Quel système de stockage choisir pour les PS5, XSX et XSS?

Quel système de stockage choisir pour les PS5, XSX et XSS?

Dans quelques semaines, certains d’entre vous auront une console next gen : PS5, Xbox Series X ou Xbox Series S. Et comme vous le savez, ces nouvelles machines changent la donne en raison de leur système de stockage inédit sur consoles : les SSD. Cet article va me permettre de vous expliquer les différents supports de stockage disponibles et comment optimiser votre stockage et faciliter la transition.

Si vous ne le savez pas encore, la PS5 possède en interne un SSD de 825Go. La Xbox Series X possède 1To de SSD et la Xbox Series S 512Go. Ces SSD sont directement soudés à la carte mère des consoles afin d’être au plus près du CPU et du GPU pour des taux de transfert élevés. Mais leur capacité risque de s’avérer rapidement insuffisante compte tenu de la taille des jeux. Sony et Microsoft ont prévu des possibilités d’extension du stockage.

Sur PS5, à l’intérieur, Sony a placé un connecteur pour SSD M.2 NVMe PCIe 4.0. Ce format standard qui va commencer à se généraliser dès cet hiver est capable de délivrer des taux de transfert énormes (aux alentours de 7Go/s soit au-dessus des 5,5Go/s requis par la PS5). Si le prix reste pour le moment élevée (250€ pour 1To environ), les prix vont baisser au fil des mois puisqu’il s’agit d’un standard également utilisé par le monde PC.

Côté Microsoft, les XSS et XSX bénéficient d’un port propriétaire externe situé à l’arrière de la console. On peut y enficher des SSD Seagate à ce format propriétaire. 1 To coûte dans les 270€. Toutefois n’étant pas standard, et pour le moment sans concurrence puisque seul Seagate en propose, le prix risque de ne pas baisser rapidement. Ces « cartes » ont cependant l’avantage d’être facile à changer si avec le temps vous finissez par en avoir plusieurs.

Pourquoi ces solutions sont aussi chères ? Tout simplement parce qu’il faut de telles solutions pour faire tourner les jeux spécifiques aux PS5 et XSX/XSS. Maintenant, est-on obligé d’en passer par là ? N’y a-t-il pas des solutions moins onéreuses ? Oui, mais…

Un rappel sur les types de disques durs

Tout d’abord, un rappel pour celles et ceux qui n’ont pas suivi. Les PS4 et Xbox One ainsi que les PS3 et Xbox 360 utilisaient tous des disques durs traditionnels dits mécaniques. Ceux-ci fonctionnent avec des plateaux et une tête de lecture (voire plusieurs) qui se balade sur les plateaux pour lire ou écrire des données. L’avantage est leur coût relativement faible mais leur temps d’accès et la vitesse de lecture/écriture désormais trop lente pour la quantité de données qu’on manipule tous les jours aussi bien dans le travail que dans les loisirs numériques dont le jeu vidéo.

Depuis quelques années, on a vu l’avènement du SSD (Solid State Drive) qui est en gros un disque dur sauf qu’en lieu et place des plateaux, on a de la mémoire. Ce ne sont pas les mêmes types de mémoire que la RAM d’un ordinateur mais le fonctionnement est dirons-nous similaire. L’avantage d’un tel système est sa vitesse de lecture/écriture et le temps d’accès bien plus rapides que le disque dur traditionnel. Malheureusement, cette vitesse a un prix, aisément du simple au double pour la même capacité. Et à l’instar de ce qu’on a eu avec les disques durs mécaniques, il existe plusieurs vitesses de SSD en fonction de la qualité de la technologie utilisée, des contrôleurs et des interfaces. Je vais essayer d’être assez clair sans trop entrer dans l’aspect technique.

Le monde du SSD grand public peut être segmenté en deux types : les SSD SATA et les SSD M.2 NVMe. Le premier se présente généralement sous la forme d’un disque dur de 2,5 pouces qu’on peut placer dans un PC ou dans un boitier externe USB. Le second se présente sous la forme de petites cartes qu’on enfiche dans des ports prévus à cet effet généralement à l’intérieur des machines et notamment sur les cartes mères. Il est toutefois possible des les brancher dans des boîtiers USB ou Thunderbolt dédiés mais on ne bénéficie pas de leur vitesse maximale.

Le joyeux monde des USB

Avant d’aller plus loin, je tiens à vous rappeler qu’il ne faut pas confondre les connecteurs USB-A (le plus répandu), USB-C (le plus moderne) et l’interface USB 3.0, 3.1, 3.2, etc. Ainsi, ce n’est pas parce que vous avez un port USB-C que c’est forcément de l’USB 3.0 et supérieur. Bref, on peut remercier l’organisme USB de n’avoir pas su trouver une nomenclature claire et précise.

Autre précision, toujours pour faire simple, l’organisme USB a décidé de nommer l’interface USB 3.0 en USB 3.1 Gen 1 et maintenant en USB 3.2 Gen 1×1. De même l’USB 3.1 Gen 2 est devenu USB 3.2 Gen 2×1. Autant vous dire que lorsque vous chercherez du matériel USB, il va falloir vous souvenir de ces appelations « à la noix ». Et pour simplifier encore le tout, le même organisme préconise des noms marketing de ces formats comme suit :

USB 3.0 = USB 3.1 Gen 1 = USB 3.2 Gen 1×1 = SuperSpeed USB 5Gbps

USB 3.1 Gen 2 = USB 3.2 Gen 2×1 = SuperSpeed USB 10Gbps

Honnêtement pour faire simple, regardez TOUJOURS le débit annoncé par les constructeurs des périphériques. De nos jours, si vous prenez du matériel récent, vous avez principalement deux vitesses de transfert via les ports USB : 5Gbps ou 10Gbps. Il se peut que certains ports soient encore en USB 2.0 aussi nommé HiSpeed USB dont la vitesse est bien moindre (480Mbps)

Et pour encore être plus clair, le marketing utilise surtout le terme Gbps qui correspond en fait à gigabits/seconde et non ce qu’on connaît habituellement à savoir gigaoctets/seconde. Un octet représentant 8 bits, les 5Gbps correspondent en fait à 625 Mo/s et les 10Gbps correspondent à 1250Mo/s soit 1,25Go/s. Ce sont évidemment des taux de transfert théoriques. En réalité l’USB 5Gbps atteint plutôt les 500Mo/s.

Maintenant que vous savez cela – et que j’espère que vous avez compris – sachez donc que la PS5 possède 2 ports USB-A à l’arrière type SuperSpeed USB 10Gbps et un port USB-C en frontal également 10Gbps. Elle possède également un port USB-A HiSpeed ce qui équivaut à ce qu’on appelait auparavant USB 2.0 avec un débit de 480Mbps soit 60Mo/s. Ce dernier servira surtout pour connecter des hubs, des accessoires, des périphériques qui ne nécessitent pas trop de vitesse (pad, casque audio, etc.).

Sur les Xbox Series X/S, Microsoft annonce uniquement des ports USB 3.2 sans donner d’indication quant à la vitesse. On va donc supposer que ce sont des USB 5Gbps car sinon Microsoft aurait clamé haut et fort le 10Gbps explicitement.

Les solutions de stockage que je vais vous évoquer ci-dessous reposent tous sur des boîtiers externes USB dans lesquels on peut insérer un disque dur 2,5″ ou un SSD. La majorité de ces boîtiers actuels sont USB 3.X avec un connecteur SATA3. Pour une vitesse optimale, optez pour des boîtiers SuperSpeed USB 10Gbps. Pour optimiser votre budget, voici donc les solutions de stockage que je vous conseille en fonction des contenus.

 

Des disques durs mécaniques pour le stockage des jeux ancienne génération

Les PS5 comme les XSX/XSS sont capables par défaut de lire les disques durs externes respectivement des PS4/PS4 Pro et des Xbox One/Xbox One S/Xbox One X. De ce fait, vous pouvez parfaitement utiliser des disques durs mécaniques en USB 3 pour stocker vos titres de l’ancienne génération que vous voulez jouer sur les consoles next gen. Vous n’aurez évidemment pas l’avantage des temps de chargement réduit grâce au SSD mais sur d’anciens titres cela n’est pas si gênant que cela. On s’y était fait non ? Rien n’empêche de déplacer un jeu ancienne génération sur le SSD interne de la console next gen mais évidemment cela prendra un peu de temps – voire beaucoup de temps en fonction de la taille du jeu. En tous les cas, l’avantage de cette solution est son coût beaucoup plus accessible. Un disque dur externe USB de 1To c’est dans les 50€. On trouve même des 4To pour moins de 100€. Et si vous en avez déjà qui traîne chez vous, il suffit éventuellement d’acheter un boîtier USB et le mettre dedans pour le brancher sur la console.

C’est la solution que je vous conseille pour préparer la transition d’ailleurs. Ainsi, pour ne pas perdre du temps, vous pouvez dès à présent utiliser un disque dur externe, déplacer tous vos titres PS4 ou Xbox One dessus. Vous y aurez ainsi accès immédiatement à l’allumage de la console next gen en vous connectant sur le même compte PSN/Xbox Live. Et en attendant, vous pourrez toujours jouer à ces jeux sur votre console actuelle sans problème.

J’ai personnellement opté pour cette solution. J’ai ainsi déplacé tous les titres PS4 que j’ai besoin sur un disque dur externe 2,5″ de 4To et j’ai fait de même sur ma Xbox One X avec un disque dur externe 2,5″ de 2To. Mes disques internes n’ont plus rien dedans mis à part le système. J’oublie volontairement les disques durs externes 3,5″. Ceux-ci fonctionnent également mais ils sont moins pratiques car nécessitant une prise électrique supplémentaire, les 2,5″ étant eux alimentés par le port USB des consoles. Mais si vous en avez qui trainent chez vous, vous pouvez vous en servir avec un boîtier ou avec un dock USB.

Des SSD 2,5″ pour le stockage des jeux next gen

Les SSD SATA 2,5″ ont fortement baissé de tarif ces dernières années. On peut ainsi trouver des SSD 1To pour 100€ environ. J’ai même récemment acheté lors d’une promo un SSD 2,5″ de 2To pour 150€ environ. Cela reste évidemment plus cher que les disques durs traditionnels mais ils proposent des vitesses plus rapides. Toutefois, il faut savoir qu’ils ne peuvent en aucun cas aller concurrencer les SSD M.2 utilisables avec la PS5 ou les cartes propriétaires Seagate utilisées par les XSX/XSS. La raison ? L’interface SATA. A l’heure actuelle, l’interface SATA 3 permet du 6Gbps soit 750Mo/s. De ce fait, peu importe la vitesse du disque que vous mettrez dans un boîtier USB à l’interface SATA, vous ne pourrez allez plus vite. Et évidemment dans le cas où votre boîtier USB est limité à 5Gbps, la limite sera plus bas soit 625Mo/s. Dans la réalité les vitesses d’écriture et lecture sont moindres. Dans l’ensemble, les SSD 2,5″ SATA proposent dans les 500Mo/s en écriture et lecture. C’est toujours mieux que les disques durs mécaniques qui vont généralement environ 3 fois moins vite.

Les SSD 2,5″ restent une bonne solution avec un coût acceptable. Son intérêt ? Ce n’est pas tant pour stocker les jeux de l’ancienne génération mais plutôt les jeux de la nouvelle. Pourquoi ? Compte tenu du rapport vitesse/prix, ces SSD 2,5″ permettent de transvaser assez rapidement un jeu PS5 ou XSX/XSS vers le SSD interne lorsque vous en avez besoin et inversement. C’est toujours bien mieux que devoir retélécharger l’intégralité d’un jeu sur les stores. Par contre, il est impossible de jouer à des jeux next gen directement dessus. Leur vitesse est insuffisante pour la PS5 et les XSX/XSS.

C’est donc une solution de stockage lorsque vous commencerez à manquer de place sur les SSD internes des consoles next gen. C’est un bon compromis.

Une limitation aux disques durs mécaniques et aux SSD 2,5″ externes toutefois. Si vous patchez le jeu PS4 ou Xbox One vers la next gen, il est fort probable que vous soyez dès lors obligé de déplacer l’intégralité du jeu sur le SSD interne. Le jeu ne tournera pas autrement. C’est en tous les cas ce qu’on peut supposer. Il faudra attendre l’arrivée des consoles pour vérifier de visu.

Ces solutions sont selon moi optimales pour un rapport vitesse/taille du stockage/prix intéressant. Evidemment, la solution idéale en terme de performance est d’opter pour les SSD M.2 haute performance côté PS5 et les cartes SSD propriétaires côté XSX/XSS. Toutefois il est difficile de justifier leur coût pour somme toute un usage encore limité. A moins que vous soyez du genre à jouer simultanément à une dizaine de jeux next gen et que vous ne voulez pas perdre du temps à transvaser, opter pour ces supports de stockage ultra-rapides n’est pas à conseiller à l’heure actuelle. D’ici un ou deux ans, lorsque les prix auront bien baissé, alors il sera temps d’opter pour ces SSD hautes performances.

MàJ : Au moment de la sortie, la PS5 ne permet pas de déplacer un jeu PS5 du SSD interne vers un disque externe. C’est une lacune assez curieuse qu’on espère Sony corriger dans une mise à jour firmware.

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu'il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d'éditeurs et de sites web. Gamer sans être un hardcore, Michel joue à un peu tout même s'il a une préférence pour l'action.

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