Yakuza Like A Dragon – C’est qui l’patron ?

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Toutes les grandes sagas ont une fin. Mais “à peine” achevée, la fresque crapuleuse de SEGA repart de plus belle ! Prêts à vous encanailler dans les quartiers chauds de Yokohama en compagnie d’un nouveau héros ?

Pendant près d’une douzaine d’années, les possesseurs de PlayStation s’étaient habitués à découvrir régulièrement les péripéties du percutant Kazuma Kiryu. Si l’avenir de la saga a été un temps incertain en Europe – Yakuza 5 n’ayant jamais été proposé au format physique sur PS3 -, on ne peut que se réjouir de découvrir le nouveau chapitre de la franchise débarquer sur PS4 et XboxOne et même Xbox Series S/X. Pour mémoire ce “septième” volet est sorti en Asie (Japon, Corée, et Chine) au début de l’année 2020. Bonne nouvelle, à défaut d’une sortie mondiale, l’attente n’aura pas été trop longue. Et d’ailleurs, voilà qu’il arrive pile le jour de la mise sur le marché du marché d’une nouvelle génération de machines de chez Microsoft. Il y a du changement dans l’air !

Dans ce Yakuza Like A Dragon (traduction littérale du titre Japonais RyuGaGotoku), Kazuma Kiryu, Goro Majima et d’autres figures emblématiques de la saga font place à une nouvelle “génération” de protagonistes menée par Ichiban Kasuga. Sans trop dévoiler l’histoire disons qu’il s’agit d’un perso attachant et un brin délirant dont les péripéties se déroulent en parallèle de celles du Dragon de Dojima (Kiryu). Notre héros à la coiffure en pétard a grandi dans les rues de Kamurocho, il se retrouve emprisonné pendant dix-huit ans à la place d’une huile de la famille Arakawa. A sa sortie il découvre que le clan Tojo ne fait plus régner la loi dans le quartier sulfureux de Tokyo qui est tombé entre les mains d’un clan rival. Si le titre offre bien sûr de crapahuter dans les ruelles du quartier chaud de Tokyo, cette aventure se déroule cette fois à Yokohama. Un terrain de jeu exagérément vaste mais qui regorge aussi de coins glauques, mal famés ou de zones plus tranquilles mais où patrouillent quand même des bandes rivales, des ennemis originaux aux allures de yokaï comme des ivrognes en mal d’action. Gare à ne pas vous aventurer trop vite trop loin dans ce monde ouvert sous peine de vous retrouver face à des ennemis plus puissants qui n’auront aucun scrupule à vous délester de vos maigres économies. Dans les grandes lignes Like A Dragon ressemble à du Yakuza pur jus, puisqu’on doit accomplir des successions de missions dans un monde de brutes, mais on ne tarde pas à découvrir la grosse différence. Vous voyez de quoi je veux parler ?

Lors de l’annonce du septième volet, l’abandon du gameplay Beat Them Up durant les combats pour des phases de RPG au Tour par Tour me paraissait être une hérésie. Les confrontations musclées et intenses ont toujours figuré dans l’ADN de la saga et elles n’ont eu de cesse de s’améliorer au fil des épisodes. Mais en définitive, après quelques heures de jeu, le tour par tour s’avère suffisamment dynamique pour ne pas crever d’ennui face à l’écran. De manière assez conventionnelle, le jeu conserve sa perspective à la troisième personne, un tour est attribué à notre équipe – constituée d’alliés que l’on rencontre au fil de l’aventure comme un sans-abri, un ex-flic et une hôtesse- et un autre tour est alloué à l’équipe adverse. On peut cibler un ennemi afin de déclencher une attaque, effectuer une botte secrète, mettre à profit le tour pour recharger sa jauge de vie ou sa “mana” (ou celle d’un allié en difficulté) ou adopter une posture défensive pour contre-attaquer. Lors des affrontements, il vaut mieux se dépêcher de porter l’estocade à un ennemi sonné/à terre pour lui infliger davantage de dégâts. Lors du tour des opposants on ne subit pas les attaques passivement. Une pression de la touche défensive permet de parer (réduire les dommages encaissés) voire d’esquiver l’attaque adverse. Le fait de rester en mouvement lors des combats oblige à guetter le bon moment pour infliger des dégâts à davantage d’ennemis en ayant recours à une attaque doté d’une large amplitude/zone de dégâts. Revers de la médaille, impossible de s’attaquer au corps à corps à un ennemi situé derrière un autre. Notre personnage se prend alors une mandale par “l’autre” adversaire et voit l’attaque interrompue et le tour perdu. Un peu frustrant ! Notez que l’on peut toujours recourir –le plus souvent involontairement – à des éléments du décor pour infliger davantage de dégâts à un ennemi. Ainsi notre perso peut shooter dans un objet ou se saisir par exemple d’un vélo ou d’un cône de signalisation qui se trouve sur sa trajectoire pour frapper l’adversaire et porter ensuite l’attaque. Pratique pour porter plus de dégâts lors d’un même tour ! Même pour un amateur de jeux d’action allergique au RPG au tour par tour comme moi l’expérience s’est avérée positive. Toutefois j’espérais secrètement que l’on aurait pu switcher entre confrontations Beat Them Up et tour par tour à l’instar de ce qui a été proposé par le très bon FF VII Remake… sorti bien après Yakuza Like A Dragon au Japon : certes…  

Précisons qu’il est toujours possible d’aller claquer ses Yens durement gagnés dans les salles d’arcade disséminés à Kamurocho et Yokohama. Pour le fun on peut rejouer à des jeux de la grande époque de SEGA comme Hang On, Fantasy zone, Out Run et Virtua Fighter 2 (ou 2.1 au choix). Le titre introduit aussi des courses de Kart. Loin de miser sur le réalisme, elles se rapprochent plutôt de celles d’un Mario Kart. Comprenez qu’on peut utiliser des accélérateurs pour propulser durant quelques secondes notre engin à des vitesses folles et employer différentes sortes d’items offensifs pour s’attaquer aux pilotes adverses. L’argent peut bien sûr être employé dans différentes échoppes pour se doter de nouvelles armes et pièces d’équipement ou acheter des objets curateurs (aliments, boissons…) pour refaire le plein d’énergie ou de mana en plein combat. Pour limiter les risques de voir une partie de ses économies s’envoler en cas de mauvaises rencontre, pensez à vous délester régulièrement de votre surplus d’argent dans les distributeurs automatiques situés dans les Convenient Store… ou injectez des fonds dans des entreprises prometteuses. Dans tous les cas, transportez le minimum sur vous, une mauvaise rencontre est si vite arrivée et pensez à sauvegarder votre progression dans les zones autorisées. Depuis Yakuza 6 plus besoin de se rendre dans les cabines téléphoniques ! J’en profite pour glisser un mot relatif à la montée en expérience. En montant en niveau on débloque automatiquement de nouvelles attaques ou points de caractéristiques. Voilà qui est bien loin des arbres de compétences des précédents jeux de la saga yakuza ! Une procédure simplifiée dans un volet qui lorgne pourtant résolument du côté des RPG. Etonnant non !?!

Sans surprise, ce Yakuza Like A Dragon carbure évidemment au Dragon Engine. Le moteur cousu main pour le sixième opus et qui a été employé depuis par l’excellent Yakuza Kiwami 2 et par le nettement plus moyen Fist of the North Star Lost Paradise. Bref le rendu graphique est plutôt taillé pour la PlayStation4, même si de l’avis de Michel, le jeu est loin d’être le plus techniquement abouti sur la vénérable console de Sony. Notamment de par la trop grande rigidité des animations des personnages lors des déplacements. Malgré tout, notez que les modélisations des principaux protagonistes sont réussies, en dehors de leur démarche chaloupée, ils dégagent un certain charisme. Quant aux environnements – quand ils ne sont pas immenses et vides –il sont assez détaillés, les rues et ruelles grouillent de monde et by night les effets d’éclairages sont fidèles à ceux des quartiers nippons les moins recommandables. Point légèrement agaçant : la récurrence des temps de chargements. Dans mes souvenirs Yakuza 6 faisait en sorte de les limiter, Like A Dragon impose de s’en manger beaucoup et à outrance ! Enfin concernant l’IA (mais là je pinaille), on ne peut qu’être étonné de voir les piétons traverser les passages piétons au vert : vite un patch ! Signalons que le jeu à la bonne idée de proposer des textes et sous-titres en Français quant aux voix elles sont disponibles soit en anglais, soit en japonais. Au choix !

En l’état Like A Dragon est un bon Yakuza. Il offre les mêmes ingrédients (scénario en béton, monde ouvert…) mais il tente de se démarquer de ses pairs par un gameplay orienté RPG au tour par tour pas désagréable mais loin de rivaliser avec l’expérience jouissivement bourrine d’origine.

Good

  • Une réalisation dans la veine de Yakuza 6 merci le Dragon Engine
  • Un tour par tour plutôt praticable
  • Les sous-titres en français
  • De l’humour, des sentiments, des moments assez jouissifs du bon Yakuza

Bad

  • Yokohama, pas si vaste et un peu trop vide
  • Des multitudes de petits temps de chargement
  • Animations rigides
7.9

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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