Oddworld New ’n’ Tasty – Reconditionné à neuf

Switch Tests

Au printemps dernier, nous avions testé le sympathique portage de Munch Oddysee sur Switch. La saga Oddworld revient à ses fondamentaux en livrant un remake du tout premier volet. Ça ne nous rajeuni pas tout ça ma brave dame !

Avec toutes ces sorties en fin d’année, permettez qu’on aille à l’essentiel : j’ai un Yakuza sur le Teppanyaki ! Même si la saga Oddworld est au point mort depuis une quinzaine d’années, on ne peut qu’être surpris de voir la franchise qui continue à traîner la carcasse de son héros rachitique de consoles en smartphones et en tablettes. La perspective de voir l’opus fondateur de la série redébouler avec ses gros pixels (comme sur PlayStation Classic Mini) ne faisait pas envie… et pourtant. N’allez pas imaginer que les développeurs de chez Oddworld ont planché sur un opus exclusif à la Switch. Non cela aurait été trop beau ! En fouillant dans les méandres de votre mémoire – cherchez bien – vous devez sans doute vous souvenir qu’en 2014 déjà on avait vu notre bon vieux Abe revenir tout lifté et en pleine forme. Il avait fait son comeback par le biais d’un remake intitulé New’n’Tasty. Inutile de chercher plus loin, il s’agit d’une adaptation de ce remake notamment sorti en son temps sur PS4, Xbox One et… WiiU. La Switch n’a vraiment aucune pitié pour son infortuné aînée puisqu’elle continue à piller les pépites de sa ludothèque !

Comme sur PlayStation (la première) en son temps le principe de ce mix improbable de jeu de plateforme/réflexion/infiltration en “2D” – digne d’un bon vieux Flashback – consiste toujours à crapahuter à travers des successions de tableaux et à libérer des Mudokons. Des êtres pacifistes et exploités, dont la destinée est de terminer en chair pâté pour le plus grand plaisir des papilles de leurs industriels de maîtres ! A l’instar de ses congénères Abe est tout aussi non violent, pas étonnant vu son gabarit triple XS ! Il faut faire frétiller ses cellules grises pour venir à bout des successions de tableaux qui exigent de déployer des trésors de patience, de discrétion, d’observation et de dextérité. Ainsi pour se défaire des excités de la gâchette qui patrouillent dans les tableaux ou passer les pièges vicelards disposés en travers de notre route, il faut ruser. Rien n’empêche de retourner les mines explosives contre leurs propriétaires (en les réactivant ou en jetant une pierre dessus) ou de prendre possession des esprits des ennemis pour les contraindre à se jeter dans le vide ou sur les lames d’une broyeuse. Le titre invite aussi à jouer la carte de l’infiltration, en évoluant sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller les ennemis assoupis ou pour suivre discrètement un garde lors de sa patrouille. Et il permet aussi de se dissimuler dans d’épais nuages de fumée ou d’échapper à la vigilance des ennemis qui surveillent les environs depuis l’arrière-plan en se cachant dans le décor. Avec ces mécanismes aux timings serrés, le jeu laisse parfois trop peu de liberté au joueur et impose de se résigner à crever très souvent pour trouver le bon rythme et les actions à réaliser pour sauver un maximum de Mudokons. Une mission pas vraiment impossible mais qui est légèrement compliquée par une jouabilité au stick analogique rigide et moins réactive que la bonne vieille croix directionnelle d’un pad. Notez d’ailleurs que le titre ne permet pas de remapper les touches à sa guise. Passez votre chemin si le stick gauche de votre Joycon “drift” sérieusement : vous vous épargnerez ainsi quelques crises de nerfs.

Visuellement, ce jeu qui carbure au moteur graphique Unity est loin d’être vilain. Osons même dire qu’il est à des années lumières de l’original sorti sur la 32 Bits de Sony, tant le rendu est net et détaillé même sur le petit écran 720P de la portable de salon de Nintendo. De même, il est vraiment bien plus beau et coloré que le remake de Munch Oddysee paru au printemps dernier sur Switch. Difficile toutefois de comparer un jeu d’aventure en 3D où l’on peut crapahuter “librement” à travers les niveaux avec ce New’n’Tasty dont le rendu est en 2,5D et qui impose de rester sur un chemin tout tracé. Il n’y a pas photo, ce nouveau venu est plus aguicheur et il fait oublier sa perspective fixe en osant de temps à autres quelques effets/angles de caméra “dignes” d’un vieux Pandemonium. Dans l’ensemble la réalisation graphique est réussie et notre héros est assez bien animé mais il souffre hélas d’un manque cruel de souplesse le bougre ! Intégralement en Français dans ses textes et menus, les voix sont restées en revanche dans l’anglais un brin Yaourt d’Abe. On ne s’en plaindra pas.

Pas toujours évident, parfois frustrant et rageant, Oddworld New’n’Tasty n’a certes plus l’attrait de la nouveauté après avoir roulé sa bosse sur une kyrielle de plateformes depuis 2014. Toutefois il conserve un charme certain. La faute à son anti-héros au regard de Merlan frit ravageur !

Good

  • Graphiquement c’est joli
  • Un titre toujours aussi original qui varie les genres et les plaisirs
  • Un héros attachant mais...

Bad

  • Un gameplay à la rigidité cadavérique
  • Des timings très serrés... gare aux crises de nerfs
  • Un peu cher ce remake de six ans d’âge
7

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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