Test – Ratchet & Clank Rift Apart – Baby Come Back

BLOC INFO
Date de sortie
26 juillet 2023
Editeur
Sony Interactive Entertainment
Développeur
Insomniac Games, Nixxes Software
Genre
Action, Aventure, Plateforme
Machines
PC
PEGI
7

Tandis que Sony se vante d’avoir écoulé 40 millions de PS5 depuis le début de sa commercialisation, PlayStation Studios continue de vampiriser la ludothèque de la console de salon afin de les porter vers nos PC.

Après Spiderman, Returnal, The Last of Us Part 1, c’est au tour de la dernière production de chez Insomniac Games de passer sur le grill ! Rassurez-vous ! Cuisson à feu doux pour test en express mais reprenons du début voulez-vous. Apparue en 2002 sur PlayStation2, la franchise Ratchet & Clank a enfanté quatre épisodes et un spin-off. Un démarrage en trombe pour une nouvelle licence ? C’était pourtant loin d’être fini puisqu’elle a été surexploitée sur PS3 et PSP (avec respectivement sept et deux volets) avant de subir un brutal coup d’arrêt sur PS4. Brutal c’est peu de le dire puisqu’en dehors de quelques “oldies” sortis sur le PSN la vénérable quatrième génération de console de chez Sony n’a accueilli qu’un seul titre et plus précisément un reboot de la saga. Et il sortait – ô hasard – en même temps que la première adaptation sur grand écran des aventures du duo dynamique. Cette fois pas de motif fallacieux… sinon celui de servir de vitrine technologique à l’imposante dame blanche de Sony. Si le portage de Spiderman en mettait plein les yeux rien ne nous préparait à la nouvelle dinguerie d’Insomniac Games cousue main pour la PS5 et son GPU taillé pour le Ray Tracing et son surpuissant SSD carburant à la technologie Kraken !!! Mettons de côté les éléments de langage mercantiles et revenons à cette version PC qui déboule durant un été généreux en nouveautés.

Alors qu’ils célébraient en grande pompe leur victoire face au Professeur Nefarious, acclamés par la foule en liesse, Ratchet et Clank voient les festivités écourtées par l’arrivée impromptue du scientifique revanchard. Le mauvais perdant ! En sus de taper l’incruste dans les réjouissances, le savon fou expédie nos héros aux antipodes d’un univers alternatif. Clank y fait la connaissance de Rivet la Lombax et Ratchet retrouve son vieil ennemi plus “puissant que jamais” car érigé au rang d’empereur… rien que ça. L’inséparable duo fait ici un peu bande à part en s’entichant de nouveaux partenaires tout aussi attachants. Sans en dévoiler davantage du pitch, rappelons que ce Ratchet and Clank Rift Apart est un jeu d’action plate-forme en 3D. La huitaine de planètes/“monde ouverts” alternent ainsi durant une dizaine d’heures entre des phases de rixe et de voltige. Ces dernières invitent par exemple à grinder sur des rails, à se balancer ou se catapulter (tel Ristar) dans les airs, effectuer un wallrun pour se glisser in extremis dans des singularités situées en hauteur et être téléporté jusqu’à la terre ferme. Afin de progresser à travers les levels plus chaotiques, le titre propose de chevaucher des sortes de scarabées dopés à l’EPO dont la célérité n’a rien à envier aux speedbikes du Retour du Jedi. Dans l’ensemble les séquences de plateformes sont riches en sensations fortes et obligent parfois à naviguer entre les dimensions pour se sortir de voies apparemment sans issues.

Ratchet & Clank Rift Apart ne manque pas de nous mettre aussi la pression par des gunfights frénétiques. Quand on ne dézingue pas des hordes de bestioles autochtones, de pirates de l’espace et mercenaires lors de la traversée des niveaux l’action monte crescendo quand on se retrouve acculé. Ainsi on doit survivre aux attaques d’escouades de robots/aliens, épaulés par l’infanterie, puis des unités volantes et/ou de snipers jusqu’à être opposé à un voire plusieurs gigantesques golgots. Certes les confrontations sont intenses, cependant on regrette un peu qu’elles soient si répétitives. S’il est possible de garder ses distances avec les ennemis en esquivant leurs attaques et en employant un “flingue”, les adeptes du combat rapproché peuvent économiser de précieuses munition en dispensant la bonne parole à grands coups de clé à molette. Rassurez-vous. À mesure que l’on glane des composants/devises dans les décors ou sur les dépouilles fraichement atomisées des adversaires, on peut faire le plein de munitions et d’énergie et s’offrir de nouveaux instruments de torture chez Zurkie, la marchande du coin. En sus de vendre d’inévitables sulfateuses et fusil antiaériens, l’alien propose aussi à la vente des pétoires plus originales comme un Pixelisateur, un fusil laser qui balance un rayon digne d’un Kamehameha et même un bouclier énergétique qui absorbe les tirs et repousse les ennemis avec une puissante onde de choc. Bien que l’on contrôle “alternativement” deux lombax dans cette épopée, Ratchet et Rivet (séparés par les éons), nos héros bénéficient pourtant du même arsenal et même améliorations au fil de l’aventure. Ne cherchez pas d’explication : c’est magique ! En sus des phases de plateforme et de gunfight survoltées, plus occasionnellement, on suit aussi Clank dans des séquences de réflexion. A l’instar d’un Lemmings, il s’agit de permettre aux “doubles” du petit robot d’échapper d’un tableau en plaçant différents items (saut, course, prise de poids…) sur leurs parcours afin qu’ils puissent regagner la sortie. Si ces phases de puzzles s’avèrent bienvenues, une autre minuscule droïde baptisée Glitch infiltre les ordinateurs pour éradiquer les nids à virus et leurs minions à grands renforts de mitraille et de charges nucléaires. Plus efficace que McAfee ou Norton dans sa lutte contre les malicieux, la brave petite   machine met moins l’accent sur le frétillage des cellules grises en s’adonnant sans ménagement à l’action explosive ! Voilà la preuve que ce n’est pas la taille qui compte !

Après avoir pesté contre l’adaptation de Returnal, puis davantage appréciée celle de The Last of Us Part 1, j’étais plutôt sceptique quant au portage de Ratchet & Clank Rift Apart. Disons-le d’emblée, ce portage opéré par le studio Nixxes Software s’avère réussi. Si la transition entre les mondes lors de la séquence d’ouverture ne s’avère pas aussi fluide que sur PS5, dans l’ensemble le jeu installé sur un SSD a le mérite de tourner convenablement sur la modeste config de test (Corei5 10ème Gen, RTX 2060, 32Go de RAM). Pourtant cela n’empêche pas l’animation d’accuser évidemment des baisses de frame rate. Notamment lors des rixes les plus intenses où une bonne dizaine d’ennemis féroces et une avalanche d’effets pyrotechniques et climatiques s’affichent à l’écran. Par défaut, sur ma config, les paramètres graphiques se sont calés sur les réglages haut. Toutefois l’écran des options d’affichage permet de moduler bien des paramètres à sa guise pour améliorer le rendu, favoriser la fluidité, activer le Ray Tracing ou le DLSS ou son équivalent de chez AMD. Même sur une carte graphique assez ancienne, en 1080P ou 2K, le jeu en met vraiment plein les mirettes ! Le Chara-design (héroïque comme le bestiaire) est incroyablement détaillé, doté de mimiques expressives et lors des cinématiques qui emploient le moteur du jeu on se croirait – presque – face à une production de chez Pixar… ou Dreamworks. Rassurez-vous ! En cours de partie le rendu est tout aussi chatoyant et le titre impressionne par la complexité de ses environnements, par la distance d’affichage, par la richesse des effets graphiques et la finesse des textures. Dès le lancement et son chargement “instantané” d’un level à la reprise d’une sauvegarde, ce Ratchet & Clank Rift Apart ne cesse de nous impressionner. Jouable au clavier et à la souris, le titre est évidemment praticable au gamepad Xbox Series, mais il tire plus particulièrement parti de la Dualsense de la PS5 et de ses gâchettes à “retour de force” pour une immersion accrue. Soigné sur le plan graphique, Rift Apart ne manque pas non plus de régaler nos esgourdes ! Ainsi il offre une bande-son qui dépote à savourer religieusement avec le casque vissé sur les oreilles, et sa version française intégrale (dans les textes, menus) et aussi dans ses doublages d’excellente facture. Une réussite !

Test – Ratchet & Clank Rift Apart – Baby Come Back
CONCLUSION
Réalisant quasiment un sans-faute sur le plan technique, ce jeu d’action-plateforme est hélas flanqué d’une certaine redondance au niveau des combats et une durée de vie de seulement d’une dizaine d’heures. Plus c’est long et plus c’est bon ? Pas sûr ! Alors si vous avez la config adéquate guettez plutôt une petite baisse de prix avant de craquer pour la dernière folie de Ratchet et Clank.  Vous ne le regretterez pas !
Les plus
Une réalisation graphique vraiment au poil
Un gameplay nerveux, une prise en main impeccable
La version française intégrale, une bande-son sympa
Un portage soigné, des chargements rapides ça fait plaisir
Les moins
Une grosse config de rigueur pour y jouer sereinement en 4K et tout au max… ou une PS5
Un peu cher au regard de la durée de vie et de sa répétitivité…
8.5