Le Game Pass Ultimate s’est enrichi d’un sympathique Action RPG signé par le studio Obsidian ! Pour ce passage sur le grill, avec ou sans champignons chef ?
Les étiquettes collent parfois à la peau ! Connu pour avoir joué les doublures de Bioware ou Bethesda sur des titres comme Star Wars KOTOR 2 ou Fallout New Vegas, le studio Obsidian a été pourtant fondé par d’anciennes pointures de BlackIsle Studio. De la fin des années 90 au milieu des années 2000, ils avaient planché sur une kyrielle de jeux mythiques comme les deux premiers volets de Fallout, Planescape Torment, Baldur’s Gate ou même encore Icewind Dale. En sus du CV alléchant du studio défunt, ces vétérans ont œuvré depuis sur des jeux comme Alpha Protocol, SouthPark the Stick of Truth, Pillars of Eternity et plus récemment sur Grounded, Pentiment et the Outer Worlds. Si le studio d’Irvine mitonne déjà le second volet de son Fallout interstellaire, Obsidian a livré en ce mois de février une suite/spin off à Pillars of Eternity. Le jeu a été testé à partir d’une version disponible sur le Game Pass Ultimate sur PC puis sur Xbox Series X. Bénies soient les sauvegardes en cross-plateforme !
Le jeu nous (re) catapulte à priori dans le monde de Pillars of Eternity. Un être « divin » (vous) est missionné par l’Empereur pour découvrir l’origine d’un mal mystérieux qui corrompt les habitants comme les créatures des Terres Vivantes. Passée la création de son avatar, dont l’apparence n’a rien à envier à une toile d’Arcimboldo, et à choisir sa classe et ses caractéristiques notre héros/héroïne se retrouve épée et bouclier en main à crapahuter à travers des bourgades et étendues sauvages d’un univers Fantasy/Medieval. Classique dans son déroulement, il faut suivre des quêtes principales, afin de faire avancer l’histoire, mais le titre offre bien sûr son lot de quêtes secondaires afin de captiver le joueur durant une vingtaine d’heures sans qu’il ait trop à s’attarder sur des quêtes annexes. Une durée de vie plus que correcte ! RPG d’Obisidian oblige, Avowed est extrêmement bavard et certaines décisions prises lors des discussions ont fatalement des conséquences sur le reste de l’aventure… ou bien après. Prêtez main forte à un Troll mal en point en lui livrant des ingrédients pour fabriquer un remède et vous le retrouvez combattant à vos côtés lors de l’affrontement final. Sympa ! Mais désolé pour le divulgâchage ! À défaut d’offrir un monde véritablement ouvert, il est constitué d’un assemblage de vastes aires de jeux labyrinthiques (étendues sauvages, donjons…) blindées de trésors dissimulé dans les décors et d’ennemis à occire. On trouverait presque à Avowed des allures de monde persistant puisque les adversaires éliminés ne réapparaissent pas. Ainsi pas question de squatter une zone pour faire monter en niveau son perso ou accumuler les loots (potions de vie, élixirs de mana, matière premières, stuff…) que l’on retrouve sur les corps des ennemis terrassés ou dénichables dans l’environnement. Du matos à consommer en cours de combat ou qui sert à améliorer l’équipement par l’intermédiaire d’une forge disponible au campement. Pour survivre aux dangers de ce monde ou infliger davantage de dégâts, il va falloir jouer les forgerons … ou claquer les deniers amassés à la pointe de l’épée chez les armuriers ! Saurez-vous résister à la fièvre acheteuse ?

Se pratiquant à la première personne comme le mythique Skyrim, Avowed peut se vanter d’offrir un gameplay plus souple. Il offre ainsi des phases de plateforme agréables et des confrontations à la fois nerveuses (merci l’esquive) et aussi plus intelligentes. Se pratiquant en solitaire, cet Action RPG permet pourtant d’être épaulé par deux frères (ou sœurs) d’armes. En sus de taper dans le tas, nos alliés peuvent offrir de recourir à d’autres sortilèges offensifs/défensifs – par un menu circulaire – qui bien employés peuvent terrasser rapidement les ennemies. Ainsi en enchaînant un adversaire après un sortilège dévastateur lancé par un allié, une attaque de base a davantage de chances d’infliger un coup critique bien plus puissant. Lorsque l’on utilise le menu radial, l’action se fige, à l’instar d’un bon vieux Dragon Age, laissant le temps au joueur de sélectionner l’ennemi à abattre et le sort adéquate. Mieux vaut cibler en priorité ces enquiquineurs de prêtres et guérisseurs qui ont le don de faire remonter la jauge d’énergie de leurs alliés : les fourbes ! En plus des pouvoir magiques que l’on débloque dans l’arbre des talents grâce à des points de compétences obtenus lors des montées en niveau, on peut employer une kyrielle d’instruments de torture pour calmer les ardeurs du bestiaire du jeu. Les classiques épées et boucliers sont de la partie pourtant Avowed offre aussi de s’armer de lances, de haches, de masses, d’arcs, de baguettes magiques ou même encore de grimoires, de flingues ou de mousquets. À contre-courant de la tendance « survivaliste » des armes de certains RPG, celles du jeu sont indestructibles et elles profitent de munitions illimitées (un très bon point), mieux encore, elles peuvent également être enchantées de pouvoir magiques. Comme la hache que l’on déniche vers le début de l’aventure, chargée de pouvoirs givrés, elle refroidit les ardeurs des ennemis et elle offre aussi de créer des plateformes de glace sur les étendues d’eau. Pratique !

Lors des confrontations, le titre permet de parer les attaques adverses, de porter un coup rapide et même de charger une attaque en attendant d’avoir l’ouverture pour frapper. Seul regret. S’il est possible d’effectuer des glissades, impossible de tacler les ennemis ! Dommage on aurait bien brisé quelques tibias aux squelettes, bandits de grands chemins, homme lézards, humanoïdes végétaux, trolls et autres cancrelats qui composent le bestiaire de Avowed ! Malgré la montée en niveau et le gain de puissance de notre avatar, le jeu a infligé quelques morts et fin de partie des plus frustrantes ! La faute à des affrontements parfois confus et des ennemis qui encaissent les dégâts sans trop sourciller. Afin de mieux faire passer la pilule, le jeu consigne régulièrement la partie et il est heureusement possible de moduler la difficulté à son goût. Parfait ! Surtout si vous jouez juste pour l’histoire ou rentabiliser l’abonnement GamePass que vous laissiez un peu pourrir dans un coin.


Comme dit en amont de ce passage sur le gril, pour l’occasion le jeu a été testé sur PC d’abord puis sur Xbox Series X. Carburant à la cinquième mouture de l’Unreal Engine, Avowed est une merveille pour les yeux ! Il offre de splendides panoramas, parfois en trompe l’œil certes, des bâtiments à l’architecture chiadée, des textures qui ne manquent pas de volume, de splendides effets de lumières, une débauche d’effets graphiques et une palette de couleurs fatalement plus ou moins généreuse selon la région à travers laquelle on crapahute. Pas étonnant que la zone volcanique peine à en mettre plein les yeux par ses teintes dérivées du marron ! Attrayant par ses décors parfois dingues, le jeu pèche un peu par leur manque d’interactivité. On aurait bien aimé voir par exemple le tapis de verdure se balancer au gré du vent ou interagir avec toutes sortes d’objets… hélas les environnements et beaucoup d’éléments qui les composent sont désespérément monolithiques ! Le chara design souffre de moins de reproches. Car en sus d’être détaillés et expressifs, les protagonistes et antagonistes bénéficient d’animations soignées. Offrant deux types de rendus sur Xbox Series X – finesse ou fluidité pour un rendu à peine moins beau – Avowed permet de bidouiller davantage de paramètres sur PC afin de trouver le bon compromis entre beauté et cadence de l’animation. S’il était hors de question de monter en 4K sur la vaillante RTX2060, en revanche on pouvait profiter d’un rendu d’image plutôt détaillé enrichi en ray tracing. Parfaitement jouable au pad sur Xbox Series, le jeu s’est montré en revanche bien plus agréable sur PC, notamment grâce à la réactivité du couple clavier/souris et à sa précision diabolique. Caramba ! On aurait aimé chanter des louanges de la version PC, hélas, le jeu s’est montré extrêmement instable et provoquait de fréquents retour sur le bureau Windows ! Afin d’ambiancer cette épopée en terre inconnue, le studio Obsidian a fait appel à Cameron Gorham (de Venus Theory) ainsi qu’à Justin Bell qui s’était déjà illustré sur la bande originale de Pillars of Eternity 2. L’association de ces deux artistes offre à nos esgourdes de splendides musiques, aériennes, bien trippantes ! Précisons enfin que si le jeu est en français dans ses textes et menus, les voix ne sont disponibles qu’en anglais, dans la langue d’Albion. Préparez-vous à bouffer des kilomètres de sous-titres, tant les persos sont bavards !




























































































