Ghosts’n Goblins Resurrection – Increvable

Switch Tests

Le test de Capcom Arcade Stadium à peine achevé, voilà Sir Arthur qui pointe le bout de son nez pour une toute nouvelle épopée ? Enfin oui et non. Faisons durer un peu le suspens voulez-vous ?

Entre la compilation Turrican et le revival arcade de Capcom, il faut croire que ce début d’année est placé sous le signe des ressorties de franchises oubliées. Alors que l’on pensait avoir englouti nos paquets de Madeleine de Proust, le plus barbu des chevaliers vient nous refiler du rabiot de “rétro” !  Pour l’occasion l’éditeur d’Osaka livre un titre inédit mais qui parvient à faire du vieux avec du neuf. Pendant une trentaine d’années la franchise Ghosts’n Goblins/Ghouls’n Ghosts est un peu restée sur ses acquis, limitant ses apparitions à des caméos dans d’autres jeux ou à des pelletées de portage/conversions. Le dernier en date – hors adaptation mobile – a vraisemblablement eu lieu en 2007 sur PSP à l’occasion d’un remake en 3D ou plutôt en 2.5D. On prend les même et on recommence ? Que nenni Messire ! Capcom ne nous fait pas l’affront de nous resservir une version HD de la déclinaison PlayStation Portable ! Bizarre.

Il y a des histoires qui ne meurent jamais. Et à l’instar de Link ou de Mario, Sir Arthur doit secourir sa princesse enlevée par des puissances maléfiques. Une nouvelle fois ? Eh bien pas vraiment, cet épisode sobrement sous-titré Resurrection a des allures de réécriture des aventures de notre bon vieux Tuthur. L’histoire du jeu se déroule dans des levels  fortement inspirés de ceux de  Ghosts’n Goblins et de Ghouls’n’Ghosts. On y retrouve le même bestiaire, des chausse-trappes similaires et des thèmes réorchestrés, pour le plus grand plaisir des esgourdes des nostalgiques. Il s’agit toujours d’aller d’un bout à l’autre d’un niveau, en exhumant parfois des coffres. Ils contiennent soit un item (arme, nouvelle armure, points bonus) ou renferment un sorcier qui lance un sort pour transformer notre héros en batracien : Le fourbe ! Dans les grandes lignes le principe du jeu n’a pas changé. On tente d’avancer en survivant aux attaques de zombies et autres faucheuses qui spawnent dans tous les sens et on se livre à des séquences de plateforme savamment orchestrées. Du Ghouls’n Ghosts pur jus, intense et (plus) difficile encore, comme on en a dévoré pendant trois décennies sur consoles et micro-ordinateurs.

Si le cœur du gameplay est resté similaire, le jeu n’est pas dépourvu de nouveautés pour autant. Ghosts’n Goblins Resurrection joue la carte de l’accessibilité et propose aux néophytes comme aux moins patients différents niveaux de difficulté. Dans le level le plus bas on revient immédiatement à la vie à l’endroit de notre trépas, on profite d’un réservoir de vies illimitées et on enchaîne les niveaux sans se presser. Le niveau de difficulté du-dessus (normal), s’il octroie toujours un nombre de tentatives illimitées, impose de redémarrer l’épopée depuis un point de contrôle et colle un timer contraignant le joueur à presser le pas. Une expérience bien plus proche de celle d’un Ghouls’n Ghosts old-school même si dans tous les cas Arthur peut se faire toucher davantage de fois par les hordes trébuchantes avant de se retrouver en calbute. Une pensée pour ceux qui ont poncé à l’époque l’adaptation de la SNES, notre vaillant chevalier a perdu en agilité et ne dispose pas d’un double saut. Dommage aussi, Arthur ne possède pas de mode de tir en diagonal et se limite à tirer ses lances dans les quatre directions cardinales ! Pour se défaire des spectres et morts vivants, notre héros peut employer à la place de ses javelots une tripotée d’armes (arbalète, fléaux, couteaux, torches…) et recourir à différents sortilèges. Pour obtenir des nouvelles magies (foudre, murs de feux, transformation des ennemis en grenouilles…), il faut dénicher des petites fées éparpillées dans les niveaux afin de les échanger à l’arbre de compétences. Tendez bien l’oreille, et dépêchez-vous de les attraper toutes ! Ces petites créatures lumineuses – à l’instar des Lums de Rayman – poussent des petits couinements des plus mignons avant de jouer les filles de l’air quelques secondes seulement après leur apparition. Notez enfin, concernant le gameplay, que le jeu propose aussi un mode coop sur le même écran. Pas question d’enfiler le heaume d’un autre prétendant, le second joueur a plutôt pour mission d’assister le héros dans sa quête en invoquant trois sortes de revenants qui peuvent le porter, ériger des barrières magiques ou invoquer des plateformes. Un peu d’aide ne peut pas faire de mal dans ce monde de brutes !

Avec son rendu “cartonesque” le graphisme de cette resucée de Ghosts’n Goblins fait penser à un mix improbable de Dragon’s Crown et Rayman Origins. Au premier coup d’oeil, les captures ne font pas envie, la faute à un chara-design assez grossièrement modélisé et articulé. Mais une fois tout ce petit monde en mouvement l’expérience s’avère bien plus convaincante. Et l’on aborde alors ce nouvel opus des aventures de Sir Arthur comme n’importe quel épisode en 2D. Pas étonnant, puisqu’à l’instar du jeu sur PSP, le titre est aussi doté d’une 3D vue de profil, ce qui lui permet de zoomer/dézoomer sur l’action, de plonger des zones du décor dans la pénombre et d’afficher parfois un nombre assez important d’ennemis à l’écran sans mollir. Sans être exceptionnelle, la réalisation reste cependant correcte et ne manque pas de caractère. Attention, préférez la réactivité des touches (ou croix) directionnelles plutôt que le joystick analogique pour éviter davantage de crises de nerfs lors des passages les plus intenses. Rapidement évoquées en amont de ce test, les musiques de ce revival de Ghosts’n Goblins consistent en de splendides reprises des thèmes, qui résonnaient déjà sur nos consoles et micros 8/16bit. Pour finir ce tour du propriétaire précisons que le jeu dispose évidemment de textes et menus rédigés en français. Nul besoin d’avoir pratiqué assidûment la langue de la perfide Albion pour apprécier ce Ghosts’n Goblins Resurrection !

Difficile, exigeant, intense de nature, cette cuvée 2021 de Ghosts’n Goblins offre heureusement quelques options pour la rendre accessible au commun des mortels. Un remake sympathique, globalement réussi.

Good

  • Un style graphique assez original
  • Un titre dur ou enfin plus accessible au choix
  • Splendides les reprises des thèmes des deux opus majeurs

Bad

  • Des séquences de plateforme au timing impitoyable
  • Des passages casse-bonbons qui s’éternisent
7.5

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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