The Lost Judgment – Qui perd, gagne

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Entre Tokyo et Yokohama, suivez le plus percutant des détectives privés dans ses nouvelles aventures. Au menu baston, enquêtes et filatures ! Il y a du rififi à Kamurocho !

Dérivé de la franchise Yakuza, le Judgment sorti en début d’année 2019 sur PS4 s’imposait comme un spin-off à la célèbre licence crapuleuse de SEGA. Il était loin d’être le premier épisode hors-sujet, puisque l’éditeur avait notamment déjà livré un volet situé au temps des samouraïs (RyuGaGotoku Kenzan) et un autre totalement délirant en pleine invasion zombie (le sympathique Yakuza Dead Souls). Après un Yakuza 6, où Kazuma Kiryu le charismatique héros de la licence était au top de sa flamboyance, j’avais peu apprécié le Judgment premier du nom. Mea Culpa ! Mais la franchise Yakuza lorgnant – hélas – du côté du RPG depuis l’introduction de son nouveau héros, Ichiban Kasuga, les amateurs d’action pure et dure n’ont d’autre choix que de se rabattre sur les exploits de l’ex-pro du barreau amateur de perfecto. Un choix qui ne fera pas par dépit car ce Lost Judgment s’avère passionnant : Tout simplement !

L’histoire débute par une affaire de mœurs et le procès d’un policier (un petit vieux) aux mains baladeuses. Loin d’être un banal burnout c’est surtout le point de départ d’une enquête bien plus macabre qu’il n’y paraît. Notre ancien virtuose du prétoire doit ainsi élucider l’homicide d’un jeune prof et découvrir ce qui le lie à une autre disparition inexpliquée en bossant undercover dans un lycée de Yokohama aux élèves disons… turbulents. Bienvenue dans l’âge ingrat ! Le démarrage est un brin laborieux, répétitif, quasi soporifique ! Mais comme dit un peu plus en amont, les treize chapitres qui composent cette seconde épopée de Takayuki Yagami et de son acolyte (Kaito)  ne tardent pas à nous scotcher au pad durant une bonne vingtaine d’heures. Sans s’attarder sur les quêtes et activités annexes. En bon Yakuza-Like, Lost Judgment invite à crapahuter à travers deux mondes ouverts, l’incontournable Kamurocho et une reconstitution de Yokohama. Ce second terrain de jeu a déjà été visité dans Yakuza Kiwami et plus récemment encore dans le Yakuza Like a Dragon. À l’instar du quartier chaud de Tokyo, cette ville regorge aussi de combinis (supérettes), usuriers et autres commerces où l’on peut claquer ses deniers pour s’offrir des items guérisseurs et autres mignardises accessoires ou cosmétiques.

Evidemment, on peut toujours dilapider son pactole par pièces de 100 yens dans les gachapons, les salles d’arcades sur les UFO Catchers et s’adonner à une kyrielle de jeux comme Fighting Vipers, Virtua Fighter 5, Sonic The Fighters mais aussi à d’autres classiques comme Super Hang On et Space Harrier. En parlant de classiques, notez que dans le bureau de notre détective trône fièrement une Master System qui permet de rejouer àAlex kidd in Miracle World. D’autres titres tels Penguin Land, Enduro Racer ou Fantasy Zone sont jouables à condition de retrouver les cartouches “dissimulées” dans les commerces de Kamurocho et Yokohama. Pour les nostalgiques de la bonne vieille 8bit de SEGA, sachez que quatre jeux supplémentaires (Global Defense, Fantasy Zone II, Alien Syndrome et Sagaia) sont inclus dans un Season Pass vendu trente-cinq euros… quand même ! Ça ferait cher le remember, si le pack ne promettait pas une aventure inédite d’une dizaine d’heure dédiée au sidekick du détective ! On en salive par avance ! Lost Judgement possède une galerie de personnages assez attachants, voire aussi charismatiques et d’autres, des vilains garçons et des yakuzas, que l’on a aucun remords à tabasser sans vergogne. Ces ennemis arpentent les rues, en nombre, et n’hésitent pas à nous tomber dessus à la première occasion. Au lieu de courir à perdre haleine, Yagami peut employer un skateboard pour se déplacer plus rapidement (effectuer des tricks et des grinds…) à travers les villes en s’épargnant ainsi quelques mauvaises rencontres. Notre détective ne rechigne pas à distribuer les mandales et coups de tatane. Martialiste accompli, il maîtrise trois techniques de Kung Fu – Serpent, Tigre, Grue – dont la puissance et les bottes secrètes peuvent être étoffées lors de la montée en expérience via un arbre de compétence lisible et pratique. Mélangeant toujours l’exploration au Beat Them Up, ce jeu d’action-aventure à la troièsme personne offre des confrontations de rues assez intenses et spectaculaires, où l’on peut dégommer l’environnement et employer des objets du décor pour infliger davantage de dégâts aux adversaires.  En revanche on éprouve des difficultés à se défaire d’ennemis -parfois – armés de flingues qui n’ont aucun scrupule à nous tirer dessus même lorsque l’on gît au sol : les lâches ! Histoire de se démarquer clairement de Yakuza, Lost Judgment propose aussi de jouer les détectives à l’occasion des phases d’enquêtes où il faut cuisiner des témoins ou éplucher des scènes de crime en vue subjective. Il invite en sus à s’adonner à des séquences de grimpette où le héros progresse sur des rangées de canalisations et court sur les murs où à jouer la carte de la discrétion en éliminant les ennemis en silence lors de phases d’infiltrations. Ces deux dernières séquences, heureusement peu fréquentes, m’ont un peu agacé tant elles viennent freiner le rythme de l’enquête. Dommage car le jeu épargne pourtant bien des temps morts en limitant les écrans de chargements –heureusement rapides – au strict minimum !

L’époque où la franchise Yakuza était indissociable des PlayStation semble révolu ! SEGA nous a gentiment transmis une version Xbox (compatible Xbox One/ Series X) de Lost Judgment, que l’on a testé sur la reine de beauté de chez Microsoft. Que les possesseurs de bécanes de chez Sony se rassurent, la dernière production du RyuGaGotoku Studio est bien évidemment parue sur PS4 et PS5. Comme depuis le sixième volet de la série, le titre carbure au Dragon Engine, le moteur graphique maison de chez SEGA – qui sans trop de surprise – carbure comme une horloge sur Series X. Impressionnant déjà en son temps sur PlayStation4, le rendu est bien plus fin, encore plus détaillé et les effets d’éclairages – by night – encore plus chatoyants ! Les animations du héros ont gagné en fluidité et paraissent vraiment naturelles. Le jeu propose d’ailleurs de choisir entre finesse graphique (à 30 images par secondes) et rendu fluide. Difficile de se priver de la seconde option, le jeu gagne tellement en nervosité ! Lost Judgment régale aussi nos mirettes par ses somptueuses cinématiques, qui développent l’histoire ou annoncent un combat épique contre l’un des boss. Visuellement on note quelques anicroches, comme des textures et modélisations un peu moins soignées sur des hommes de main ainsi qu’une foule manquant de densité dans les rues de Yokohama. Un mal pour un bien, on peut ainsi skater sur les “routes” sans trop se soucier des passants ! Gare en revanche au contact nettement plus douloureux avec les automobiles ! À l’instar du premier volet, Lost Judgment bénéficie aussi de menus et textes intégralement en français, en revanche les dialogues sont disponibles en anglais ou en japonais… heureusement sous-titrés. Achevons ce tour du proprio par la bande-son. Les sonorités electro, bien qu’assez répétitives lors des combats de rue (puisque dépendantes du style de combat sélectionné) collent parfaitement aux distributions de mandales et autres projections de vilains garçons. Rassurez-vous, le titre offre des thèmes tout aussi entraînants et originaux lors des combats face aux boss.

Avec ce second volet, “Judgment” s’émancipe et devient une franchise à part entière. Sega et le Ryu Ga Gotoku studio offrent une intrigue encore plus passionnante à l’action percutante. Ceux qui ont aimé les mécaniques bien rôdées des Yakuza ne peuvent faire l’impasse sur ce Lost Judgment… un brin trop sage, certes !

Good

  • Une réalisation graphique réussie, bande son qui dépote et des cinématiques à la mise en scène somptueuse
  • Baston, exploration et skateboard. Intrigue palpitante
  • Pas mal de jeux d’arcade et Master System pour s’occuper entre deux

Bad

  • Des phases d’infiltrations et plateformes assez dispensables
8.6

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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