Difficile de ne pas avoir le vague à l’âme en repensant aux glorieuses productions des 90’s. Mais pourquoi les éditeurs ressortent inévitablement des vieilleries d’un tiroir poussiéreux ? À la place, pourquoi ne pas faire du vieux avec du neuf ? Non ce n’est pas une faute de frappe !
Le mois dernier on s’offrait un sympathique revival en testant 3 pépites de chez Irem réunies dans une compil. Aujourd’hui le studio Ancient Corp. titille à son tour notre fibre nostalgique en livrant Earthion, un Shoot Them Up 2D, original et inédit mais résolument oldschool ! Sorti sur PC, le jeu a été développé à quatre mains par Makoto Wada et Yuzo Koshiro. On connaît ce dernier pour avoir livré de nombreuses bandes sons emblématiques de l’époque des machines 8/16bit. Ce vétéran de « l’industrie » a planché sur les ziks de titres comme Ys, Actraiser sur SNES, le Sonic de la Master System, ainsi que – et surtout – sur les musiques des sagas Streets of Rage et Shinobi de la MegaDrive. D’ailleurs précisons qu’une version de Earthion destinée à la console 16bit de Sega est également en cours de développement. Voilà qui promet d’être un sacré tour de force ! Le jeu a pu être testé sur PC grâce à l’achat d’une version vendue sur Steam pour environ 18€. Le juste prix ?

À l’instar d’un R-Type ou Thunderforce, le jeu invite à prendre les commandes d’un vaisseau de combat afin de repousser une énième tentative d’invasion de la planète bleue par des aliens belliqueux. Le titre impose durant 8 niveaux de décimer des escadrilles adverses, de détruire leurs canons antiaériens, d’esquiver les myriades de tirs, de se faufiler dans d’étroits corridors puis d’occire des demi-boss et affronter en fin de level un boss plus massif. On glane en cours de partie des Power-Up pour refaire le plein de munitions, de nouvelles armes (tir laser, multidirectionnel, missiles…), des 1UP et des boucliers indispensables pour remplir la jauge de vie. Le vaisseau dispose de deux modes de tirs, puisque l’on peut transporter deux types d’arme, dommage, pas question d’employer de MegaBombe qui décimerait tous les ennemis à l’écran. En revanche, en ramassant un item, l’Adaptation Pod, avant d’affronter un boss, on peut améliorer le vaisseau entre deux levels (résistance boucliers, nombre de vies, puissance de feu …) et récupérer l’ensemble de ces améliorations sur une autre partie grâce à un mot de passe. Une façon sympa de faire durer le plaisir en s’essayant à un autre niveau de difficulté (parmi les trois proposés) afin de se frotter à un challenge toujours plus corsé ! Shoot Them Up solo oblige, il ne manque à Earthion qu’un mode praticable en coop en local ou en ligne. Afin de prolonger l’expérience, on peut compter sur un mode Challenge aux défis pas piqué des hannetons. Le soft offre aussi un classement en ligne afin d’afficher son score au classement mondial et briller en soirée et redécouvrir les premières ébauches du projet grâce aux early builds jouables accessibles dans les bonus du jeu. Sympa !

Ce Shoot Them Up en 2D aux gros pixels se veut jouable sur n’importe quel PC pourvu qu’il soit doté d’une version 64bit de Windows. Testé sur le vaillant PC portable des familles, à base de Ryzen5 et GTX1050, le jeu s’est montré détaillé, le – plus souvent – fluide malgré une action intense et explosive à l’écran. Afin de donner un peu plus de cachet au rendu visuel, Earthion permet d’employer une ribambelle de filtres qui vont simuler l’affichage d’une bonne vieille borne d’arcade ou d’une télé, voire l’écran LCD d’une console portable. Si vous aimez la jouer vieux jeu vous allez être aux anges ! Enfin presque. Comprenez que le titre s’est montré peu compatible avec nos gamepad. Tandis que la manette sans fil Saturn était flanquée de problèmes de latence, le pad PS5 DualSense comme le Pad Saturn USB stoppaient régulièrement l’action et faisaient apparaître un écran d’options : Frustrant à souhait ! Yuzo Koshiro oblige, la réalisation sonore est impeccable. Résolument olds chool on retrouve quelques effets sonores de jeux MegaDrive en guise de gimmicks, les digits vocales et la bande-son aux sonorités métalliques nous ramène aux plus belles heures de la 16bit d’ébène de chez SEGA. Il ne fait aucun doute que les cages à miel des Segamaniaques les plus nostalgiques ruisselleront de bonheur !













