Les Mac d’Apple vont abandonner les CPU Intel

Les Mac d’Apple vont abandonner les CPU Intel

Même si on est un site gaming avant tout, Playscope a un passif dans l’info tech. Les plus anciens d’entre vous qui nous suivez le savent. Si le jeu vidéo va rester notre priorité, on va de nouveau évoquer un peu plus le côté tech qui peut impacter le gaming. Et l’information du jour à savoir l’abandon des CPU d’Intel pour les futurs Mac peut changer la donne.

Si vous êtes un apple maniaque, vous savez qu’Apple a déjà fait ce genre de chose par le passé. En effet, les ordinateurs Apple tournaient pendant une bonne décennie sur les processeurs RISC PowerPC d’IBM jusqu’en 2006. A cet époque, Steve Jobs pestait sur le fait qu’IBM n’était plus capable de produire des processeurs performants et moins gourmands en énergie. En 2006, Apple commença donc à produire des Mac architecturés autour de CPU X86 Intel. La transition avait pris deux années pendant lesquelles les technologies comme Rosetta et les kits facilitant le travail des développeurs avaient été mis en place. La transition s’est terminée en 2007 même si les Mac PowerPC ont continué à être supporté quelques années encore par la suite grâce au principe des applications universelles.

Apple a confirmé lors de son keynote WWDC 2020 que les futurs Mac vont petit à petit basculer vers des processeurs maison, la fameuse série des AX à l’architecture ARM que beaucoup d’entre vous connaissent puisqu’ils font tourner tous les iPhones et iPad depuis des années. Terminé donc dans les années à venir des Mac à base de CPU X86 Intel au profit de processeurs Apple – même si des Mac Intel sont encore prévus dans les prochains mois.

Pour le moment, on ne sait pas quels modèles seront concernés par cette transition en premier. Les rumeurs évoquent le Macbook Pro 13″ et le futur nouvel iMac. Beaucoup pensaient que ça serait plutôt le Macbook standard mais il semblerait qu’Apple soit bien plus ambitieux et confiant de la puissance de ses processeurs AX. D’ailleurs, toutes les démos de MacOS Big Sur – le prochain MacOS à sortir à l’automne – tournaient en fait sur un Mac à base de processeur AX. Si Apple ne l’a pas officiellement confirmé, on peut supposer que MacOS et les applications déjà adaptées tournaient sur le Mac Mini architecturé autour d’un A12Z – le même SoC du dernier iPad Pro – avec 16Go de Ram et un SSD de 512Go. Pourquoi je pense cela? Tout simplement parce que ce Mac Mini est proposé aux développeurs voulant commencer à travailler sur la transition. De là à penser que le Mac Mini pourrait être aussi un des premiers Mac à passer aux processeurs AX…

Quel intérêt ?

Pour beaucoup, ce genre d’informations n’est pas très parlant. Pourtant, ce que prépare Apple est tout simplement une fondation commune à tous ses appareils simplifiant énormément le travail des développeurs tout en leur offrant une communauté colossale. En effet, avec une seule version de leur application, ils peuvent le vendre aux possesseurs de ces futurs Mac ARM, des iPhones et des iPad. Cela fait plusieurs centaines de millions d’utilisateurs à travers le monde. Autant vous dire que d’un point de vue business, c’est un attrait irrésistible.

Dès le premier jour, tout Mac basé sur un processeur AX d’Apple pourra faire tourner toutes les applications et les jeux disponibles sur iPhone et iPad (pour peu que les développeurs gèrent un peu des systèmes de contrôle dans certains cas). Cela signifie que dès le premier jour, les Mac ARM auront accès à toute la logithèque iOS. Si certains titres pourront nécessiter un peu de travail de la part du développeur, la facilité à adapter pourrait pousser nombre d’entre eux à faire le travail pour toucher encore plus de public.

Vous voyez où je veux donc en venir. Les Mac pourraient enfin être considérés comme des machines au potentiel ludique important. Les hardcore diront que ce ne sont que des « petits jeux » et qu’on n’aura pas droit aux superproductions. Toutefois, l’avenir du jeu vidéo – en fait dès à présent – est tiré en avant par le jeu sur mobiles tous ayant une architecture basée sur un CPU ARM. Autant vous dire que placer le Mac dans le même marché – d’un point de vue technique évidemment – lui donne accès non seulement à un catalogue gigantesque mais aussi à un très grand nombre de développeurs capables pour beaucoup de produire des titres de tout premier plan.

En gros, le jeu vidéo se divisera en 2 principales branches : la première architecturée autour de processeurs X86 que ce soit le PC ou les consoles de salon comme les PS4, PS5, Xbox One et XSX et de l’autre les appareils architecturés autour de processeurs ARM tels que tous les appareils Android et tous les appareils Apple puisque ses processeurs AX utilisent l’architecture ARM mais retravaillé et customisés par Apple pour ses usages et la Switch. J’oublie volontairement la branche cloud gaming qui fonctionne également sur la plateforme X86.

Pour tous les programmes et jeux Mac Intel, Apple a préparé la technologie Rosetta 2 qui correspond à une sorte d’émulation pour les développeurs qui ne veulent pas faire l’effort de rendre leur application native moyennant un peu de travail – l’histoire de quelques jours selon Apple. Mais là où Microsoft a échoué, Apple semble avoir parfaitement réussi à faire tourner du code X86 sur ses processeurs ARM à la vue des démos visibles dans le stream. Outre des titres natifs démontrant le potentiel des Mac ARM comme la démo d’un logiciel aussi lourd que Final Cut Pro X tournant sans problème, Apple avait montré une petite démo de Shadow of the Tomb Raider version Mac Intel tournant correctement en mode « émulé » grâce à la technologie Rosetta 2. Plus cocasse, le Mac ARM fait mieux en framerate qu’un Macbook Intel avec GPU Intel. De même, Apple s’est permis une petite démo de Maya, logiciel d’image de synthèse tournant sur Mac ARM via Rosetta 2 donc non optimisé et cela semblait plutôt fluide et convaincant.

Evidemment, ce ne sont que des démos et il faudra voir de visu ce que cela peut donner sur nombre d’applications et de jeux si les développeurs ne font pas créer des versions universelles qui tourneront indifféremment sur Mac ARM que sur Mac Intel. Le passage à des applications et jeux uniquement en natif Mac ARM prendra quelques années le temps que le public bascule majoritairement. Cela avait été le cas lors du passage PowerPC vers Intel. Ce sera encore le cas pour le passage Intel vers ARM.

Je tiens à noter que lorsqu’on parle de processeur AX d’Apple, il faut comprendre qu’il s’agit d’un SoC (System on a Chip) qui englobe aussi bien un CPU, un GPU et d’autres co-processeurs gérant divers aspects d’une machine. Apple a travaillé depuis des années à optimiser ses processeurs pour son usage dans ses appareils mobiles. L’équipe en charge travaille depuis déjà un moment sur des versions destinées aux Mac qui offriront certainement des performances supérieures à ce qu’on trouve sur les iPhone et iPad compte tenu des usages. L’arrivée de processeurs AX notamment sur les Macbook devrait donner un sacré boost. Ces derniers intègrent depuis des années les GPU Intel qui sont – avouons-le – des clous. Il faut bien souvent opter pour la gamme pro pour bénéficier de GPU AMD dédié pour offrir des performances acceptables sur certains usages.

Là où d’autres constructeurs – mobiles ou informatiques – doivent jongler avec des technologies de fournisseurs dont les roadmap sont définis de manière disons générique, Apple pourra développer les technologies en fonction des besoins, des objectifs, des innovations prévues, etc. La force des produits Apple – outre l’image de marque et le marketing – repose sur l’intégration étroite entre hardware et software. Les iPhone sont ainsi sur le papier inférieur aux Android équivalents et pourtant ils restent souvent plus performants grâce à une optimisation accrue là où un Samsung, un Huawei doivent utiliser des technologies de fournisseurs comme Google pour le système Android et Qualcomm pour le CPU/GPU et tenter d’y ajouter leur « touche personnelle » par-dessus.

Conclusion

S’il y a bien une compagnie capable de faire une telle transition c’est Apple. Ils l’ont déjà fait et l’avaient parfaitement réussi. Un tel changement n’est vraiment pas une chose facile et présente surtout énormément de risque mais Apple, la compagnie la plus riche au monde, a les reins solides. Un tel passage présente toutefois pas mal d’avantages. Apple ne dépendera plus de fournisseurs et donc de leur bon vouloir ou leur capacité à innover, à progresser. En ayant les composants les plus importants fait maison, Apple pourra optimiser le hardware et le software dans les directions définies par eux-mêmes. L’autre intérêt est financier puisque le fait maison permet une plus grande maîtrise du coût et vous pouvez être sûr que les processeurs AX coûtent moins cher que les Intel.

Apple fait un sacré pari mais au final, cette transition va leur permettre une grande liberté de développement des produits existants et de nouveaux produits. Smartphones, tablettes, montres, ordinateurs et prochainement lunettes AR, la technologie des processeurs maison d’Apple a été décliné à bien des usages avec des optimisations importantes. Pour sûr, les ingénieurs d’Apple préparent des processeurs destinés aux ordinateurs qui pourraient bien jeter un gros pavé dans la mare dans le domaine de l’informatique personnelle voire professionnelle dans les années à venir. A suivre donc…

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu'il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d'éditeurs et de sites web. Gamer sans être un hardcore, Michel joue à un peu tout même s'il a une préférence pour l'action. Actuellement, il écume Star Wars Jedi Fallen Order, Death Stranding et reste sur Destiny 2 Bastion des Ombres.

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