Mortal Kombat 11 – Un opus sympathique mais sans véritable éclat

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Le plus irrévérencieux des jeux de baston remet le couvert ! Presque trente ans après ses débuts en arcade et sur les machines 8/16bits, la recette Mortal Kombat reste inchangée : buffet froid, viande saignante ou carbonisée à tous les étage! D’ailleurs c’est au tour du onzième volet de passer sur le grill ! J’espère que vous avez le cœur bien accroché c’est une vraie boucherie !

Depuis le reboot (ou neuvième épisode) sorti en 2011, les esprits malades de NetherRealm Studios enchaînent les jeux de castagne à une cadence infernale. Plutôt que de se focaliser sur la seule franchise Mortal Kombat, ils oeuvrent aussi en alternance sur la licence Injustice pour le compte de Warner Bros Interactive Entertainment. Entre deux opus de MK, ils opposent les héros et vilains les plus emblématiques du DC Universe dans des joutes spectaculaires, survitaminées et jouissives. Avec ce onzième volet de MK sorti sur consoles (PS4, XboxOne et même sur Switch) et PC à la fin du mois d’avril, NetherRealm Studios nous fait un peu le coup de la panne… d’inspiration ? Que nenni !

Que les fans de Mortal Kombat se rassurent. Histoire de nous captiver durant un peu plus d’une demi-douzaine d’heures, les douze chapitres n’imposent pas de survivre à un énième tournoi du Mortal Kombat. Cette fois, la campagne solo propose plutôt de se lancer dans une aventure hors du temps résultant d’un pétage de plomb magistral de Raiden… corrompu par les ”pouvoirs” de l’amulette de Shinnok. Le jouer incarne successivement une douzaine de héros du Royaume Terre à l’occasion de quelques affrontements portés par un scénario (parfois) simpliste mais efficace. Une façon sympathique de prendre en main – du moins dans la version collector ayant servie au test – quelques-uns des vingt-cinq pugilistes du jeu et de découvrir au passage certaines de leurs aptitudes ou bottes secrètes. Et naturellement à l’instar des autres épisodes de la saga, à la fin, on se retrouve confronté à un boss qui est cette fois assez… décevant. Ce boss final a beau posséder des spéciaux meurtriers et fulgurants, « il » peut être vaincu lors d’un simili combat en « enduro » (comme Shang Tsung en son temp)  par un simple enchaînement de coups de poings portés par un Liu Kang déchaîné. Avouez qu’on a déjà vu plus palpitant !

En plus de son mode story, Mortal Kombat 11 propose une kyrielle d’autres modes praticables en solitaire. L’inévitable mode entraînement, est séparé d’un second permettant de s’essayer aux enchaînements et coups spéciaux et d’un troisième qui offre de mettre en pratique les finishs sanglants des combattants.  S’ils disposent de deux fatalités, une seule est accessible d’emblée. En effet, l’autre fatalité doit être dénichée dans un environnement à part : la Krypte. Inspiré de l’Île de Shang Tsung et de son palais, vus dans le premier volet et son reboot, ce terrain de jeu s’explore assez librement. En échange d’espèces sonnantes remportées dans d’autres modes on glane différentes sortes d’items renfermés dans des coffres (cosmétiques, skins, matières premières, fatalités, artworks…) pour personnaliser les combattants et on fait frétiller ses neurones à l’occasion de puzzles ou énigmes. Une manière de prolonger l’expérience en solitaire ou de débloquer du contenu gratuit, à condition de se résigner à crever d’ennui dans les méandres glauques du palais. Le mode Konquest (comme l’adaptation en série télé canadienne de Mortal Kombat) regroupe d’autres modes à savourer égoïstement en solo, comme l’ascension de deux types de tours. A l’instar des modes Arcade des premiers Mortal Kombat, et notamment du troisième, la première tour propose d’affronter un certain nombre d’adversaires (de cinq à vingt-cinq) confrontation au boss final incluse. L’ascension du second type de tour est compliqué par différents malus qui viennent jouer les trouble-fête durant les combats. Ainsi il faut envoyer au tapis des adversaires tout en composant avec des pluies acides et autres missiles sorti de nulle part. Enfin en ce qui concerne le Multi joueur ce Mortal Kombat 11 propose des matchs en local ou en ligne. Généreux en terme de contenu, le titre possède suffisamment de modes de jeux pour captiver l’amateur du genre en solo comme en multi. Réussi sur le fond l’exécution est malheureusement imparfaite sur la forme !

Depuis 25 ans les franchises Street Fighter et Mortal Kombat se tirent joyeusement la bourre. Si la maniabilité du premier ne donne pas l’impression d’avoir bougé d’un iota depuis SF2, en revanche Mortal Kombat 11 impose de réapprendre – à ceux qui sont passés à côté de MK X comme moi –  les enchaînements directionnels afin de recourir aux coups spéciaux des combattants. Lors des confrontations, il n’est pas évident de se faire à la façon de sortir le grappin de Scorpion, la téléportation de Raiden ou de déclencher la bicyclette de Liu Kang. La projection de la boule de glace réfrigérante de Sub Zero s’exécute de la même manière… mais pas de façon instantanée : dommage. En digne successeur de MK X (et des Injustice) ce onzième volet permet d’employer différents éléments du décor et des armes placées en bordure de “ring” afin d’infliger des dégâts supplémentaires à l’opposant, que l’on amoche déjà par des enchaînements de coups de poings et de pieds, et des coups spéciaux et projections. Les attaques X Ray (briseuses de côtes et mâchoires) sont à nouveau de la partie et l’on peut exécuter de puissantes et spectaculaires attaques critiques lorsque la jauge vitale d’un combattant est au plus bas. Par défaut, notez que le jeu offre de réaliser des enchaînements facilités par le biais d’une option de maniabilité assistée assez redoutable. Toujours en ce qui concerne la jouabilité et les contrôles, signalons que Mortal Kombat 11 agace un peu par l’approximation de certaines collisions et l’exaspérante raideur de sa maniabilité. Difficilement pardonnable pour un simple jeu de baston “2D”.

Comme Injustice 2 sorti en 2017, Mortal Kombat 11 carbure lui aussi à la troisième mouture de l’Unreal Engine. Cette version vieillissante du moteur graphique d’Epic Games (notamment utilisée dans Gears of War) cousue main à l’époque pour les Xbox 360 et PS3, fait encore le boulot sans pour autant en mettre constamment plein les yeux. Elle inflige donc des décors pas forcément toujours hyper animés, peu interactifs et indestructibles (comprenez monolithiques), elle offre en revanche des modélisations de combattants assez soignées et détaillées. Globalement sur PS4 et Xbox One c’est joli et fluide ! Sans doute plus que la version Switch qui – à l’instar d’une version PS Vita de MK9 en son temps – est flanquée de textures moins détaillées… pour rester poli.

Âmes sensibles restez éloignées de l’écran ! Mortal Kombat 11 offre un déluge d’hémoglobine, de successions de décapitations, un festival d’éviscérations et d’extirpations de colonnes vertébrales vues sous toutes les coutures. Un divertissement sanglant et gore clairement pas destiné aux plus jeunes ! Achevons ce passage sur le grill du dernier né de chez NetherRealm Studios en précisant que le jeu a la bonne idée d’être intégralement en français… ou presque. Scorpion lance toujours son inusable “Come Here” dans la langue de Shakespeare en projetant son grappin sur l’adversaire ! On ne s’en lasse pas !

Complet sur le fond, Mortal Kombat 11 ne manque que de souplesse dans sa maniabilité et de constance dans sa réalisation graphique pour s’imposer comme une référence incontournable. En l’état c’est un sympathique jeu de castagne, sans plus. Est-ce qu’une simple mise à jour suffira à corriger le tir ?

Good

  • Vingt-cinq personnages jouables... dans la version premium
  • Pas mal de modes à déguster en solo
  • Enormément de références aux vieux épisodes de Mortal Kombat

Bad

  • La maniabilité plus rigide qu’un cadavre
  • C’est joli, mais c’est pas non plus une baffe... surtout sur Switch
  • Avalanche de DLC en perspective
7

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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