Megaman 11 – Par où t’es rentré ? On t’a pas vu sortir !

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Après avoir célébré en grande pompe le trentième anniversaire de Megaman, Capcom nous sort un onzième volet des aventures du petit robot de derrière les fagots. Pour être honnête celui-là on ne l’avait pas vu venir !

Rassasié par le test de la compilation Megaman X Legacy Collection sortie au début de l’été dernier, on ne s’attendait franchement pas à revoir le petit Rockman de sitôt. C’est bien mal connaître Capcom. Le papa des Megaman et autres Street Fighter n’hésite jamais – dans son infinie générosité – à remettre ses équipes au charbon pour nous livrer une énième déclinaison de ses Mega-hits. Gros bémol. Oubliez le contenu Pantagruélique de la compilation Megaman X, car Megaman 11 a davantage l’allure d’un épisode plus conventionnel comme on en trouvait à l’époque sur NES. Du moins de prime abord.

Ce onzième volet narre une énième fois le combat de Megaman contre les “créations” de l’affreux Docteur Wily. Pour l’occasion il revient aussi sur les raisons de la jalousie assez tenace entretenue par le savant fou envers le créateur de Megaman, le Docteur Light. Ce scénario qui tient sur deux lignes sert de prétexte à un énième épisode… qui n’oublie pas de se doter de nouvelles “mécaniques” de gameplay. Rassurés ? Megaman 11 se pose ainsi en digne successeur d’une saga initiée sur NES en 1987. Comme depuis ses débuts, notre petit androÏde doit vaincre une huitaine de robots renégats pour s’approprier leurs pouvoirs et prendre ensuite d’assaut la forteresse du docteur maboule. Difficile de faire plus classique, surtout que le titre boxe toujours dans la catégorie des jeux de plateforme 2D nerveux et énervants. Comprenez qu’il s’agit d’un run and gun nerveux et explosif. Toutefois il contraint le joueur à posséder des nerfs d’acier afin de réaliser des sauts millimétrés ou à se sortir in extremis de situations qui laissent bien peu de marge de manœuvre. Frustrant ? Indubitablement !

S’il fait feu de tout bois à l’aide de son Megabuster ou des différents pouvoirs hérités des boss, Megaman doit aussi employer avec parcimonie les capacités offertes par le système Double Gear. Les deux engrenages ont pour effet de ralentir le cours du temps ou d’augmenter la puissance des attaques. Ce genre de gameplay à “double vitesse” évoque furieusement Viewtiful Joe, du même éditeur. Dommage, le onzième volet des aventures de Megaman est bien moins délirant ! On retient surtout que ce système de Double Gear offre en ralentissant le temps de venir à bout de séquences plateformesques les plus épineuses. Notamment celles qui laissent un délai trop serré au joueur, en temps normal, pour parcourir des plateformes explosives ou atomiser des séries de blocs. En activant le Power Gear, la puissance des armes est décuplée. Ainsi la petite bombinette de base est transformée en une impressionnante mega bombe ou le léger coup de froid se mue en un puissant blizzard qui éradique tous les ennemis à l’écran… et il gèle même les flammes les plus ardentes : Souvenez-vous en ! Enfin, le titre permet de changer de forme à volonté – tant qu’il reste de l’énergie en réserve – sans avoir à passer par un quelconque menu, mais en la sélectionnant par l’intermédiaire du stick droit de la manette et une petite interface, qui sait se faire discrète.

Les niveaux des différents stages sont assez – pour ne pas dire trop – longs et ils imposent de venir à bout de deux “demi boss” avant d’affronter l’un des “huit” gardien de fin de level. Durant une demi-douzaine d’heures on retrouve un florilège de tous les pièges les plus classiques de la série (vides insondables, pointes acérées…) qui tuent instantanément notre robot préféré. En plus, les niveaux, qui regorgent naturellement d’adversaires, obligent aussi à composer à chaque fois avec des mécaniques (plus ou moins) inédites en rebondissant sur des ballons de baudruche, en tenant compte de rafales de vent lors des sauts ou en évitant d’exploser des ennemis qui éclairent les lieux. Afin d’être accessible au plus grand nombre et pas simplement aux fidèles de longue date comme aux pros de la plateforme, Megaman 11 a la bonne idée d’offrir différents modes de difficultés. Ils octroient davantage de réserves de vies au joueur et plus ou moins de dégâts sont infligés au héros lorsqu’il est touché par un ennemi. Un bon moyen de séduire les amateurs de jeux de plateforme débutants comme les plus chevronnés. Et histoire de relâcher un peu la pression, le titre permet de consigner la progression entre les niveaux : pratique, mais pas automatique !

Techniquement, Megaman 11 a troqué la 2D “d’antan” et les gros pixels baveux contre un rendu en 2,5D simple mais efficace. De la 3D cell shadée vue de profil, cartoonesque à souhait, l’illusion est vraiment parfaite. Rockman comme les ennemis s’intègrent ainsi parfaitement aux arrières plans en 3D qui sont assez détaillés et le rendu est coloré. Visuellement, ce onzième épisode de Megaman, se rapproche de ses lointains cousins de la série des Megaman X, les plus récents bien sûr, mais en offrant un rendu incomparablement plus fouillé, et aussi un chara design qui ne manque pas d’allure et des effets graphiques mieux réalisés. Quant à l’animation, sur PS4, ça bouge bien ! Le jeu n’inflige pas de ralentissement, mais, la petite bête est plutôt à chercher du côté de la maniabilité. Même si les gens de chez Capcom proposent un titre jouable à la croix directionnelle comme au stick analogique, cela n’empêche pas à certains passages d’être parfois assez éprouvants pour les nerfs la faute à certains sauts ratés ou péniblement exécutés par notre bonhomme de fer. On a coutume de dire que la musique adoucit les mœurs, malgré une BO sympathique et souvent entraînante, ce jeu risque pourtant de tester les limites de votre patience. Du die and retry pur jus !

Megaman 11 présente tous les aspects d’un bon jeu d’action- plateforme nerveux, explosif… et énervant. S’il pêche par sa durée de vie courtaude, son prix tout doux, inférieur à 30€, devrait convaincre les amateurs du genre comme les nostalgiques de tenter le coup !

Good

  • Assez joli
  • Des mécaniques de jeu sympas
  • Un prix tentant

Bad

  • Un gameplay aux sauts millimétrés et chronométrés
  • Des niveaux un peu trop longs
  • Une maniabilité un tantinet rigide
7

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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