Test – Assassin’s Creed Mirage – Bagdad Café

BLOC INFO
Date de sortie
5 octobre 2023
Editeur
Ubisoft
Développeur
Ubisoft Bordeaux
Genre
Action, Aventure
Machines
PS5, XSX/S, PS4/Pro, Xbox One/X, PC
PEGI
18

La franchise Assassin’s Creed célèbre ses quinze années d’existence ? Juste à temps Ubisoft Bordeaux dégaine un épisode inédit qui retourne littéralement aux sources de la saga. Juste une illusion ou véritable Oasis ?

En 2008, Ubisoft proposait aux possesseurs de Xbox 360 et PlayStation 3 une vraie expérience new gen avec le premier volet de Assassin’s Creed. Un opus fondateur qui posait les bases de la saga en se déroulant dans un monde vivant, grouillant de PNJ au temps des Croisades dans un Proche Orient plus vrai que nature. Depuis 2009 et la sortie du fabuleux Assassin’s Creed 2 chaque suite a apporté son lot de nouveautés, en invitant par exemple à batailler sur les mers, en troquant les zones pour des mondes ouverts et en offrant une aventure d’une centaine d’heures plutôt que de deux ou trois dizaines d’heures. Après trois ans d’attente et un Valhalla – gavé d’extensions – qui ne voulait pas crever, Assassin’s Creed Mirage fait un peu table rase du passé récent et cherche à s’imposer comme le prologue aux exploits d’Altaïr et Ezio : enfin !

Oubliez les vikings, le grand Nord, cette cuvée 2023, d’Assassin’s Creed invite à suite les exploits de Basim, déjà « rencontré » dans le précédent Valhalla. Il s’agit cette fois de redécouvrir le passé et les premiers faits d’armes de l’assassin du Levant à travers une campagne solo d’une vingtaine d’heures développée dans un jeu d’action/aventure à la troisième personne. Vingt heures, cela pourrait paraître bien peu, au regard de l’expérience offerte par les derniers volets. En réalité Valhalla comme Odyssey étaient flanqués de durées de vies exagérément longues et de maps immensément vastes, et ils étaient surtout mal rythmés. Un problème qui ne touche pas cet épisode « hors-série ». Mirage offre un terrain de jeu à la superficie réduite, qui le rapproche davantage d’un Brotherhood, à l’histoire mieux menée. Sans trop en dévoiler de l’intrigue, elle se déroule de Bagdad à Anbar en passant par les environs désertiques d’Alamut, on découvre la jeunesse du gamin des rues, son ascension chez les Assassins et sa traque pour retrouver la demi-douzaine des mystérieux membres d’un énième Ordre (avant les Templiers). Ceci en guise de trame principale, le jeu n’oublie pas de faire durer le plaisir en proposant également des missions annexes et la possibilité de pouvoir s’équiper d’armes et d’une armure Isus en collectant des fragments disséminés à travers la map. Ouvrez l’œil !

Pour assister Basim dans ses pérégrinations, il peut compter sur la vue « persante » d’Enkidou son rapace pour percer les mystères des environs. Notre aigle de compagnie peut ainsi identifier les issues dans les bâtiments, les trésors et les ennemis situés dans les environs. Gare une flèche décochée par un archer vigilant peut mettre prématurément fin au repérage ! Et puis pas question de poser pied à terre pour s’aventurer à travers les vastes étendues désertiques. Mieux vaut chevaucher à bride abattue et en profiter pour admirer les splendides panoramas offerts par Assassin’s Creed Mirage. Il ne faut d’ailleurs pas se priver de piquer une tête dans les eaux cristallines d’une oasis ou même dans les eaux du Tigres. Contrairement au Nil d’Origins pas de risque de mauvaise rencontre avec un caïman mal luné. À part quelques serpents venimeux ou félins affamés, les environnements sauvages sont calmes ! Rassurez-vous, l’aventure n’en reste pas moins mouvementée. Le plus souvent il s’agit de crapahuter à travers les dédales surpeuplés de la capitale pour filer des quidams, en évitant de commettre trop de larcins/crimes sous peine de se retrouver pourchassé par la garde du vizir. Comme dans les premiers épisodes, quand l’indice de recherche est trop élevé on temporise en prenant la fuite vers les toits et en arrachant des affiches. Pas évident de la jouer bourrin et de foncer dans le tas ! Le titre invite plutôt à opter pour la carte de l’infiltration en passant incognito près des ennemis ou en se dissimulant parmi les buissons afin d’assassiner les patrouilles de gardes. Comme toujours on peut recourir à quelques gadgets pour éliminer les opposants (fléchettes soporifiques, couteaux…) à distance. En théorie, car le bestiaire n’est pas constitué que de lanciers ou de spadassins, on doit aussi affronter d’imposants ennemis armés de masses, de fulgurants hommes de main et même des soldats armés de lance-flammes… ou de feu grégeois. Préparez-vous à refroidir leurs ardeurs ! Histoire de nous mettre la pression, on aurait bien aimé affronter de temps à autres des mercenaires et avoir un vrai combat épique en guise de conclusion … bien qu’elle s’achève par un « twist » des plus sympathiques. Chut !

Si Basim encaisse évidement assez mal les contacts répétés avec les armes des ennemis, il n’en reste pas moins un combattant hors pair. Tout est une question de timing. Un adversaire émettant une aura rouge se prépare à décocher une attaque imparable qui doit être esquivée.  En revanche s’il s’entoure d’une aura jaune l’attaque peut être contrée et suivi d’une contre-attaque au sabre ou exécution au poignard. Voilà qui simplifie grandement les combats… en théorie seulement ! En pratique il faut composer avec un autre adversaire, plus sournois : la caméra. Ainsi lorsque l’on cible/focalise son attention sur un ennemi plus costaud, rien n’empêche un autre adversaire de nous embrocher en déclenchant son attaque un peu hors champ. Frustrant surtout quand parfois le jeu impose au joueur de recommencer toute une séquence d’infiltration, suivie d’un combat contre un boss que l’on avait pourtant remporté : ce n’est pas juste ! S’il nous est arrivé de râler face à la difficulté impitoyable de Mirage, comme si ça ne suffisait pas, la technique s’en est parfois aussi mêlée, en stoppant net la Series X ou en nous renvoyant droit vers l’interface. Erreur technique ou de jeunesse réglée depuis par un patch ? L’expérience n’a pas manqué d’être éprouvante pour nos nerfs !

Testé sur Xbox Series X, notez que Assassin’s Creed Mirage est aussi compatible avec la précédente génération de machines. Comme ça pas de jaloux : sur Xbox en tout cas ! En dehors d’un framerate plus bas, de temps de chargements légèrement plus longs et d’éléments du décor moins colorés, le jeu s’est avéré être « parfaitement » jouable sur Xbox One S. Une bonne raison de ne pas remiser au rebut ces bécanes d’ancienne génération. Évidemment l’aventure a nettement plus de saveur sur Xbox Series X, le jeu permet d’ailleurs d’opter pour un rendu graphique plus qualitatif à 30 images par secondes ou favoriser les performances/la fluidité. Je ne peux que vous conseiller ce second mode de rendu, tant cela permet au jeu de gagner en nervosité, même si davantage d’éléments du décor semble apparaître au dernier moment ! Quant aux animations de notre monte-en-l’air, elles bénéficient d’un surplus de fluidité appréciable. Graphiquement le jeu ne se prive pas d’en mettre plein les yeux par ses environnements dignes des Contes et Mille et Une Nuits, ses effets climatiques, sa végétation qui se balance au gré du vent et évidemment un cycle jour/nuit réussi. Le rendu graphique est chatoyant, les modélisations des persos sont soignées tout comme les environnements intérieurs ou extérieurs… enfin généralement. Ainsi il est arrivé, notamment dans les zones les plus excentrées du sud, que Mirage affiche sans vergogne des serpents placés en rangs d’oignons. Pas très crédible tout ça ! Offrant un excellent casting vocal en VO avec Lee Majdoub (Sonic) et Shoreh Aghdashloo (The Expanse), Assassin Creed Mirage profite évidemment d’une VF intégrale (textes, menus et voix) d’aussi bonne facture ponctuée de répliques en arabe : immersion totale garantie ! Pour ambiancer ce voyage en terre des Mille et Une Nuits, le titre est évidemment servi par une splendide bande-son aux sonorités orientales et réalisée par Jesp… Brendan Angelides (pardon) qui n’a pas hésité à sortir les violons et percussions parfois mixés à du synthé afin de livrer une BO envoûtante !

Test – Assassin’s Creed Mirage – Bagdad Café
CONCLUSION
 Retour aux sources réussi pour ce Mirage ! S’il n’affiche pas des ambitions démesurées on se réjouit de retrouver une expérience plus proche de celle des premiers volets… sans les défauts les plus rédhibitoires. Joli, vendu à prix raisonnable et dispo sur la plupart des plateformes, un cadeau d’Ubi aux fans de la première heure. Si vous comptiez passez une centaine d’heures dessus : c’est râpé !
Les plus
Un titre sorti sur la plupart des machines de nouvelles et anciennes générations
Un rendu graphique splendide … même sur les vieilles machines
Un Assassin’s Creed pur, à l’ancienne
Un rapport durée de vie/prix correct
Les moins
Une caméra toujours aux fraises pendant les combats
Des environnements sauvages qui manquent de faune
Un manque de stabilité du jeu
8