Yakuza 6 The Song of Life – Je chante la vie, je dis merci à la vie…

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Quel bonheur de jouer à nouveau les mauvais garçons au grand cœur dans un monde de brutes épaisses ! Le très charismatique Kazuma Kiryu reprend du service et il est assoiffé de vengeance : Fuyez pauvres fous ! Fallait pas toucher à la petite protégée du Dragon de Dojima!

En attendant le remake de Yakuza 2 dont la sortie est calée pour la rentrée, Sega publie enfin en occident le « sixième » épisode des aventures de Kazuma Kiryu. Si le cinquième opus de la saga a mis trois ans à voir le jour par chez nous, il n’aura fallu attendre qu’une très longue année avant de découvrir l’ultime (?) volet des aventures du Dragon de Dojima. Franchement, l’attente en valait la peine, puisque l’histoire de Song of Life nous embarque de Tokyo à la banlieue de Hiroshima dans une magnifique quête vengeresse, à l’intrigue explosive riche en rebondissement, et aux mécaniques de jeu bien huilées. Un très grand Yakuza, qui ne se retrouve jamais à bout de souffle!

Si Yakuza 5 offrait comme le quatrième volet d’incarner plusieurs protagonistes il s’enlisait toutefois dans une histoire qui manquait de rythme. De son côté ce Yakuza 6 Song of Life épargne les longueurs en ne se bornant qu’à suivre durant une vingtaine d’heures l’épopée de Kazuma Kiryu. Seul regret, le personnage complètement déjanté de Goro Majima passe au second plan et ne se limite qu’à de trop brèves apparitions. Si le détective Date-san et le sympathique Akiyama ont repris du service, Kazuma fraîchement sorti de prison en 2006, s’accapare le premier rôle sans jamais le lâcher. Et il se retrouve confronté à une petite famille de yakuzas de la région de Hiroshima mais aussi aux Triades chinoises, à la mafia coréenne et à ses anciens alliés du Clan Tojo et à leurs ennemis de l’Alliance Yomei. Un sacré bazar pour notre héros vieillissant, qui tente de retrouver le responsable de la tentative d’assassinat de Haruka Sawamura, sa jeune protégée qu’on a vu grandir tout au long de la saga… et qui est désormais la mère d’un bébé nommé Haruto. En raison de l’état de sa mère, Kazuma le prend sous son aile et l’emmène dans ses aventures, à la recherche de son mystérieux géniteur. Cela donne d’ailleurs lieu à des phases de mini-jeu durant lesquelles il faut tenter de calmer le bébé affamé et en manque d’affection. Attendrissant, mais soyez rassurés pour le reste ou plutôt l’essentiel, ce Yakuza 6 The Song of Life reste fidèle à ses origines. En effet, la recette de ce titre repose toujours sur un savoureux cocktail qui mélange la castagne façon beat’em all et l’exploration, mis en scène de manière cinématographique. Une composition inusable qu’on a toujours plaisir à re-déguster !

Si le titre s’est entiché d’un nouveau terrain de jeu, la petite et dépaysante bourgade de bord de mer nommée Onomichi, Yakuza 6 The Song of Life invite le plus souvent à user ses guêtres et à claquer ses deniers dans le quartier de Karumocho. Malgré une superficie revue à la baisse, certaines rues étant barrées, le quartier chaud foisonne toujours de commerces (restos, épiceries…), de clubs à hôtesses et il offre aussi une multitude d’activités ludiques (salles d’arcades ou de mahjong, salle de muscu…) pour varier les plaisirs durant les treize chapitres de ce jeu. Yakuza 6 étant développé et édité par Sega on retrouve dans les salles de jeux des titres mythiques de la firme de Haneda comme Super Hang On, Out Run et Space Harrier, ainsi que deux bornes datant de 2006 (année où se déroule l’histoire) : Virtua Fighter 5 et Puyo Puyo. Notez d’ailleurs que ces deux jeux d’arcade sont jouables en versus (en local) depuis le menu principal. Sympathique !

Doté d’un nouveau moteur graphique, le Dragon Engine, qui tire davantage parti des capacités de la PlayStation 4, le jeu s’est enfin paré d’environnements véritablement ouverts. Comprenez par là qu’on passe de l’extérieur d’une rue fréquentée et mal famée à l’intérieur d’un commerce (et inversement) sans subir d’agaçants écrans de chargement. Dorénavant lorsqu’on est poursuivi par des bandes de yakuzas ou des gangs de rue qui cherchent des noises à Kiryu, les plus tenaces peuvent traquer le héros à travers un bloc jusqu’à l’intérieur d’une épicerie ou d’un restaurant… et le condamner à un exil temporaire pour mauvaise conduite. Frustrant ! Surtout lorsqu’on avait prévu de refaire le plein de canettes de boissons énergisantes, de bentos ou de plateaux de sushis pour regagner de l’énergie lors des combats. En cas de bagarre de rue, pas question de détaler comme un lapin et gare aussi à ne pas abîmer les vitrines en envoyant valdinguer un ennemi dessus sous peine de subir aussi un bannissement provisoire. Si les décors ont gagné en réalisme, la manière dont Kazuma interagit avec l’environnement semble plus naturelle. Face à une barrière ou un obstacle notre héros n’est plus contraint d’en faire le tour, dorénavant il peut l’enjamber. Lors des affrontements, les animations des mouvements sont bien plus fluides et les différentes prises et techniques s’enchaînent sans à-coups. Pour revenir aux combats, ils semblent un tantinet plus faciles que ceux des autres épisodes, notamment les affrontements contre les boss. Ces derniers ne disposent plus de plusieurs jauges de vie et ils ne regagnent plus de l’énergie en plein mano à mano. Rassurez-vous, à l’instar des précédents opus de la saga Yakuza les derniers combats du jeu n’en restent pas moins épiques et captivants !

Techniquement, on l’a dit le jeu est pourvu d’un nouveau moteur graphique cousu main pour la console de salon de chez Sony. Hélas lorsque l’on voit les décors truffés d’aliasing sur la PS4 de base, on se doute bien que Yakuza 6 doit vraiment avoir bien plus fière allure sur la PlayStation 4 Pro. Toutefois, le jeu n’en reste pas moins magnifique ! Car en délaissant enfin le moteur graphique hérité de Yakuza 5 (sorti quand même en 2012 sur PS3), le titre affiche de splendides textures en haute résolution même s’il subsiste – étonnement – quelques éléments en très basse définition comme dans un recoin de la boutique Don Quijote. Les environnements sont détaillés s’étendent à perte de vue (sans afficher d’éléments du décor au dernier moment), et by night, Kamurocho bénéficie d’une multitude d’effets d’éclairage et de fumées qui confèrent une atmosphère unique au sixième opus de Yakuza. Le moteur graphique de ce dernier régale aussi nos mirettes par ses personnages aux modélisations et animations très chiadées, expressives et réalistes. Une réussite ! Bien sûr, nos oreilles ne sont pas en reste ! Yakuza 6 est doté d’une superbe bande son aux styles musicaux variés (avec notamment de la techno bien bourrine face au chef de la mafia coréenne), d’une multitude de dialogues en VO (japonais) toujours sous-titrés… en anglais. Pas de sous-titres en français donc. Il va falloir un minimum de connaissance de la langue de Shakespeare pour en profiter. Enfin, notez qu’avec la présence de Kitano « BEAT » Takeshi en polygones et en voix, ce Yakuza 6 s’est doté d’un casting cinq étoiles !

Bien qu’il reprenne les ingrédients qui ont fait le succès de ses prédécesseurs, Yakuza 6 ne s’entiche pas de superflu , il n’offre qu’un seul personnage jouable, mais il innove, grâce à son moteur graphique qui en plus d’être splendide procure davantage de liberté au joueur. Une aventure prenante et bien menée qui fera même couler une larmichette aux plus sensibles. Un Must Have de la PS4… Pro ?

Good

  • Un scénario captivant
  • Une réalisation graphique splendide taillée pour la PS4…. Pro
  • Une durée de vie d’une vingtaine d’heures
  • De l’action, de l’exploration, de l’humour et Beat Takeshi !

Bad

  • Goro Majima cantonné à des caméo
  • Des phases accessoires… accessoires
  • Pas de version française
9

Magnifique

Parisien, ex journaliste, feu globe-trotter (à plein temps), papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile THE GAME IS ON
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