Sony Xperia 5 II – Un mobile taillé pour le gaming et l’imagerie

Android Tests

Dans le monde Android, les constructeurs chinois et coréens dominent. Pourtant, à mon humble avis, Sony et ses Xperia ont de jolis arguments qui peinent pourtant à toucher leur public. Est-ce que le Xperia 5 II va enfin réussir à trouver son public ? Voyons cela ensemble.

Si mon smartphone par défaut est un iPhone, j’ai toujours eu des smartphones Android en backup. Mon tout premier fut un Sony Xperia que je préférais à des modèles plus populaires comme les Samsung Galaxy. Actuellement, comme Android d’appoint j’ai pris un simple Samsung A71. S’il n’est pas dans la même gamme de prix, le Sony Xperia 5 II a titillé mon intérêt lors de son annonce surtout pour son côté photo/vidéo et évidemment l’aspect gaming sur lequel Sony a voulu mettre l’accent.

Si vous avez déjà vu une Xperia 5 ou le Xperia 1, le design général ne change guère. On a droit à un parallépipède fin avec de belles courbes pour une prise en main confortable. Toutefois, sans coque, je trouve le Xperia 5 II assez glissant. La chose qui étonne le plus pour celles et ceux qui viennent d’autres smartphones Android ou Apple c’est le format. En effet, Sony a opté pour un format beaucoup plus large (ou long en fonction du sens dans lequel vous prenez l’appareil). Ainsi, l’écran de 6,1 pouces est un 21/9ème là où la majorité des smartphones ont des formats plus proches du 16/9ème. Assez déconcertant au début, au bout de quelques heures d’utilisation, on se rend compte que le format est plutôt pratique finalement surtout pour qui aime scruter nombre de flux d’informations et les réseaux sociaux. C’est d’autant plus réussi sur le Xperia 5 II que la taille de l’appareil et les proportions obtenues sont assez naturelles finalement une fois en main et ne gêne pas vraiment lorsqu’on met l’appareil dans les poches.
Pour les fans de spécifications, le Xperia 5 II embarque un processeur Qualcomm Snapdragon 865 5G avec 8Go de RAM. Autant dire que dans la très grande majorité des cas, l’utilisation de l’appareil sous Android 10 est fluide et réactif. Cela me change de mon smartphone Android milieu de gamme que je trouve parfois poussif.

Sur le côté gauche de l’appareil, on retrouve l’emplacement pour la carte SIM pour une carte microSDXC pour étendre la capacité de stockage qui est de 128Go. On peut ainsi lui adjoindre des cartes microSDXC jusqu’à 1To de quoi voir venir si vous êtes du genre à prendre des tonnes de photos et de vidéos.

Sur la droite, on retrouve les boutons habituels de réglage du volume, de prise de vue, le bouton marche/arrêt intégrant un lecteur d’empreinte digital et un bouton configurable qui, par défaut, appelle l’Assistant Google. J’avoue que le choix des boutons sur la partie droite de l’appareil m’a surpris. En tant que droitier, je prends plutôt le téléphone avec la main gauche. Comme j’ai tendance à vouloir valider l’ouverture avec mon pouce, cela m’oblige à utiliser le pouce de ma main droite pour débloquer l’appareil. Au moins les gauchers n’auront pas ce problème. Oui, je sais, je pourrais aussi enregistrer les empreintes de mes autres doigts mais j’ai des habitudes tenaces :p A noter que le lecteur d’empreinte me semble assez bien fichu pour reconnaître assez facilement mes doigts. Mais à l’enregistrement de ces derniers, c’est un peu plus galère qu’avec les plus gros capteurs qu’on trouve sur d’autres appareils. Mais bon, une fois fait, ça va. Ce n’est pas comme si on devait ré-enregistrer nos empreintes digitales fréquemment.

Enfin, sur le bas de l’appareil, on retrouve un port USB-C pour la recharge et la connectique vers d’autres appareils même vidéo via un adaptateur USB-C/HDMI. Les puristes du son seront ravis de voir la présence d’un port mini-jack pour les casques filaires. Il est vrai qu’avec des capacités sonores poussées avec la présence du Dolby Atmos et la compatibilité avec les fichiers Hi-Res Audio, un bon casque filaire est nécessaire pour pleinement en profiter, le Bluetooth étant encore insuffisant. Puisque je vous parle de son, le Xperia 5 II possède également la technologie 360 Reality Audio pour un son immersif mais sur ce point encore faut-il trouver les contenus compatibles. Je pourrais m’arrêter là pour ce test mais le Xperia 5 II est un peu plus qu’un énième smartphone Android. Il se trouve en effet que Sony vise deux publics assez spécifiques en tentant de répondre à leurs désiratas.

Un smartphone pour les gamers ?

N’en déplaise aux hardcore gamers sur consoles et PC, le jeu sur mobile est un marché colossal. Ce n’est pas pour rien que la majorité des éditeurs ont une branche ou des titres dédiés. L’exemple que met en avant Sony pour ce Xperia 5 II est tout simplement Call of Duty Mobile qui cartonne bien sur mobile. Pour promouvoir son nouvel appareil, Sony a même signé avec le tournoi officiel Call of Duty Mobile World Championship pour que le Xperia 5 II devienne le smartphone officiel de la compétition. Et compte tenu des caractéristiques du Xperia 5 II, les compétiteurs n’ont pas trop à rechigner. 

Pour les satisfaire, Sony a en effet mis le paquet. Avec un écran OLED HDR à la résolution de 2560 x 1080 et surtout capable d’afficher à 120Hz, la fluidité des jeux sera optimale. Jouer sur un tel écran est bien plaisant. Les joueurs sur PC et certains joueurs consoles sur les nouvelles consoles avec les bons téléviseurs connaissent cette expérience. La taille d’écran de 6,1 pouces est suffisante pour nombre de joueurs (un brin plus petit que celui d’une Switch). J’avoue qu’à mon âge, une bonne paire de lunettes est nécessaire. Ou alors, il me suffit de brancher l’appareil sur un téléviseur ou un moniteur 😉

Toujours pour le gaming, Sony a aussi peaufiné la partie tactile de son Xperia 5 II. Avec une fréquence de numérisation tactile de 240 Hz soit quatre fois celle du modèle précédent, la réactivité tactile et la précision dans les jeux sont donc améliorées, chose cruciale s’il en est, comme pour les histoires de fréquence de numérisation pour les souris. Sony est allé encore plus loin avec leur optimiseur de jeu. Cette surcouche logicielle permet nombre de réglages vraiment pensés pour le gaming. Ainsi, pour chacun de vos jeux, vous pouvez régler des paramètres comme la fréquence de l’écran, la réactivité et la précision des commandes tactiles. Vous pouvez aussi d’un simple toucher, masquer les notifications et autres dérangements possibles pour pouvoir totalement se focaliser sur le jeu. C’est aussi via cet optimiseur de jeu que vous allez pouvoir vous lancer dans l’enregistrement de vos performances. En effet, non seulement vous pouvez capturer le jeu mais également vous-même en activant la caméra frontale ainsi que le micro intégré. Le mixage son est possible. Si vous préférez le faire avec un casque audio/micro, il faudra opter pour du filaire, ce système d’enregistrement de gameplay et de caméra ne fonctionnant pas avec les casques Bluetooth. Le concept est intéressant car on peut vraiment se lancer dans la création de vidéos de jeux commentés pour Youtube. Par contre, en tous les cas pour le moment, on ne peut pas livestreamer comme ça directement avec le Xperia 5 II sur Youtube ou Twitch. Personnellement je ne pense pas qu’il y ait de limitation technique. A voir donc si Sony ajoute la possibilité à terme. Autre point à soulever, la vidéo prise par la caméra frontale est incrustée dans une pastille circulaire dans un coin de l’écran. Seul hic, puisque la caméra n’est pas pivotable, si vous voulez qu’on voit votre tête dans vos vidéos, vous devrez un peu tourner le smartphone pour que la caméra frontale vise votre tête. Autant dire que la meilleuse solution dans ce cas sera tout simplement de jouer en branchant le Xperia 5 II sur un écran, l’appareil lui-même installé sur un pied que vous pouvez ajuster à votre guise. Cela implique aussi de jouer avec un pad plutôt qu’en écran tactile ce qui n’est pas plus mal mais tous les titres ne le permettent pas. Bref, le concept est intéressant mais il faudrait sans doute le revoir et aller jusqu’au bout de l’idée, Mr Sony.

Compte tenu des caractéristiques de ce Xperia 5 II faire tourner de gros titres y compris un Call of Duty Mobile ne pose aucun problème. Les fans de gaming mobile pourront donc s’en donner à coeur joie et les optimisations prévues. La majorité des jeux tourneront avec une excellente fluidité. Sony aurait presque pu le Xperia 5 II le nouveau PlayStation portable :D. Mais ce smartphone est bien plus qu’une console de jeu.

Plus de possibilités photo et vidéo

Pour la jeune génération, Sony c’est les PlayStation. Mais Sony a toujours été un des plus grands constructeurs dans le monde de la photo et de la vidéo. Ces dernières années, avec leur gamme d’appareils photo, Sony a conquis un public important notamment parmi les créateurs de contenus comme votre serviteur. Les séries Alpha côté DSLR ou encore le plus récent ZV-1 sont ainsi répandus parmi les Youtubers par exemple. Sony a donc décidé d’utiliser ou d’adapter les technologies développées pour ses caméras à ses derniers smartphones comme ce Xperia 5 II.


Si des applications de prise de vue rapide sont intégrés pour l’utilisateur lambda, Sony est allé plus loin en intégrant des versions Pro donnant accès à bien plus de possibilités et de réglages pour peaufiner vos photos et vos vidéos. Ces applications, Photo Pro et Cinema Pro, permettent ainsi de faire des réglages qu’on trouve habituellement sur un DSLR. ISO, balance des blancs, ouverture, etc. Tout est accessible avec une interface claire et en touch. Moi qui tourne habituellement sur un Alpha 7III et un ZV-1, j’y retrouve des automatismes. Avec ces apps, on peut ainsi soigner au moins son travail et profiter pleinement des trois caméras bénéficiant de lentiles Zeiss. Les trois caméras principales proposent tous trois des capteurs 12 megapixels avec des focales de 16, 24 et 70mm. C’est désormais assez standard parmi les fabricants de smartphones de proposer ce triplé. La caméra frontale est un 8 megapixels. Les plus exigeants apprécieront la capacité à prendre des photos en RAW pour pouvoir les retoucher tranquillement par la suite. Autre point qui plaira à ceux qui prennent des photos d’action, le Xperia 5 II a un mode rafale 20 photos et pour chacune une auto-exposition et un auto-focus ultra-rapide.

Ce dernier aspect est d’ailleurs un des points forts de ce Xperia 5 II (comme du modèle au-dessus, le Xperia 1 II). Issu de la gamme d’appareils Alpha 7 et 9, le système d’auto-focus est l’un des plus efficaces que je connaisse. Pour m’en servir sur d’autres appareils de la marque, retrouver cet auto-focus sur ce smartphone était un vrai plaisir. Il faut vraiment le vouloir pour « rater » une photo ou une vidéo en raison d’un focus approximatif. Même en vidéo, cet auto-focus reste vraiment très performant pour parfaitement garder votre sujet bien net. Autant dire que les vloggers devraient apprécier cette partie photo/vidéo du Xperia 5 II qui en font un choix possible pour devenir votre principal appareil pour créer vos contenus. Pensez juste à lui adjoindre un bon micro pour l’enregistrement de votre voix et aussi un gimbal pour les vidéastes pour avoir des plans plus stables. Le Xperia 5 II a bien un système de stabilisation mais soyons honnête, aucune technologie de ce type proposée dans les appareils mobiles – voire même sur les appareils photo et les caméras – ne peut faire le poids face à la stabilité d’un simple gimbal.

Face aux gros constructeurs Android coréens et chinois, Sony cherche à trouver sa place. En jouant sur des aspects que la compagnie comprend et maîtrise, Sony continue donc à peaufiner ses Xperia haut de gamme dont fait partie ce Xperia 5 II. Il est vrai que le tarif annoncé à 899€ n’est pas accessible à toutes les bourses et est au-dessus de la concurrence. Les arguments de ce Xperia 5 II restent toutefois séduisants pour les publics ciblés à savoir les gamers et les vidéastes et les fans de photo. Si vous en faites partie, le Xperia 5 II est à mon avis un bon choix. Compact, avec un bel écran, des fonctionnalités intéressantes et d’excellentes performances, le Xperia 5 II peut être votre unique compagnon gaming/création.

Good

  • Un magnifique écran OLED HDR 120Hz
  • Les applications photos et vidéo pro soignées
  • De bonnes performances

Bad

  • Le format 21/9ème nécessite un peu d'habitude
  • Une coque de protection ne serait pas de trop
  • Le lecteur d'empreinte situé à droite
8

Super

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu'il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d'éditeurs et de sites web. Gamer sans être un hardcore, Michel joue à un peu tout même s'il a une préférence pour l'action.

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