Resident Evil 3 – On compte jusqu’à trois ?

PC PS4 PS4 Pro Tests Xbox 360 Xbox One Xbox One X

Evidemment c’était prévisible ! Après avoir livré l’an passé un excellent remake du second vole qui s’est écoulé à plus de six millions d’exemplaires à travers le monde, Capcom ne pouvait qu’offrir au troisième opus de la célèbre franchise survivaliste de se faire une beauté. Pas de surprise ? Au contraire c’est une excellente nouvelle !

Par pur excès de flemme en cette période de confinement on pourrait vous inviter à relire tout simplement le test du second volet paru en janvier de l’an dernier. Ce remake du troisième volet a su conserver toutes les qualités de son prédécesseur afin de nous offrir une aventure plus que remaniée : magnifiée ! Comprenez par-là que des critères comme l’esthétique et le rythme collent davantage aux standards des productions actuelles. Merci de m’avoir lu. 8,5/10.

Vous êtes encore là ? Bon ok ! Pour ceux qui – comme moi je le confesse, à cause des caméras fixes – n’ont jamais accroché au troisième volet de la saga ou se sont arrêtés à la démo, sachez que la campagne solo de cet épisode se focalise, grosso modo, sur l’épopée de Jill Valentine quelques mois après les événements de Resident Evil. Passée une entrée en matière assez surprenante, inspirée de Resident Evil 7, l’action bascule vers une perspective plus traditionnelle à la troisième personne. À l’instar de l’opus précédent, l’action se déroule également à Raccoon City, avant (et pendant) les exploits de Claire Redfield et Leon Kennedy. Ainsi, le joueur est amené à visiter une partie (heureusement) du commissariat du RCPD ou crapahuter rapidement dans les égouts de la ville et à croiser des protagonistes vus dans RE2. Cette aventure paraît un tantinet moins labyrinthique et mieux rythmé. On ne s’éternise pas durant des plombes dans des lieux confinés à faire d’ennuyeux aller-retour, même si les joueurs les plus “appliqués” vont être récompensés de leurs efforts et obtenir des munitions supplémentaires, des pièces d’équipement ou des éléments pour améliorer les armes. Des petits “cadeaux” bienvenus qui sont loin d’être du luxe dans ce monde de brutes !


Sous ses airs de jeu d’action, Resident Evil 3 est avant tout un Survival Horror. Malgré l’utilisation à outrance de différents types de projectiles (explosifs ou enflammés) lors des confrontations dantesques face aux boss, le reste du temps on exulte un peu lorsqu’on dégotte une boite de munitions ou un spray régénérateur. De par un inventaire à l’espace assez limité, le jeu oblige à faire des choix et à se trimballer avec le strict nécessaire pour ouvrir des portes ou se guérir en cas d’attaque sournoises. Lors de nos pérégrinations, il s’agit d’aller un point A vers un point B en composant avec de nombreux imprévus – voies barricadées, portes verrouillées, nécessité de dénicher des clés… – et en croisant sur notre route un bestiaire enragé. S’il est possible d’éviter la plupart des combats en esquivant les attaques des ennemis par le biais d’une touche d’action dédiée, les joueurs les plus téméraires peuvent essayer de tenir tête aux hordes trébuchantes qui déambulent à travers les rues. Oubliez le combat rapproché au couteau ! Le poignard s’avère juste bon à casser des caisses en bois, voire à vérifier si un cadavre qui gît à terre est bel et bien mort. Quatre balles bien placées suffisent à mettre au tapis les mangeurs de cervelle, mieux encore, notez qu’un seul tir de fusil à pompe dans la caboche d’un mort-vivant calme largement les faims les plus dévorantes. Mais méfiez-vous. Les infectés tombés à terre après avoir encaissé quelques tirs de revolver feignent parfois la mort, pour croquer la guibolle de Jill ou se relèvent lorsque l’on a détourné le regard. Les fourbes ! En sus de faire face à des zombies on se retrouve aussi confronté à des chiens, différentes sortes de bestioles mutantes sorties des laboratoires d’Umbrella (Hunters, Hunters Bêta et Gamma, Lickers…) ainsi qu’à des araignées géantes et des infectés améliorés par le croque mitaine de ce troisième volet. Si Leon et Claire étaient harcelés par Mr X, cette fois Jill (et ses alliés de l’UCBS) sont régulièrement tyrannisés par Nemesis. Cet infecté surpuissant et défiguré n’hésite pas à pourchasser nos héros à “travers” la ville, à tirer sur notre chère Jill à coups de roquettes et à jouer régulièrement les boss de fin de niveau. Un antagoniste increvable donc détestable. Chacune des apparitions rappellent celles des bad guys dans les films – de séries B – les plus mythiques des années 80. Terminator on pense très fort à toi.


Comme dit un peu plus en amont de ce test, ce jeu a conservé la plupart des qualités de son prédécesseur. Tant dans le rythme qui offre une mise en scène explosive (avec quelques scènes bien scriptées), que dans les mécaniques de gameplay qui se montrent toujours aussi souples. Bien plus souples que ne l’étaient les épisodes d’origine. C’est d’ailleurs un peu déroutant de ne pas avoir à presser un bouton pour ouvrir une porte (et sans temps mort en plus) ou pour réaliser l’ascension d’une échelle. Pour le meilleur et pour le pire hélas ! D’ailleurs, il peut arriver qu’en poussant une porte, on réalise alors que deux Hunters sont enfermés dans la pièce mitoyenne. Alors que l’on tente de rebrousser chemin, rien ne les empêche de s’engouffrer dans la pièce dans laquelle on s’était réfugié en passant par la porte qui se referme doucement : vraiment frustrant ! Pour info, une grenade bien placée suffit à renvoyer le Hunter de base à son créateur. Cette mignardise explosive s’avère plus efficace que le fusil d’assaut, en effet, il faut vider deux chargeurs pour venir à bout d’un seul de ces bestiaux. Pour survivre à l’horreur, il va falloir réfléchir vite et bien … et économisez vos balles !


Loin d’être un simple portage Haute Définition comme Capcom en livrait déjà à l’époque de la Xbox 360 et PS3, Resident Evil 3 profite d’une réalisation intégralement remaniée. Oublié les angles de caméras fixes, les décors en trompe l’œil, le jeu bénéficie d’une splendide 3D en temps réel. Il utilise – comme son prédécesseur – le moteur RE ENGINE qui avait servi à nous filer les chocottes dès Resident Evil 7. Le résultat à l’écran est vraiment réussi. Les protagonistes comme les ennemis bénéficient de modélisations hyper soignées, et fin du fin, l’apparence des zombies et mutants changent à mesure qu’ils encaissent des dégâts. Du côté de notre avatar, faute de jauge d’énergie affichée à l’écran, la façon dont il se tient nous renseigne sur son état de santé. Il n’y a que sur PS4 et PS4 pro que l’information est affichée de manière plus ou moins visible, par le biais de la LED du gamepad de la Dualshock4 qui change du vert au rouge en passant par le jaune. Un petit plus sympathique réservé aux seuls possesseurs de PlayStation 4. Histoire de renforcer l’immersion dans cette nouvelle virée à travers Raccoon City, mieux vaut opter pour le port du casque… audio. Le titre dispose d’une bande-son bien sympa aux styles variés, mais surtout il offre des effets sonores délicieusement horrifiques qui vont vous coller les miquettes à coup sûr. Quel doux frisson d’entendre un zombie revenir à la vie dans un silence de mort ! Enfin signalons que cette troisième resucée de Resident Evil est également dotée de voix et textes intégralement en français. Alors prêts à survivre à l’horreur une nouvelle fois ?


On profite de cette fin de test pour vous parler brièvement de Resident Evil Resistance. Contrairement à ce que son titre laisse augurer, ce mode de jeu est loin de constituer -sans mauvais jeu de mot – le plat de résistance. En effet, cette aventure annexe est destinée à être pratiquée en mulitjoueur asymétrique en ligne. Comprenez qu’un maître de jeu place des pièges et différentes sortes de zombies et du mutants en travers de la route d’une équipe de quatre joueurs. Ces derniers doivent explorer des environnements, dénicher des items ou résoudre des énigmes, et survivre ensemble à des phases d’action bourrinnes : un peu trop d’ailleurs puisqu’elles virent au pugilat tant elles sont illisibles. Histoire de compliquer les choses, sachez qu’à l’instar du mode Mercenaries du RE3 d’origine, ces phases sont chronométrées et permettent de gagner du temps à chaque ennemi tué ou d’en perdre à chaque dommage ou mort reçu. En substance, il s’agit d’une sorte de remake multijoueur et brouillon du Mercenaries situé heureusement bien en marge de la campagne solo. L’intention était louable, l’exécution nous laisse un chouia perplexe.

Ce remake de Capcom réalisé avec maestria redonne un nouveau souffle à l’une de ses plus prestigieuses sagas. le lifting du troisième opus est une franche réussite, tant sur le fond que sur la forme. Les amateurs de jeux d’action horrifique peuvent craquer les yeux fermés. Une question subsiste : quel sera le prochain titre de la franchise Resident Evil à passer sur le billard ? Faites vos jeux rien ne va plus !

Good

  • Un moteur vraiment taillé pour cette génération de machines de salon
  • Nemesis ce méchant culte
  • Un titre intégralement en français
  • Une nouvelle perspective pour se (re)plonger enfin dans les aventures de Jill Valentine

Bad

  • Des méchants un peu trop câlins et simulateurs...
  • Un mode Résistance assez médiocre
8.5

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

Lost Password

Sign Up