Halo Infinite – Le plaisir no limit

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Après avoir passé trois jeux de chez Microids sur le grill, on a  légitimement qu’une seule envie : bouffer du AAA bien baveux et explosif ! Ça tombe bien Microsoft vient juste de dégainer sa nouvelle arme de destruction massive qui promettait d’en mettre plein les yeux et de coller une bonne baffe. Des promesses toujours des promesses ?

Comment débuter ce test de Halo Infinite sans parler de Serious Sam 4 ? L’infortuné FPS de la Croteam n’a pas vraiment la baraka. Eclipsé à sa sortie par une avalanche de gros jeux de fin d’année (Cyberpunk 2077, COD CW…), mis de côté lors de l’arrivée des Xbox Séries et PlayStation 5, Serious Sam comptait sur son incursion surprise sur le GamePass pour relancer sa carrière : en vain ! Car cette fois c’est le dernier rejeton de la saga Halo qui vient jouer les trouble-fête ! On ne manquera pas de vous reparler des aventures de Sam le sérieux… un jour peut-être ? Pour l’heure, rappelons que la franchise Halo crée par Bungie, a été récupérée depuis quelques volets par 343 Industries. Ce studio a d’abord œuvré sur un RTS, Halo Waypoint sorti sur mobiles et PC avant de plancher sur la suite de la saga depuis Halo 4 et les remakes des premiers volets. Mine de rien, 343 bosse sur la saga depuis plus longtemps que Bungie, signe que le passage de relai a été réussi… même si à l’E3 2020 la « démo » ce Halo Infinite a fait une sacrée frayeur aux fidèles de la franchise. Souvenons-nous de Craig la Brute et du rendu graphique pas « foufou » de ce jeu qui était pourtant censé accompagner la sortie des Xbox Séries. Débarquant avec une année de retard, Halo Infinite semble avoir mis à profit cette longue attente pour faire rentrer la Xbox dans la Next Gen… enfin d’une certaine façon. En effet, les manœuvres aériennes de « Flight Sim » nous en ont déjà mis plein les yeux et convaincus que la NextGen a déjà commencé sur Xbox Séries à l’été dernier. Pourtant de par sa retrocompatibilité avec les Xbox One Halo Infinite est clairement un jeu de l’ancienne génération… ou presque on vous dit tout dans le chapitre technique. Mais avant de mettre les mains dans le cambouis, c’est quoi le pitch ?

Le titre invite évidemment à suivre les péripéties de l’inusable Spartan John 117. Six mois après s’être pris une méchante rouste et avoir dérivé dans le vide glacial intersidéral, sans doute suite aux événements de Halo Wars 2, notre bonhomme est ramené à la vie grâce aux efforts d’un pilote de Pelican. Et plutôt que de retourner vers la terre, le Chief (Major en VF) se retrouve embarqué sur un nouvel Halo. Et même que celui-ci répond au doux nom de Halo Zeta… comme la splendide actrice galloise qui a laissé rêveur plus d’un ado débordant d’hormones vers la fin des 90’s ? Oui ou plus simplement comme la sixième lettre de l’alphabet grec. Histoire de relancer la guerre face aux vilains aliens, le scénario du jeu place cette fois les Brutes épaisses des Parias dans le rôle de gros méchants. Ces ennemis massifs (un peu « semblables » aux Cabal de Destiny) autrefois relégué au second rang de l’Alliance Convenant ont pris la tête des opérations et ont terrassé les forces de l’UNSC. Le MasterChief déboule l’arme au poing et ça va faire mal ! Si la nouvelle aventure débute dans les coursives d’un croiseur ennemi, après une entrée en matière en apesanteur des plus trippantes, le titre ne tarde pas à nous envoyer dézinguer de la Brute et du Convenant de tout poil sur la terre ferme… enfin sur le humus « artificiel » d’un Halo.

La campagne solo débute tambour battant jusqu’à ce que l’on se retrouve à crapahuter sur le Halo. Comprenez que plutôt que d’offrir une campagne scénarisée, où l’on crapahute à travers des portions de level, Halo Infinite prend le risque de se dérouler dans un monde ouvert. Oubliez tout espoir d’aller vous saouler dans la taverne du coin avec une bande de marines de l’UNSC ou même de taper le carton contre des Élites Covenant. Ce bac à sable là propose plutôt de ratiboiser des escouades ennemies à l’occasion de missions principales ou annexes. Ces dernières consistent le plus souvent à libérer des marines retenus prisonniers ou reprendre une base de l’UNSC afin d’invoquer des véhicules. Les objectifs de quêtes principaux invitent à faire feu de tout bois dans un site de terraformation ou d’autres genres d’environnements clos comme des prisons. Si vous cherchez la variété durant la dizaine d’heures de la campagne solo passez votre chemin ! Les missions de Halo Infinite sont hélas assez répétitives. Quand il ne s’agit pas de trouver de quoi alimenter un mécanisme (pont, élévateur…) on se borne à essayer de survivre aux vagues d’ennemis qui déboulent ou aux escouades Covenant qui patrouillent dans les complexes. Sans grosse surprise, le bestiaire est constitué de petits Grognards, d’Elites agiles, de Rapaces sournois, de Brutes épaisses, de binômes de Chasseurs et aussi d’escadrilles de Drones. Rassurez-vous, si les Flood ne sont pas de la partie, il arrive que l’on doive affronter en guise de boss des ennemis assez spéciaux. Des Covenants dotés de capacités spéciales – invisibilité, armement destructeur… – et d’une jauge de vie naturellement boostée. Les gunfights de Halo Infinite sont heureusement hyper intenses et l’on doit toujours composer avec un armement aux munitions limitées. Ainsi il n’est pas rare de devoir abandonner son armement fétiche (fusil d’assaut) dans le cœur de l’action pour le troquer contre un flingue ou une sulfateuse Covenant déniché sur le champ de bataille. Une contrainte que l’on retrouve dans les autres Halo depuis l’opus fondateur. Histoire de nous filer un coup de main on peut évidemment employer en sus différentes sortes de grenades, exploser ou balancer des containers explosifs et recourir à d’autres aptitudes spéciales de l’armure de notre Spartan. En plus de pouvoir invoquer un champ de force ou une balise bien pratique pour détecter les ennemis furtifs, il peut aussi utiliser une esquive et surtout un grappin qui dynamise pas mal les affrontements. S’il sert à atteindre des positions surélevées, le grappin peut aussi – une fois amélioré – immobiliser l’ennemi qui reste tétanisé tandis qu’on se hisse jusqu’à lui à la vitesse de l’éclair pour lui filer un coup de crosse. Pratique ! Surtout que le grappin offre aussi de capturer des véhicules Covenant (Ghost, Chopper Brute…) dont la puissance de feu permet d’écourter drastiquement les gunfights en extérieur. Gare ! Un ennemi peut toujours vous déloger du véhicule en vous sautant dessus ou en balançant une grenade adhésive. Méfiance ! Du côté du feeling/prise en main, malgré l’arrivée du grappin, Halo se joue toujours comme un Halo. Ça peut paraître une évidence mais disons que l’on retrouve rapidement ses marques et l’on se sent comme dans une bonne vieille paire de pantoufles… un peu malodorante mais confortable. Lors du solo surtout, le viseur va accrocher l’espace d’une fraction de seconde un ennemi situé à proximité, on essaye de temporiser pendant que le bouclier se recharge et instinctivement on tente le mano à mano avec les Grognards pour économiser quelques balles. Un feeling assez proche de celui de Destiny mais dont les différents mondes ouverts avaient des événements publics épiques qui font défaut au Halo Zêta de Infinite. Si la campagne Bien ficelée est jouable en solitaire (et même en coop), ce Halo est destiné à être pratiqué en multijoueur à l’occasion de matchs en équipe opposants les Teams Rouge et Bleu. Des confrontations (capture de Drapeau, Domination …) naturellement pimentées par la présence de véhicules et de tourelles. De quoi accrocher les fans du MasterChef une centaine d’heures en plus ? Pas en l’état. Heureusement le jeu peut compter sur de fréquentes Mises à Jour de contenu pour captiver sur la durée.

Techniquement sur Series X, Halo Infinite inflige une petite claque. Les textures sont détaillées, le rendu graphique coloré, les effets de lumières superbes (surtout dans les structures Forerunners aux murs métalliques), la distance d’affichage est respectable et les ennemis profitent de modélisations assez léchées. Graphiquement ce jeu est un splendide spectacle pyrotechnique sur Xbox Series X comme sur… Xbox One X. Ainsi le jeu de 343 Industries m’a semblé aussi beau et jouable sur la Xbox One la plus évoluée. Notez d’ailleurs que sur la bonne vieille One X des familles (comme sur Series X), le jeu permet de privilégier la finesse du rendu ou la fluidité. Un luxe que ne se permet pas la Xbox One S (et la One de base aussi j’imagine) qui comme dans Forza Horizon 5 offre une expérience loin d’être un minimum fluide. Dommage pour les possesseurs de ces vieilles bécanes ! Un mot aussi sur les temps de chargements. Fulgurants sur la dernière machine de Redmond, merci au SSD, les loadings sont assez rapides sur One X et naturellement plus longuets sur One S. Vous l’avez compris pour être jouable, Halo Infinite doit être pratiqué sur une Xbox Series (S ou X) voire sur une Xbox One X. Pour les modèles de Xbox One les plus faiblards le salut vient peut-être du Cloudgaming et Xcloud en particulier. Par ce biais le jeu s’est avéré largement plus jouable et plus chatoyant que sur One S au prix d’une légère latence. Poursuivons le tour du proprio en précisant que Halo Infinite dispose d’une bande son-incroyablement épique ! Difficile de ne pas sentir un doux frisson parcourir son corps en entendant le thème de Halo (ou une reprise) résonner dans les hauts parleurs du téléviseur. Impossible aussi de ne pas être galvanisé par les percussions entraînantes qui accompagnent nos frags de Brutes ou de Covenants. D’ailleurs loin d’être de la chair à canon les ennemis (comme les alliés et principaux protagonistes) profitent de doublages de qualité. Et c’est toujours assez drôle d’entendre les Grognards jurer comme des charretiers sous les tirs du héros. Précisons enfin que le jeu est intégralement en Français aussi bien au niveau des voix (donc), que des textes et des menus.

Loin d’être la catastrophe tant redoutée, Halo Infinite est un très bon jeu d’action. Un FPS solide qui une fois la campagne solo – aux mécaniques répétitives – achevé continue de captiver grâce aux missions annexes de son monde ouvert et probablement davantage par ses modes multi.

Good

  • Une réalisation graphique somptueuse sur Series X, jouable sur One X.
  • Des musiques aux thèmes mythiques entraînants, VF intégrale
  • Une maniabilité intuitive, l’utilisation à outrance du grappin
  • Une campagne solo d’une dizaine d’heures, un monde ouvert et du multi

Bad

  • La répétitivité du solo
  • Pas du tout optimisé pour les Xbox One S
8.5

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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