Revoilà l’éditeur japonais passé maître dans l’art de refourguer ses fonds de tiroirs aux joueurs avides de nostalgie ! Mais pour une fois, Il livre une compile qui fait plaisir à voir tant son contenu s’avère … originale !
Feignez la surprise ! Il restait – et il demeure toujours – un pan inexploré des jeux de baston de l’éditeur d’Osaka à redécouvrir. À l’instar de la compil Capcom Fighting Collection sortie en 2022, ce second volet offre de s’éclater joyeusement le coin du pif sur une pelletée de “nouveaux” jeux de castagne. Si la précédente compilation mettait à l’honneur la franchise DarkStalkers/NightWarriors et offrait de redécouvrir certaines curiosités telles RedEarth, ce second volume offre (globalement) un aller simple vers les années Dreamcast ! Attention Segamaniaques, doux frisson de nostalgie et avalanche de châtaignes en approche !
Cette compilation offre une huitaine de titres parmi lesquels Capcom Vs SNK et sa suite, les deux volets de Power Stone, Street Fighter Alpha/Zero 3, Capcom Fighting Évolution, Plasma Sword et Project Justice. Précisons d’emblée que pour les deux derniers titres de la liste, il s’agit des suites de (respectivement) Star Gladiator et Rival Schools. Deux jeux de castagne en 3D qui ont en commun d’être sortis sur PlayStation… mais dont les suites étaient parues sur les bornes d’arcade Naomi de Sega puis sur Dreamcast. Esperons que l’on retrouvera un jour les premiers exploits de Hayato et de Batsu ! Si le premier offre de la castagne intergalactique, le second titre met en scène des bagarres complètement déjantées de lyçéens nippons. Les deux titres ont des univers uniques mais, en termes de réalisation et feeling, notre préférence va à Project Justice ! Plus fun et plus jouable, le titre peut se vanter d’être un chouia plus “joli”… mais diable que c’est polygoné et peu détaillé ! Frustrant quand, à la même époque, Namco et Tecmo offraient des SoulCalibur et Dead or Alive 2.

Il aura fallu beaucoup de temps à Capcom pour offrir des jeux de baston en 3D intégrale aussi “soignés” que leurs beat’em all en 2D. Street Fighter Zero 3 est livré ici dans sa version Upper. Comptabilisant près de 40 persos, le jeu peut se vanter d’être doté d’une réalisation cartoonesque colorée qui ne pêche que par des animations pas aussi fluides que celles de Street Fighter III Third Strike. En termes de baston 2D, la compilation est dotée des Cross-over Capcom Vs SNK sortis en 2000 et 2001. Elle offre de retrouver une trentaine de combattants piochés dans les univers de Street Fighter et de The King of Fighters. Le second volet de CVS, sorti l’année d’après, propose 48 combattants issus des franchises déjà citées mais aussi de titres comme Rival Schools, DarkStalkers, Last Blade, Samurai Shodown et Art of Fighting. Si l’on a plaisir à combattre dans ces matchs « relais » à la KOF, on déplore en revanche de ne pas retrouver des mécaniques de match tag à la Marvel Vs Capcom. De plus les jeux sont flanqués d’une 2D un brin trop aliasée mais ils offrent à l’instar de Marvel Vs Capcom 2 des arrières plans en 3D du plus bel effet et des intros en début de combat à la SNK. Sympa ! Dernier jeu de castagne, à la Street, Capcom Fighting Évolution est le jeu le plus récent de cette collection. Sorti sur PS2 et Xbox vers le milieu des années 2000, il avait tenté un revival de la castagne 2D en piochant dans les effectifs de cinq franchises de jeux de baston de chez Capcom. Au final la montagne n’aura accouché que d’une souris ! N’offrant qu’une petite vingtaine de persos, le jeu est également flanqué d’une réalisation en deux dimensions, moins aguichante que celle des crossovers qui opposaient les combattants de Capcom à ceux de SNK ! Etonnant non ?

Achevons la liste des titres dispos en abordant enfin les deux volets de PowerStone. Oubliés les jeux de combats à la papa proprets et vus de profil ! Résolument plus anarchiques et flanqués d’angles de caméra hautement perchés, ces titres sortis en arcade puis sur Dreamcast offrent une action intense digne d’un beat’em up. Les deux volets de PowerStone ont en commun d’offrir des persos kawaii, originaux et hauts en couleur, qui se castagnent contre trois autres adversaires dans différents genres d’arènes. Gare aux événements scriptés ! Pour survivre, il faut frapper les opposants à l’aide des poings ou des pieds rageurs, employer des armes (barre à mine, lance-roquettes…) et objets disséminés dans le décor et glaner les PowerStone afin de revêtir durant quelques secondes une armure de combat/transformation doté d’attaques dévastatrices. Voilà deux jeux funs et sympas, praticables à quatre ! Quel plaisir de voir les PowerStone enfin réchapper de l’oubli !


À l’instar du premier volume, cette seconde mouture de la Fighting Collection a été testée sur Xbox Series. La compilation occupe un chouia moins d’espace que son prédécesseur malgré un contenu plus varié. Notez qu’elle offre toujours pour chaque titre de changer à partir du menu de sélection l’origine du jeu (US ou Jap), de moduler la puissance des dégâts et la difficulté à sa guise, de modifier le nombre de rounds nécessaire à la victoire, d’activer le freeplay et de débloquer les personnages cachés. Que du bonheur ? Non. Car cette seconde compile est toujours flanquée d’un slot de sauvegarde rapide unique. Pas question de pouvoir consigner sa progression sur Rival Schools 2 afin de reprendre sa partie de Capcom Vs SNK 2 : Hélas ! Côté rendu graphique, la compilation permet d’afficher les jeux avec les proportions d’origines, d’étirer le rendu afin de l’adapter à l’écran et d’atténuer les pixels disgracieux par le biais d’une huitaine de filtres. Précisons qu’histoire d’être accessible au plus grand nombre, la compile permet toujours à ceux qui ne maîtrisent pas les DragonPunchs et autres coups de pieds hélicoptères – par les enchaînements directionnels – de les sortir grâce à une touche de raccourci. Voilà qui va rapprocher des générations de joueurs. Le titre permet de s’adonner aux confrontations contre le CPU, en local (sur le même écran) ou dans des matchs en ligne, praticables pour le fun en amical ou à l’occasion de parties classées. Terminons le tour du proprio en rappelant que le jeu est en français dans les interfaces de la compilation, mais pas dans les menus des titres qui ne sont disponibles qu’en anglais ou japonais.














































