Uncharted 4 A Thief’s End – Un final en apothéose

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Annoncé depuis un moment comme le dernier épisode développé par Naughty Dog d'une saga débutée avec la PS3, Uncharted 4 A Thief's End était attendu au tournant par tous les fans mais également pour voir ce qu'une des meilleures équipes au monde est capable de faire avec la PS4. Le résultat est juste sublime.

Je me souviens encore de ce tout premier trailer que Naughty Dog et Sony avaient dévoilé lors de leur conférence de l’E3 2006. Cette année-là, Sony dévoilait sa PS3 et lâchait quelques titres mais le seul qui m’avait marqué était le projet de l’équipe californienne. Etant fan des jeux d’action/aventure à la troisième personne, je voyais en ce Uncharted Drake’s Fortune comme le début d’une intéressante licence. Et s’il n’a jamais atteint le firmament des ventes comparé à d’autres sagas, la série Uncharted a gagné épisode après épisode de nombreux fans qui suivent les péripéties de Nathan Drake.

Pour ce quatrième et dernier volet, Naughty Dog a mis le paquet. Non content d’avoir une réalisation sublime sans conteste la meilleure de toute la logithèque PS4 actuelle, cette quatrième aventure (cinquième si on compte le titre sur PS Vita) de Nathan Drake va vous faire vivre un périple dépaysant avec un déroulement sans à-coups. Vous aimerez progresser plus ou moins rapidement dans l’intrigue que vous a concocté les scénaristes.

Nathan semble avoir raccroché les gants d’aventurier casse-cou. La raison. Elena Fisher, la fougueuse journaliste des précédents volets, devenue Mme Drake. Nathan travaille en tant que plongeur pour des chantiers sous-marins lorsqu’un beau jour, sous ses yeux ébahis, il voit se tenir face à lui son frère Sam. Il le croyait mort depuis 15 ans suite à une évasion de prison. Sam ne revient pas d’entre les morts par hasard. Il est en sursis car pour sortir de sa cellule où il était enfermé depuis toutes ces années, il a signé un pacte avec le diable, en l’occurence un baron de la drogue mexicaine. Il va lui falloir trouver le trésor qu’aurait caché une assemblée de pirates dans un lieu légendaire nommé Libertalia.

Déchiré entre la promesse d’une vie rangée faite à Elena et son envie, si ce n’est son obligation, de sauver son frère, Nathan s’embarque alors dans cette aventure avec un certain plaisir retrouvant ainsi l’excitation et les poussées d’adrénaline qui rendaient sa vie plus savoureuse.

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Une intrigue bien ficelée

A l’instar des précédents volets, la progression du jeu alternera avec des séquences de flashback permettant de découvrir la relation Sam/Nathan et d’en savoir un peu plus sur les origines de ces deux frères. Le gameplay par contre n’a guère changé. Les fans retrouveront donc assez rapidement leurs marques. Pour ce quatrième volet, Naughty Dog a conservé tous les ingrédients et soigné les détails aussi bien graphiques que scénaristiques.

Difficile en effet de ne pas être surpris de déceler le travail d’acharné sur des aspects du jeu qui n’influent en rien le scénario mais apporte plus de vie aux situations. Sans vous spoiler, certains petits évènements pourront être déclenchés et bénéficient de leurs propres animations et petit pan scénaristique. Autant dire que certains d’entre vous prendront sans doute le temps de refaire le jeu juste pour trouver tous ces petits ajouts. D’ailleurs, Uncharted 4 offre un peu plus d’exploration que les précédents volets qui étaient, à mon avis, plus linéaire. Il ne s’agit toutefois pas d’un jeu totalement monde ouvert mais disons que les couloirs sont bien plus larges. Certains chapitres proposent toutefois des zones immenses qu’il sera possible d’explorer à sa guise comme une savane ou un archipel de petites îles. Il faudra de toute manière scruter tous les décors de fond en comble si vous avez l’intention de trouver tous les trésors et platiner le jeu. Des petites variantes ont été également mises en place pour les dialogues. Là encore, cela ne change pas la trame mais poussera certains d’entre vous à rejouer pour découvrir les différences.

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L’aspect plateforme m’a semblé particulièrement bien ficelé et d’une fluidité étonnante. Cela m’a permis de progresser rapidement dans ce domaine sans trop tâtonner. Peut-être est-ce dû à mon habitude de la saga. Toujours est-il que j’ai adoré rusher de longues séquences de plateforme sans crever. La nouveauté pour cet épisode est la disponibilité d’un grappin qui servira à vous atteindre des sommets ou tout simplement à vous lancer dans de vertigineux sauts dans le vide. Vous pourrez aussi flinguer tout en vous balançant ou tomber littéralement sur vos ennemis pour les assommer. Spectaculaire et foutrement efficace.

Le côté gunfight reste classique. Ceux qui ne veulent pas y passer trop de temps pourront toujours opter pour un ciblage automatique rendant les fusillades plus simples. Pour les autres, il faudra jongler entre les longues fusillades avec diverses armes aux caractéristiques différentes et un peu d’infiltration pour vous défaire de certains ennemis et ramasser les munitions, ces dernières étant assez limitées.

Et après l’aventure…

L’aventure est faisable en une douzaine d’heures pour les plus rapides. Mais si vous voulez obtenir tous les trophées et farfouiller dans les décors pour trouver tous les trésors alors refaire le jeu est obligatoire. Toutefois, histoire de varier les plaisirs, Naughty Dog a ajouté quelques bonus plutôt rigolos. Ainsi, vous pourrez « acheter » avec les points récoltés pendant votre périple des filtres qui permettent de jouer avec un look graphique totalement différent (code ASCII, noir & blanc, cel shading, négatif, etc.). Il est également possible toujours moyennant points de jouer avec un look différent pour Nathan et tout autre personnage principal et également leur affecter une arme spécifique par défaut. Le jeu permet aussi de rejouer n’importe quel chapitre déjà terminé ainsi que toute confrontation avec les ennemis. Enfin, des « modificateurs » apportent leur lot de surprise. Ainsi, vous pouvez jouer au jeu avec tous les éléments inversés comme dans un miroir ou avec un son 8 bits ou encore avec des munitions illimitées. Ces modificateurs peuvent être cumulés.
Le mode photo permet à tout moment de freezer l’action et de recadrer l’image, de la régler selon divers paramètres et de la sauvegarder pour la partager. A l’instar de ce qu’on a pu voir dans d’autres jeux comme GTA V, compte tenu des visuels somptueux, je suis sûr que certains d’entre vous passeront des heures à jouer les reporters photo.
Bref, si tout cela ne change pas réellement le jeu, ce sont toujours quelques petits ajouts sympathiques qui pourraient vous pousser à vous lancer encore dans la peau de Nathan.

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Et évidemment, si tout cela ne suffit pas à votre bonheur, Uncharted 4 A Thief’s End a également son mode multijoueur. Je n’ai malheureusement pas eu beaucoup de temps pour tester ce point, les serveurs ne seront véritablement mis en place qu’à la sortie du jeu. J’avoue n’avoir jamais été un grand fan du multijoueur sur la série des Uncharted. Pour ce quatrième volet, Naughty Dog semble avoir fait de son mieux pour amener des combats plus fluides et un jeu plus en coopération que le pur frag. La présence du grappin apporte de la nouveauté aux combats et, pour qui le maîtrise bien, peut devenir un bel avantage. En outre, il est possible de revivre un coéquipier mal au point ce qui devrait pousser un peu plus le jeu coopératif. Par ailleurs, grâce à un système de devise interne au jeu, vous allez pouvoir profiter de boosts comme la possibilité d’invoquer des soldats gérés par la machine ou encore des sortes de pouvoirs surnaturels. D’autres éléments pourront être achetés grâce à cette devise qu’on récupère en jouant comme des skins. Bref, s’il ne présente rien d’original, le multijouer d’Uncharted 4 semble solide pour ce que j’ai pu en voir.

Beau à en mourir

Techniquement, il n’y a pas photo. Uncharted 4 A Thief’s End est tout simplement le titre le plus abouti depuis la sortie de la PS4. Les personnages sont si détaillés qu’on peut même les apprécier à sa guise dans une galerie. Le travail sur la modélisation et les textures est tout simplement bluffante. Ce réalisme visuel se retrouve dans les animations. Les visages sont expressifs et l’on décèle aisément les émotions qu’ont tenté de véhiculer les acteurs. Les mouvements des protagonistes s’enchaînent à merveille donnant une jouabilité très fluide. Cette fluidité est maintenue tout au long de l’aventure. Je n’ai décelé aucune saccade ou ralentissement même lors de séquences explosives où pullulent les particules ou les personnages non jouables. La bande son aussi bien musicale que vocale n’est pas en reste et complète parfaitement le visuel. La musique est toujours aussi épique. Le doublage français est très convaincant même si j’ai préféré jouer en VO.

Au final, même s’il ne présente pas de grande surprise, d’innovation importante ou de séquence marquante contrairement aux précédents volets ou comparé à leur autre bébé, The Last of Us, cet Uncharted reste un véritable plaisir. Une fois lancé, on ne peut s’empêcher de continuer pour admirer les décors et poursuivre l’aventure avec les protagonistes devenus bien familiers pour les fans de la saga. Pour les nouveaux arrivants, je vous conseille d’ailleurs de commencer par la trilogie Uncharted The Nathan Drake Collection qui comprend les trois premiers volets remasterisés pour la PS4 avant de vous lancer sur ce quatrième volet. Ce sera alors au total entre 60 à 80 heures de pur plaisir en compagnie de la bande à Nathan.

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Good

  • Une réalisation à tomber par terre
  • Une dernière aventure de Nathan plutôt prenante
  • Le souci du détail dans le graphisme que dans le scénario

Bad

  • Trop court diront certains
  • Pas fan du multijoueur
  • La maniabilité un peu trop rigide et qui pourrait être plus réactive
9

Magnifique

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu’il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d’éditeurs et de sites web.
Côté jeux, il monte ses trois gardiens sur Destiny 2 et tourne sur GT Sport tout en tentant de survivre sur Call of Duty WWII et Assassin’s Creed Origins.

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