et des voix en français (parfois laissées en anglais dans les tutoriaux). Voilà qui trahit un léger manque de finition, pas bien méchant en comparaison de sa partie graphique bien plus bugguée. Signalons enfin que les inconditionnels du TGV, que les adorateurs du ShinKansen voire du métro Parisien vont l’avoir un peu mauvaise de ne pas pouvoir prendre les commandes de leurs engins préférés. Dans une future édition peut-être ?

S’il manque un peu de contenu, de “zones” de jeu, de liberté laissé au joueur, on ne peut qu’apprécier l’initiative d’avoir porté un genre habituellement réservé au PC sur console. L’expérience s’avère intéressante quoiqu’un peu bridée par un pad manquant de précision et à une optimisation graphique pas vraiment de la partie.

Good

  • Des cabines de pilotage et trains détaillés, des effets sonores réalistes
  • De la simu qui se veut accessible... mais qui est un tantinet lourdingue
  • Des sensations qui sont bien de la partie...

Bad

  • … quand la fluidité de l’animation est au rendez-vous
  • Des glitchs graphiques et clipping
6.5

Correct

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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