Yakuza Kiwami 2 – Amis pour la vie

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Chez SEGA, les sorties estivales avaient cette année un petit goût acidulé de rétro. Voyez plutôt ! Après nous avoir offert une compilation Megadrive au début de l’été, sorti une version améliorée de Sonic Mania et exhumé la licence Shenmue du séjour des morts, l’éditeur s’attaque cette fois à un autre monument en dépoussiérant Yakuza 2. Vous pouvez revendre vos PS2 !

Moins d’une petite semaine s’est écoulée depuis le test de Shenmue, et c’est au tour de l’un de ses lointains descendants illégitime et bien moins vertueux de passer sur le grill. En matière de rétro, deux philosophies semblent coexister chez l’éditeur de Haneda. S’il affectionne les portages fidèles – et un peu fainéants – de titres parus sur 16bit (ou sur Dreamcast), il arrive que ses équipes n’hésitent pas à mettre les mains dans le cambouis pour nous permettre de redécouvrir des hits d’antan sublimés. Pas de panique ! Pour Yakuza Kiwami 2, Sega et le Ryu Ga Gotoku Studio ont opté pour la seconde option. Ils livrent ainsi une splendide remise à jour de Yakuza 2, sorti à l’origine en 2008, qui avait fait les beaux jours d’une PS2 en fin de vie. Pour mémoire, précisons que cette nouvelle cuvée de Yakuza est parue en décembre dernier au Japon. Elle débarque donc par chez nous huit mois seulement après sa sortie sur l’archipel : il y a du progrès !

Les habitués de la saga ne seront pas désorientés. Yakuza Kiwami 2 invite à suivre une nouvelle fois les aventures du très charismatique Kazuma Kiryu quelques mois après les événements du premier volet. Il lève le voile sur une – infime -partie du passé du Yakuza lors d’un périple qui se déroule dans les quartiers chauds de Tokyo et Osaka à l’occasion d’un conflit opposant le Tojo Clan aux renégats « putschistes » de l’Omi Alliance. Sur le fond, le titre reprend, quasiment à la virgule près le scénario de Yakuza 2. Il offre toutefois de nouvelles activités et à l’instar de Kiwami premier du nom, il se pare d’une réalisation réactualisée. Bien avant d’aborder la partie technique, rappelons qu’il s’agit d’un jeu d’aventure à la troisième personne, qui ponctue chaque moment clé de l’histoire par de splendides séquences cinématiques. La majeure partie du temps, il invite à explorer des « mondes ouverts » un tantinet sulfureux où s’encanaillent des ivrognes et toute sortes d’individus bagarreurs. Ainsi durant l’aventure, lorsque Kiryu crapahute à travers les quartiers fictifs de Kamurocho à Tokyo ou Sotenbori à Osaka, il est fréquemment défié par d’autres yakuzas ou malfrats querelleurs.

Sans transition (comprenez par là sans temps de chargement), la phase d’exploration fait place à une séquence de beat’em all durant laquelle notre héros emploi des enchaînements dévastateurs, pour se débarrasser des impudents. En sus d’utiliser des techniques de combats au corps à corps à base de coups de poings, de volées de tatanes et de projections, Kiryu peut aussi tirer partie des objets ou des armes disséminées dans les environnements pour infliger davantage de dégâts aux adversaires. S’il est possible d’éviter certains combats de rue en prenant ses jambes à son cou, notez que les agresseurs les plus tenaces n’hésitent pas à poursuivre – à l’instar de Yakuza 6 – notre héros jusque dans les échoppes. Gare ! Les dégâts matériels dans les magasins comme sur leurs devantures provoquent un bannissement temporaire. Frustrant si vous aviez prévus de manger un morceau dans un resto pour faire le plein d’énergie ou de faire l’achat d’items curateurs à l’épicerie du coin.

Du sixième opus, ce titre a hérité d’autres éléments de gameplay comme l’inventaire plus spacieux et plus intelligent, l’amélioration des caractéristiques et compétences via différentes sortes de points d’expériences engrangés à l’issue des affrontements, des missions principales ou des quêtes annexes. L’aventure principale étalée sur une quinzaine de chapitres jouit d’une durée de vie confortable, qui flirt avec la vingtaine d’heures, notamment grâce à une kyrielle d’activités ludiques inédites et quêtes secondaires. Ainsi entre deux missions, rien n’empêche notre héros de prendre du bon temps à la salle d’arcade pour jouer à Virtua Fighter 2(.1) et Virtual On, enquiller des coups et dragouiller des demoiselles de compagnie voire se lancer dans la gestion d’un bar à hôtesses. Un mini-jeu repris de Yakuza 0, dans lequel on recrute et dispatch de charmantes demoiselles à la table de soiffards en manque de conversation. Si Kazuma Kiryu se prête bien à l’exercice, il est loin d’être aussi flamboyant que ne l’était Majima Goro. Relégué à un rôle secondaire dans l’histoire originale de Yakuza 2, le divin borgne devient un personnage jouable dans ce Yakuza Kiwami 2 en devenant le héros d’un scénario inédit intitulé Majima Saga. Se déroulant deux mois après les événements du premier opus, ce prologue – dont les chapitres se débloquent au fur et à mesure du mode histoire – permettent d’incarner un Goro cabotin, au style de combat gracieux et virevoltant. A coup sûr, les fans seront aux anges de retrouver le trublion le plus excentrique du Tojo Clan au sommet de sa forme !

Si la mise à jour graphique de Kiwami avait donné un sérieux coup de polish au premier opus de Yakuza, en employant une version améliorée de celui employé par la PS3, le second volet met techniquement la barre encore plus haut en employant le rendu du plus récent Yakuza 6. Basé sur le Dragon Engine, un moteur graphique cousu main pour la PlayStation 4, le titre délaisse les irritants plans en caméra fixe de Yakuza 2 au profit d’une splendide exploration des quartiers mal famés de Tokyo et Osaka en 3D temps réel. Les décors comme les protagonistes de Yakuza Kiwami 2 profitent aussi de modélisations et textures détaillées. Les environnements regorgent d’éléments destructibles et « by night » les enseignes aux néons colorés en mettent plein la vue par des effets de lumière somptueux. Les mouvements de Kiryu, aussi hérités en droite ligne de Yakuza 6, font preuve d’un naturel et d’une fluidité – presque – sans failles. Hélas, il arrive que la gestion de la physique déraille un peu et l’animation accuse quelques coups de mou, même en 4K sur PS4 Pro visiblement, lors des séquences de castagne dans les environnements les plus fréquentés ou chargés en effets visuels. Graphiquement, Yakuza Kiwami 2 à l’instar du sixième volet de Yakuza tutoie la perfection, si nos yeux pleurent de bonheur, les oreilles ne sont pas en reste. Le titre offre toujours des thèmes prenants et des doublages en VO (japonais) soignés ! Enfin, les heures de cours d’anglais durement assimilées durant nos années de collège et lycée servent une nouvelle fois à lire les sous-titres écrits dans la langue de Daniel Craig. Toujours pas de VF ! C’est certes un chouia dommage sans être vraiment rédhibitoire !

Après avoir brillamment revisité Yakuza premier du nom, ce remake de Yakuza 2 se paie le luxe de mettre la barre encore plus haut en offrant une réalisation au top et un scénario inédit ! Si vous êtes un inconditionnel des aventures de Kazuma ou de Goro impossible de passer à côté de ce Yakuza Kiwami 2 tout simplement indispensable !

Good

  • Franchement splendide
  • De l’humour, de nouvelles activités
  • L’aventure Majima Saga

Bad

  • De rares ralentissements même sur PS4 Pro
  • Un scénario long mais qui pédale parfois dans la choucroute
  • Toujours pas de VF, pas si grave
8.5

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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