Returnal – Une sale journée sans fin

Tests

Je suis un fan du boulot des finlandais de Housemarque et ça remonte à loin - à l'époque de l'Amiga et de leur Stardust ou Elfmania. Après une petite période un peu creuse à mon goût au début des années 2000, Housemarque a trouvé sa voie avec des titres soignés sur PS3 puis PS4 et maintenant PS5. Souvenez-vous de Dead Nation, Alienation, Nex Machina et mon favori Resogun. Ils touchaient tous des genres plutôt arcade avec une réalisation soignée. Avec ce Returnal, l'équipe prend plus de risque mais le résultat semble payant… pour les persévérants.

Même si tous leurs titres n’étaient pas parfaits, ils avaient tous une certaine personnalité et souvent un excellent gameplay. Les meilleurs exemples à mon goût étaient Nex Machina et le génial Resogun. Si vous ne les avez jamais testé, je vous les conseille. Leur approche de l’arcade assez old school modernisé par une réalisation qui peine à cacher leur passé de démomaker a de quoi séduire, en tous les cas me séduire. Mais jusqu’à présent, Housemarque s’était cantonné à des titres de moindre envergure. Avec Returnal, Housemarque passe au cran au-dessus et c’est plutôt réussi.

Returnal nous embarque dans une drôle aventure. Incarnant Selene, vous échouez sur la mystérieuse planète Atropos en voulant enquêter sur un signal tout aussi mystérieux nommé Ombre Blanche. C’est le point de départ de ce jeu d’action rogue-like. En effet, à l’instar de nombre jeux de ce genre, vous allez mourir… très souvent… encore et encore et revivre une variante de ce que vous avez vécu quelques minutes avant. En effet, Selene devra progresser à travers des environnements aux composantes fixes mais à l’agencement variable. De ce fait après chaque mort, le niveau en question change et vous oblige donc de l’explorer de nouveaux, résoudre divers petits puzzles et surtout combattre et survivre face aux ennemis. Et je ne vous parle pas du point le plus frustrant pour qui n’a jamais joué à ce genre de jeu : la perte quasi-totale de tout ce que vous aurez récupéré pour augmenter votre puissance de votre et vos capacités.
En effet, à chaque mort, vous allez vous retrouver à côté de votre vaisseau échoué sur la planète avec quasiment plus aucune compétence et un armement basique. Et à chaque fois, il faudra repartir de plus belle, scruter tous les environnements, looter ce que vous pouvez pour augmenter en puissance, etc. Autant vous dire que vous n’êtes pas un minimum persévérant, vous allez péter un câble très vite. Par contre, pour les fans de jeux plus difficiles, Returnal sera un plaisir un brin masochiste. C’est d’autant plus vrai qu’en plus des objets qu’on va qualifier de positifs, vous pouvez tomber sur des objets qui peuvent avoir des conséquences négatives sur votre héroïne. Côté arsenal, il va falloir les découvrir au fur et à mesure et en récupérer des versions toujours plus puissantes, tant que vous mourrez pas évidemment.

La structure du jeu est donc assez impardonnable. Toutefois, une fois que vous avez réussi à battre un boss signalant la fin de cette zone et offrant l’accès à la zone suivante, vous pouvez retrouver ce portail lors d’un autre run. Seul hic, ce portail peut très bien se retrouver juste dans la première salle à côté de votre site de crash ou plus loin et donc vous obliger à explorer un peu tout en combattant encore les ennemis. Mais avec l’expérience, les choses deviennent petit à petit plus facile.

Selene possède des compétences assez simples. Elle peut ainsi courir, sprinter, sauter et dasher au sol ou en l’air. Cela est suffisant pour éviter les tirs ou attaques ennemis ou atteindre certaines zones – le jeu possédant quelque salles secrètes à découvrir. Certaines salles nécessiteront que vous ayiez la clé adéquate. D’autres que vous utilisiez votre épée – attaque de mêlée – pour vous frayer un passage. Vous pourrez également utiliser un grappin pour atteindre des zones inaccessibles. Vous aurez aussi le dash pour passer à travers certains pièges, le dash vous rendant invincible pendant un court moment. Toutefois, certaines de ses capacités ne seront disponibles que lorsque vous les aurez découvertes en progressant comme l’attaque de mêlée ou encore le grappin. Compte tenu du gameplay plutôt speed – on finit par courir en permanence une fois qu’on s’habitue aux commandes – j’avoue que le DualSense manque de boutons. En effet, Returnal est le type même de jeu où des palettes sous le pad auraient été vraiment les bienvenues.

Technniquement, Returnal est un produit digne de son développeur. C’est propre, soigné avec de très jolis effets de particules. Le jeu tourne avec une fluidité vraiment agréable – quasiment en permanence à 60 images/seconde – et il faut bien l’avouer nécessaire dans ce genre. Bref, du gameplay à la Housemarque précis et rapide. Le contexte sonore est tout aussi bon et nous plonge dans les différents environnements en maintenant une certaine pression sur le joueur. La gestion du DualSense est intéressante aussi notamment avec les gâchettes adaptatives. Ainsi, toute arme possède un tir secondaire. La gâchette L2 peut ainsi avoir deux états. Légère pression pour passer en mode visée et pression importante pour déclencher le tir secondaire. Si cela ne vous plaît pas, il est possible d’avoir une configuration de contrôle plus traditionnelle.

Au final, Returnal est un titre prenant, bien ficelé destiné à un public particulier. Si vous n’avez pas d’expérience dans le domaine des rogue-like et des jeux demandant une bonne dextérité, Returnal n’est sans doute pas pour vous. Par contre, si vous aimez le challenge, cette production de Housemarque vous en donnera pour votre argent.

Good

  • Un côté shooter plaisant
  • Une bonne fluidité générale à 60FPS
  • Des environnements riches

Bad

  • Impossible de sauvegarder mais c'est propre aux rogue-like
  • Niveau de difficulté qui peut en rebuter certains
  • Pas fan de l'interface du jeu
8

Super

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu'il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d'éditeurs et de sites web. Gamer sans être un hardcore, Michel joue à un peu tout même s'il a une préférence pour l'action.

Lost Password

Sign Up