It Takes Two – Poupées de cire, poupées de son…

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Certains concepts traversent les générations de consoles et sont recyclés à l’envie par les développeurs. Par contre quand c’est le même créateur qui s’y colle pour la troisième fois on peut se demander s’il n’y a pas une légère panne d’inspiration du côté de Stockholm. Test super express...

Pour mémoire, It Takes Two descend en droite ligne des précédentes productions de Josef Fares : créateur multi-casquette cinéaste, scénariste et réalisateur de jeux. Le bonhomme au CV vidéoludique succint mais respectable nous avait captivé par l’épopée larmoyante de deux frangins dans l’excellent Brothers Tales of Two Sons, la seconde fois, il invitait à suivre la cavale palpitante de deux potes dans le très sympathique A Way Out. Comme disait si bien mon regretté grand-père “jamais deux sans trois”. L’adage se vérifie avec la sortie du troisième titre de Josef Fares. Oublié le duo de taulards badass, It Takes Two est un jeu d’action/plateforme/réflexion qui lorgne plutôt du côté de l’aventure familiale ! Et il s’agit cette fois de suivre l’épopée hallucinée d’un couple au bord de la rupture. Une légère variation dans le thème où nos héros -humains – ,  Cody et Mary, incarnent deux minuscules figurines dans un univers grandeur nature.

Une fois encore, il s’agit de contrôler deux personnages. Non pas comme “Brothers” qui permettait au joueur d’employer simultanément les deux héros, mais plutôt à l’instar de A Way Out la coopération est de rigueur, et deux joueurs indispensables. En local ou en ligne, l’écran splitté permet de garder un oeil sur son coéquipier, et de le guider dans les actions lorsqu’il se retrouve bloqué. Et inversement. Loin de se limiter à des successions de plateforme sautillantes fun et enrichies en sensations fortes, le titre lorgne aussi du côté de la réflexion et ne se prive pas d’offrir en sus quelques séquences d’action explosives, de shoots détonantes voire de castagne. It Takes Two varie les plaisirs et modifie le gameplay à chaque changement de monde, en octroyant aux deux avatars des armes/compétences différentes mais complémentaires. De plus le titre possède également quelques mini-jeux (façon tape-taupe, shoot de cibles…) pour permettre aux joueurs de décompresser entre deux séquences de plateforme bien intenses. Une bonne façon de ne jamais s’ennuyer ! Du moins en théorie car on passe parfois à côté de ces challenges pour embrayer plutôt vers la suite du niveau. On ne peut qu’être parfois exaspéré par le scénario sirupeux, dégoulinant de bons sentiments, qui s’incruste sans vergogne dans une aventure délirante, digne d’un Conker’s Bad Fur Day (ou Conker’s Live and Reloaded si vous jouez sur Xbox). Si le dernier titre de chez Hazelight possède des qualités inédites ou héritées de ses deux prestigieux prédécesseurs Il est également flanqué de défauts très urticants. Citons par exemple l’absence de Matchmaking qui permettrait de rejoindre une partie en ligne avec un joueur lambda. Le titre impose de se trouver un pote disponible (en ligne ou en local) pour s’y adonner obligatoirement en coop. En ligne le titre ne s’est pas montré d’une stabilité exemplaire et a infligé des problèmes de synchronisations. Les actions exécutées par mon co-équipier n’étaient pas visibles /matérialisées sur mon écran. Un problème de synchro qui empêchait aussi l’apparition d’un boss. Rageant puisque l’on jouait tous les deux sur Xbox Series X ! Pour terminer sur une note positive, vos potes ne peuvent pas prétexter qu’ils n’ont pas acheté le jeu pour se joindre à l’aventure ! Comme A Way Out le titre dispose d’une version “limitée”, mais gratuite, qui permet de rejoindre une partie hébergée par un joueur qui dispose de la version complète du jeu. Une initiative toujours sympathique mais qui nécessite d’avoir un volontaire un brin curieux à portée de pad. 

 

Comme dit un peu plus en amont, It Takes Two a été testé sur Xbox Series X. Le moins que l’on puisse dire c’est que le jeu est flanqué d’une réalisation assez inégale. Tantôt le titre dispose de splendides cinématiques où les personnages paraissent détaillés, d’autre fois les cinématiques ingame moins flatteuses laissent apparaitre des protagonistes inexpressifs aux modélisations trop simplistes… pour rester poli. Heureusement, le plus souvent, l’Unreal Engine en met plein la vue notamment par des environnements gigantesques, aux textures et effets de lumières soignés. Pas forcément au niveau d’une console de dernière génération, le titre ayant été pensé pour les PS4 et Xbox One avant tout, mais ce mix (spirituel) de Toy Story et Conker est franchement joli et choupinou. En variant les plaisirs – comprenez les gameplays – le titre modifie les angles de caméras et souffre parfois d’un certain manque de visibilité, aussi dû à une fenêtre de jeu verticale pas toujours hyper pratique. Loin d’infliger un challenge punitif, le jeu offre un nombre de tentatives illimitées tant que le coéquipier reste en vie ou oblige à recommencer l’épopée depuis un checkpoint situé non loin de là. En ce qui concerne la bande-son, celle de It Takes Two m’a un peu rappelé celle des films (comme Chéri J’ai Rétréci les Gosses…) de ma lointaine enfance. Pas mémorable donc, mais suffisamment convenable pour ambiancer les exploits spectaculaires de nos petits héros. Notez enfin que si le titre dispose de textes et menus en français, il oblige cependant à tendre l’oreille pour écouter les échanges de Cody et Mary – uniquement -dans la langue de Shakespear… hélas !   

Une épopée linéaire d’une dizaine d’heures qui exige coopération et coordination. Dans la veine des précédentes productions de chez Hazelight. Un titre sympa, bourrés de défauts mais attachant.

Good

  • Graphiquement ça a du charme
  • Une expérience à pratiquer en coop online ou local
  • Linéaire mais une durée de vie plus qu'honorable

Bad

  • Pas de “matchmaking”... pas de bot
  • Des perspectives déroutantes, un gameplay un peu approximatif
  • Des problèmes de synchros en online
7.5

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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