Wonder Boy Asha in Monster World – Télé Achat

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La saga WonderBoy a fait les beaux jours de la Master System puis de la MegaDrive avant de disparaître pendant plus de vingt-cinq ans au fond d’un vieux tiroir poussiéreux. La voilà enfin exhumée, délivrée grâce à un remake officiel en 3D du dernier volet. Indispensable ?

Un coup d’œil à quelques tests publiés récemment sur Playscope devrait vous convaincre que nous sommes fréquemment amenés à rejouer à des titres sortis dans les années 80 et 90. Voyez plutôt. Entre les remakes de R-Type et de Ghosts’n’Goblins, la compilation des Turrican et le maxi best of des salles d’arcade de chez Capcom, il faut croire que certains éditeurs font méchamment du pied aux vieux gamers et ce depuis 3 ou 4 ans déjà ! Le dernier candidat en date est un remake de Monster World IV. Sorti au Japon vers le milieu des 90’s ce « WonderBoy 6 » est malheureusement resté exclusif durant presque deux décennies aux MegaDrive de l’archipel. Si l’on a pu redécouvrir ce petit joyau méconnu de la 16 bit de Sega très récemment, fin 2018, par l’intermédiaire de la Megadrive Mini, notez que le titre avait été aussi publié en 2012 sur la console virtuelle de la Wii, le PSN de la PS3 ou le Live Arcade de la Xbox360. Enfin, histoire de se rafraichir la mémoire, deux studio français LizardCube et Pastagames avaient livré, respectivement, un excellent remake de Wonderboy The Dragon’s Trap et un sympathique MonsterBoy qui puisait son inspiration dans différents volets de la franchise et se voulait comme une suite officieuse. WonderBoy Asha in MonsterWorld a la particularité d’être réalisé/produit par le géniteur de la saga des WonderBoy. Prêts à rempiler cette fois dans une épopée au pays des Mille et une Nuits ?

Oublié les histoires de vaillants chevaliers, de sauvageon adepte de skateboard, ce Monster World invite à décimer de l’affreuse bestiole à travers le lointain Orient. On suit cette fois les péripéties fabuleuses de la petite Asha. À l’instar de ses prédécesseurs, cette jeune guerrière en mal d’aventure entame un périple initiatique en pleine invasion de monstres suite au retour d’un énième mal ancien. Ça tombe bien ! Comme le titre d’origine ce remake joue la carte de la plateforme/aventure. Il s’agit de crapahuter à travers des donjons labyrinthiques en « 2,5D », à l’occasion de phases de plateforme en 3D vue de profil. Les étroits dédales des différents niveaux que l’on est amené à explorer regorgent de chausse trappes sournois en plus d’être surveillés par des hordes de monstres enragés. Gare le titre pimente l’épopée en nous collant une foule d’autres contraintes (glissades sur la glace, activation d’interrupteurs éloignés, issues cachés…) qui varient à chaque donjon. Si dans les précédents volets de WonderBoy des échoppes permettaient à nos héros (Shion et Book) d’acheter de nouvelles pièces d’armures ou de faire le plein de potion, ici on se limite à l’achat de sabres, de boucliers – plus ou moins effectifs face à des types de magie élémentaire – ou encore de bracelets. Pas question d’habiller notre petite Asha de pied-en-cap ! Peu après le premier donjon d’initiation on se retrouve affublé d’un Pepelogoo. Ce familier rondouillard à l’allure Pokemonesque ne se cantonne pas à virevolter autour d’Asha, il peut aussi l’aider à exécuter un double saut ou lui servir de plateforme pour se propulser sur un geyser de lave. Pratique et mignon, il a tout pour plaire… mais encore faudrait-il qu’il comprenne immédiatement les ordres. Ce qui n’est pas toujours le cas !

Difficile de ne pas enrager en voyant notre piaf insouciant flâner devant un interrupteur ou un geyser de lave sans se muer en plateforme. En sus de fulminer devant le manque de fulgurance de notre petit compagnon écervelé, on enrage plus fréquemment face au level design un brin sadique de certaines sections qui exigent de faire preuve de zenitude. Ainsi on se retrouve parfois confronté à des successions de pièges et d’ennemis qui vampirisent notre jauge de vie sans vergogne voire dans l’impossibilité de percer la défense adverse sur la glace. Rageant ! On pourrait aussi reprocher à cette nouvelle cuvée de WonderBoy de manquer de lisibilité – de par une caméra trop proche de l’héroïne – ou de nous accabler par ses levels tarabiscotés qui traînent inutilement en longueur. Point positif, contrairement à la version MegaDrive d’antan, ce remake permet de consigner sa progression à tout moment… enfin sauf lors des combats contre les boss. Par rapport aux héros d’autrefois, Asha peut employer un coup surpuissant (qui se recharge selon un nombre plus ou moins élevé d’attaques réussies) et asséner des coups d’épées vers le haut ou vers le bas en effectuant un saut.  Le titre a la bonne idée de proposer deux modes de difficulté – facile ou normal – afin de s’adresser aux nostalgiques des WonderBoy comme aux néophytes qui veulent juste s’essayer à un jeu de plateforme à l’ancienne à l’univers chatoyant. Tous les goûts sont dans la nature !

Achevons le tour du propriétaire par la réalisation. Ce Monster World IV offre un rendu cartoonesque en 3D Cell Shadée vue de profil assez propre, légèrement aliasé . Testé sur PlayStation 4, le rendu graphique nous ramène à l’époque de la PlayStation2 ou du GameCube. Le graphisme est ainsi un tantinet à l’image du gameplay, oldschool. La 3D sert à donner un effet de volume à certaines textures, elle sert aussi à s’aventurer “ librement ” à travers le palais de la princesse Puraprill (selon des sentiers prédéfinis), à offrir quelques cinématiques sympas réalisées avec le moteur du jeu et à donner vie à notre petite héroïne et au bestiaire. Notez que les mi-boss bénéficient de designs plus soignés que certains des imposants et affreux gardiens de fin de niveau que l’on est amené à affronter au cours de ce périple d’une petite demi-douzaine d’heures. Une durée de vie équivalente à celle de la version d’origine et bien plus longue que celle d’un autre remake testé récemment. Côté musiques et effets sonores, exit les douces sonorités chiptunesques du processeur sonore YM2612 de la MegaDrive, les mélodies ont été fidèlement réorchestrées et font apparaître un léger manque de variété un peu frustrant. Enfin signalons que si le titre sorti sur la 16bit était en nippon dans le texte, ce remake bénéficie quant à lui de textes, menus et sous-titres en français. Une traduction loin d’être parfaite – certains noms ont été écorchés – mais appréciable.

Ce remake d’une petite pépite de la MegaDrive est choupi, coloré, oldschool mais pas bien long. Sympathique sans plus, un Asha (achat) à réfléchir. Guettez une légère baisse de prix pour craquer sans trop de remords pour ce jeu disponible qu’en dématérialisé.

Good

  • Une 3D Cell Shadée colorée
  • Un bon moyen de (re)découvrir Wonderboy 4

Bad

  • Une IA alliée pas toujours au taquet
  • Une aventure d’une soirée vendue au prix fort
  • Un level design parfois un brin sadique
6

Correct

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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