Test – South of Midnight – On dirait le sud

BLOC INFO
Date de sortie
8 avril 2025
Editeur
Xbox Game Studios
Développeur
Compulsion Games
Genre
Action, Aventure
Machines
XSX/S, PC
PEGI
18
ACHETEZ SUR AMAZON

Exhibé en 2023 à l’occasion d’un alléchant trailer en stop motion le dernier né du studio Compulsion Games aura mis deux années de plus pour se laisse approcher. Le voici enfin sorti sur le Game Pass !

Fondé à l’origine par un ancien développeur de chez Arkane, Compulsion Games a offert depuis son lancement en 2009 deux titres sympathiques : Contrast et We Happy Few. Avec South of Midnight, le troisième jeu du studio nord-américain conserve le rythme de parution quasi “quinquennal “ de ses prédécesseurs et ce bien qu’il ne profite que d’une sortie sur les consoles Xbox Series … pour l’instant ! En effet, le studio québécois intégré au giron de Xbox Studios depuis 2018 livre enfin l’épopée hallucinante de sa nouvelle héroïne que sur les machines de Microsoft ou sur les PC qui carburent au Game Pass Ultimate. Allergiques aux abonnements de jeux à la demande rassurez-vous, le titre est bien sûr disponible à l’achat ! Direction plein sud, à la découverte du bayou de Prospero, de ses mythes et de ses légendes qui hantent les eaux croupies et les terres boueuses ! South of Midnight est un jeu d’action aventure à la troisième personne, il invite à suivre Hazel Flood, une intrépide jeune femme dont la mère a été tragiquement emportée par les flots lors d’une tempête. Durant l’aventure linéaire qui s’étale sur quatorze chapitres (pour une petite douzaine d’heures de jeu) notre héroïne crapahute à travers un monde rempli de mystères en compagnie de Croûton, son doudou. Preuve qu’il n’y a pas d’âge pour jouer à la poupée !

De l’émerveillement à la frustration, il n’y a qu’un pas, et le déroulement d’un chapitre de South of Midnight repose globalement sur les mêmes ingrédients. Ainsi il offre d’explorer des environnements linéaires durant des phases de plateforme, de se castagner contre des bestioles cauchemardesques, de fuir un croque mitaine lors d’une stressante séquence de parkour pour enfin affronter un gigantesque gardien de fin de niveau. Lorsqu’elle se castagne face à la petite friture Hazel ne boxe pas tout à fait dans la même catégorie que celle de Dante ou Bayonetta ! Elle peut certes esquiver les attaques, repousser les adversaires ou les attirer à elle. Il est en revanche un peu rageant, de la voir se retrouver souvent cerné/submergé par différentes sortes d’opposants, dont elle a un mal fou de s’en débarrasser ! Le jeu est ainsi flanqué d’une surenchère de phases de baston façon beat’m up redondantes à souhait. Si notre héroïne « détricote » ses adversaires, on serait parfois tenté de… « décrochet ». Mais comme évoqué plus en amont, le jeu est plutôt court et au contraire on a tendance à s’accrocher au pad car cette virée à travers le bayou possède un univers glauque et jazzy étrangement captivant une galerie de persos attachants aux destinées tragiques. Coté plateformes, si les séquences sont parfois virevoltantes, telles celles d’un Spider-Man/Miles Morales sur PlayStation, elles peuvent être aussi terre à terre et davantage axées sur l’exploration. À cette occasion on peut alors prendre possession de Croûton. Durant ces phases animées en stop motion, la peluche doit se faufiler dans des endroits étroits et esquiver les ennemis, chausse trappes et champlards explosifs afin d’activer des interrupteurs situés hors de portée de Hazel. Pratique ! Enfin précisons que les joueurs les plus « pacifistes » peuvent zapper les séquences d’actions comme les combats de boss par le biais d’une fonctionnalité dispo dans les options d’accessibilité.  Sympa même si l’expérience perd un peu de son authenticité ! 

Testé sur Xbox Series X par l’intermédiaire du Game Pass, South of Midnight n’a pas été la méchante claque tant espérée ! Loin d’avoir infligé un KO technique, il est pourtant difficile de rester de marbre face à la patte du Chara Design, face au soin apporté à l’univers et aux textures lorsque le jeu s’affiche en 4K de façon fluide. S’accaparant pas moins de soixante giga-octets de stockage, ce jeu qui carbure à la dernière mouture de l’Unreal Engine peut se vanter d’avoir un charme dingue ! Les animations façon stop motion des renards dans les terriers (et autres bestioles) me rappellent un peu le Fantastic Mr Fox de Wes Anderson ou les productions de chez Aardman. Joli, coloré et poétique, le jeu pêche parfois par un léger manque de lisibilité dans ses environnements/interactions possibles. Malgré la linéarité de l’aventure, une sorte de fil d’Ariane spectrale peut être invoqué afin d’indiquer la direction à suivre. Intégralement en français dans ses textes, dans ses menus, le jeu est bien sûr doté de voix dans notre belle langue… heureusement pas surjouées, ni en québécois ! Le dépaysement est également garanti grâce à la splendide bande-originale composée par Olivier Derivière ! Elle est constituée de sonorités empruntées aux chorales du sud mystérieux et profond des Etats-Unis, d’instruments traditionnels et de rythmes plus “jazzy”. Quel bonheur pour les cages à miel !

Test – South of Midnight – On dirait le sud
CONCLUSION
Mixer les genres pour varier les plaisirs ? South of Midnight offre une aventure pas bien longuette, redondante mais rudement captivante et attachante. Un joli jeu sans prétention, à la bande-son envoutante à savourer sur le Game Pass !
Les plus
Une réalisation graphique de très bonne facture dans l’ensemble
Un scénario aux personnages attachants
Une bande originale signée Olivier Derivière somptueuse
Les moins
Une aventure diablement répétitive
Pas toujours au top de la lisibilité
Des temps de chargements visibles
7.5
ACHETEZ SUR AMAZON