Scarlet Nexus – Psychic World

PC PS4 PS4 Pro PS5 Tests Xbox One Xbox One X Xbox Series S Xbox Series X

Connu depuis les balbutiements des consoles 8bit pour la « qualité » de ses adaptations d’animés (Dragon Ball, Saint Seiya...) Namco Bandai livre aujourd’hui un titre original... qui va déboucher sur une série animée. La boucle est bouclée.

Comme dit en préambule de ce test, Namco Bandai recycle sans vergogne pas mal de ses célèbres franchises et adaptations de mangas et oeuvres animées depuis… des temps immémoriaux. Il suffit de jeter un œil à l’impressionnant passif du développeur/éditeur qui – à l’instar d’un SquareEnix, Capcom ou SEGA – n’a pas hésité à surexploiter ses licences comme SoulCalibur, Tekken, DragonBall, Naruto, au point d’en laisser certaines, comme Ridge Racer, crever sur le bas-côté de la route. Avec Scarlet Nexus l’éditeur nippon sort un peu de sa zone de confort afin de livrer un Action RPG mâtiné de Beat Them Up à l’univers original. On est encore très loin d’un Witcher 3 mais le résultat final n’est franchement pas si mal ! Prêts à embarquer dans une aventure un brin … Cyberpunk?

L’épopée de Scarlet Nexus se déroule dans un monde futuriste où l’humanité a troqué la téléphonie cellulaire et la 5G+ afin de communiquer par télépathie, par le biais d’ondes psioniques. Dans l’intervalle d’étranges créatures grotesques – les Autres – mangeuses de cervelles sèment régulièrement la panique dans ce monde presque parfait afin de sustenter leur appétit insatiable en cellules grises. Le jeu propose ainsi de suivre les aventures d’un héros – Yuito – ou d’une héroïne – Kasane –  et de leurs camarades de la BEA. Une brigade dont la mission consiste à éradiquer des cohortes de ces horribles bestioles venues des d’ailleurs, grâce à des lames bien affûtées et différentes sortes de pouvoirs psychiques. C’est chic ? Notre avatar possède des pouvoirs pyschokinésiques qui lui permettent de projeter des objets du décor plus ou moins volumineux sur les ennemis. Quant aux alliés ils emploient d’autres pouvoirs comme la pyrokinésie, la téléportation, ils peuvent aussi se rendre invisible ou invincible, détecter les ennemis furtifs, deviner les mouvements adverses ou se déplacer rapidement. L’aptitude hors norme de notre héros/héroïne peut paraître moins attrayant en comparaison, heureusement il ou elle peut aussi employer les aptitudes spéciales des alliés qui sont dans son escouade. Ainsi, en sus de pouvoir asséner des coups de sabres aux ennemis, de les écraser avec des objets disséminés dans l’environnement on peut aussi enflammer notre lame pour infliger davantage de dégâts lors des combos ou profiter d’une invincibilité temporaire. Mais ce n’est pas tout. Notre avatar gagne en puissance durant quelques secondes lorsque sa jauge de furie s’active automatiquement et il peut infliger davantage de dégâts psychokinésiques (et neutraliser les pouvoirs de l’adversaire) en se projetant l’espace de quelques secondes dans un monde virtuel. Gare à ne pas demeurer trop longtemps dans ce cyberespace sous peine de crever rapidement !

En apparence, Scarlet Nexus se joue comme un Beat Them Up assez classique, puisqu’il s’agit de crapahuter à travers des niveaux linéaires, de taper fort sur des ribambelles d’ennemis, d’esquiver les attaques ou d’effectuer des combos aériens. Le dernier né de chez Namco-Bandai Studios aux faux airs d’un Devil May Cry ou Bayonetta lorgne aussi et surtout du côté du A-RPG. Il impose ainsi de se manger des successions de dialogues constitués d’écrans fixes, de bichonner les relations avec les alliés de la BEA, de soigner le contenu de l’inventaire et de l’équipement et enfin d’étoffer les aptitudes de spadassins par l’intermédiaire d’un arbre de compétences grâce aux points obtenus à chaque montée en niveau. Ces composants hérités du jeu de rôle viennent un peu – trop – freiner la progression de cette aventure pourtant passionnante qui s’avère généreuse en protagonistes et rebondissements scénaristiques. Ravalez vos espoirs de monde ouvert ! En vérité le jeu est constitué de niveaux vides et linéaires (chantier, métro, hôpital, autoroute en ruine…) destinés aux phases de castagnes et du level un tantinet plus ouvert peuplé qui s’inspire/imagine une sorte de Tokyo futuriste mais un peu en trompe l’œil…

Sur la partie technique, Scarlet Nexus réalise un quasi sans faute. Le chara-design des membres de la BEA déborde de charisme, le rendu graphique en cell-shading est le plus souvent propre et détaillé. Mais il arrive aussi que l’on renâcle parfois à crapahuter à travers des levels vides et un répétitifs avec des ennemis comme des éléments du décor qui apparaissent non loin de notre avatar. Même sur une Xbox Séries X : dommage ! Un sans doute défaut hérité de l’Unreal Engine 4. Histoire d’en mettre plein les yeux, le jeu n’est pas avare en effets graphiques et débauche de plans spectaculaires qui viennent entrecouper les phases d’action… ou hacher davantage le rythme déjà saccadé par des protagonistes diablement bavards ! Côté sons et musiques, notez que ce jeu japonais propose évidemment des voix dans la langue de Kurosawa ou des doublages en anglais pour les plus anglophiles. Quant aux sous-titres et textes des menus ils sont heureusement disponibles en français. Enfin en ce qui concerne les musiques, beaucoup des thèmes de ce jeu rappellent l’excellente BO de Jet Set Radio car constitués eux aussi de vibes électro et de scratchs. Un vrai régal pour les cages à miel !

Scarlet Nexus est un jeu d’action qui fait oublier sa linéarité en lorgnant du côté du RPG. Mais qu’importe, cette jolie expérience n’en reste pas moins accrocheuse, nerveuse et percutante. Vivement la diffusion de l’animé !

 

Good

  • Une aventure passionnante, riche en rebondissements
  • Une réalisation graphique détaillée et colorée, un chara design accrocheur
  • Des musiques assez trippantes

Bad

  • Des phases d’action bigrement répétitives et linéaires
  • Des dialogues interminables, un jeu trop bavard
  • L’enrobage RPG était vraiment indispensable ?
7.5

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

Lost Password

Sign Up