Gear Club Unlimited 2 – Le plein de super mais ordinaire

Switch Tests

Après avoir fait ses premiers tours de circuits sur les smartphones carburant à Android et iOS, la franchise Gear Club s’installe un peu plus confortablement sur Switch ! Ainsi Eden Studios dégaine un second opus qui s’invite juste avant les fêtes de fin d'année, laissant un léger sentiment d’inachevé.

Sur Switch, les amateurs de simulations automobiles rongent leurs freins ! Faute d’équivalents aux franchises Forza ou Gran Turismo, ils vont devoir se tourner vers un second “épisode” de Gear Club Unlimited. Un jeu de course lorgnant plus vers l’arcade que vers la simulation pure et dure. Dommage ! Si le nom du studio Eden Games ne vous est pas familier, sachez pourtant qu’il a planché par le passé – pour le compte d’Infogrames puis Atari – sur des franchises comme  V-Rally et Test Drive Unlimited. Des jeux de courses incontournables qui ont laissé d’excellents souvenirs aux possesseurs de PlayStation comme à ceux de Xbox 360 et PlayStation 3. D’ailleurs on aurait aimé que Gear Club Unlimited 2 descende en droite ligne de TDU. Malheureusement, et contrairement à The Crew, il est loin d’en être l’héritier légitime !

En matière de modes de jeux, le titre offre soit de se lancer à la conquête du mode solo ou de participer à des courses en multijoueur sur vingt-quatre “circuits” (en écran splitté, réseau local ou internet). Oubliés les éventuelles épreuves de Time Trial et autres courses personnalisées aux petits oignons praticables en solitaire ! Le solo permet ainsi de se frotter uniquement à un mode carrière constitué de successions de courses en exhibition ou de championnats. Ces derniers imposent de se hisser au sommet d’un classement général en enchaînant différents types d’épreuves (contre la montre, contre un pack de onze adversaires ou élimination). Si les courses sont disséminées aux quatre coins d’un monde constitué de quatre types d’environnements (désert, montagne enneigée, bord de mer, vallée automnale…) , elles se sélectionnent hélas par l’intermédiaire d’une simple carte routière. Pas question d’arpenter un monde ouvert à toute berzingue en quête de challenges comme c’était le cas dans Test Drive Unlimited ! Entre chaque course ou menu, Gear Club Unlimited 2 inflige de se manger des temps de chargements horriblement longs ! Pénible pour un jeu qui tient pourtant sur une cartouche. Et puis ravalez vos espoirs de débuter votre carrière de pilote au volant d’un bolide de rêve comme une Bugatti ou une Porsche ! Préparez-vous plutôt à remporter vos tout premiers galons à bord d’une Mini Cooper. Cette petite bagnole sans prétention peut gagner en nervosité et en adhérence en changeant des éléments comme le moteur, la transmission, les pneumatiques et les suspensions dans un atelier accessible entre deux courses en échange de derniers remportés au fil des victoires. Notez que la vaillante Mini (comme les autres bagnoles du jeu) peut être configurée pour les épreuves de rallye, aux sorties de routes fréquentes et terrains bosselés, dans un atelier spécifique. Naturellement l’argent peut être aussi utilisé pour obtenir au fur et à mesure du Mode Carrière de nouveaux véhicules, plus rapides mais pas forcément plus “maniables”. En effet les quelques cinquante voitures du jeu selon qu’elles soient à traction ou propulsion peuvent sous-virer voire survirer, éprouver des peines à aborder un virage en épingle à cheveux ou partir en tête à queue. Gare, à la moindre erreur de pilotage, les concurrents contrôlés par l’IA, prennent le large ! Les fourbes !

Il a beau jouer la carte de l’arcade débridée, Gear Club Unlimited 2 n’en reste pas moins exigeant. Si l’on prend du plaisir à foncer pied au plancher, dépasser un pack de concurrents avec maestria, on enrage à la moindre collision ou erreur de pilotage qui nous fait finir à coup sûr dans une glissière ou barrière de sécurité. Histoire de ne pas obliger le pilote à recommencer la course au premier faux pas, le titre offre heureusement quelques aides à la conduite plus ou moins utiles, mais le plus souvent bienvenues. En sus des inévitables trajectoires et vitesses idéales (bêtement suivies par les bagnoles contrôlées par l’IA), Gear Club Unlimited 2 offre aussi de profiter d’un freinage automatique, d’une direction assistée et d’une aide à la stabilité lors des virages. Et si cela n’était pas suffisant, pour rester ou revenir dans la course, le jeu offre aussi – du moins en solo – de remonter légèrement le temps pour éviter une collision avec un concurrent ou aborder un virage de manière optimale. Un bon moyen d’épargner au pilote des crises de nerfs, en revanche l’ennui émerge des paddocks assez rapidement. La faute au solo certes long et complet, mais répétitif et aux “circuits” constitués d’éléments redondants ! Selon l’environnement, les tracés imposent de foncer à toute vibure dans des tunnels et dans des ronds-points aux allures de chicanes ou à enchaîner quelques virages en épingles à cheveux. Des gimmiks qu’on retrouve à chaque circuits (ou presque) et qui laissent une impression de déjà-vu. Dommage, les sensations grisantes comme le fun étaient pourtant de la partie.

Techniquement, la dernière production d’Eden Games, sans tutoyer la perfection, reste jolie et soignée. Ainsi les modélisations des carrosseries des différentes voitures sont impeccables et les capots reflètent les environnements de façon minimaliste mais convaincante. Quant aux textures au sol, elles sont assez détaillées et magnifiées parfois par le soleil rasant. S’il propose des courses de jour, notez que les épreuves peuvent aussi se dérouler de nuit, offrant du coup des effets d’éclairages (de phares) réussis. La distance d’affichage s’avère parfois assez ahurissante mais trop rares sont les moments où la route s’étend à perte de vue. Quelques regrets viennent ternir un peu le tableau. Tels l’omniprésence de l’aliasing, les décors en bordure de route manquent parfois de variété au niveau des textures, et ils souffrent en sus de l’absence de fioritures. Comprenez que Gear Club Unlimited 2 a beau offrir des effets d’éclairages et d’optiques somptueux, on aurait aimé voir des effets climatiques changeants en cours de course et aussi davantage d’effets de particules et des animations de part et d’autre de la piste. Hélas ! L’ensemble reste trop monolithique (pour ne pas dire sinistrement mort) et il faut vraiment être à l’arrêt pour enfin percevoir les arbres ou la végétation se balancer au “gré” du vent. Terminons enfin ce tour du propriétaire en précisant que le jeu est jouable à l’aide du stick analogique, des touches directionnelles ou encore par le biais du gyroscope. La meilleure option reste le Pro Controller officiel de la Switch qui offre un meilleur confort de jeu. Précisons aussi que côté musiques, à part celles du menu principale, le jeu (aux textes intégralement en français) se cantonne à nous offrir le doux rugissement des moteurs et les crissements des gommes sur l’asphalte lors des courses. Les amateurs de belles mécaniques apprécieront sans doute cette “douce” symphonie, à moins qu’un patch vienne prodiguer une BO – souhaitons-la éclectique – qui fait quand même défaut !

Réussi dans l’ensemble mais sans surprise, Gear Club Unlimited 2 est – à l’heure où ces lignes sont écrites – un tantinet inachevé. Faute de multi online, il vous faudra de la persévérance pour vous frotter à son solo long et mal (voire pas) rythmé et patienter jusqu’à une prochaine mise à jour pour jouer gratuitement en ligne. Un bon point. Au final c’est un jeu de course sympathique et incontournable par défaut, faute de concurrents sérieux sur Switch.

Good

  • Assez joli sans être exceptionnellement beau
  • Une animation fluide
  • Des bagnoles de rêve

Bad

  • Des environnements assez morts
  • Des temps de chargements longuets
  • Pas de monde ouvert, de l’arcade trop oldschool
6.8

Correct

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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